Sénateurs du groupe CRC-SPG
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent qu’ils "veulent contribuer à la construction d’une alternative crédible et durable, permettant de nouveaux progrès humains".

Pour cela, "ils soutiennent et accompagnent les mouvements sociaux dont l’expression est essentielle pour résister à la politique libérale en œuvre.

Considérant que rien ne se fera sans l’intervention du peuple lui-même, ils associent les organisations syndicales, associations et les citoyens à leur travail législatif.

Opposants déterminés à la présidentialisation du pouvoir, ils sont convaincus que la clé du changement est dans la participation du peuple dans le débat public, dans la vie économique, sociale et dans la vie politique.

C’est pourquoi ils pensent que la démocratie doit être refondée et se prononcent pour une nouvelle République."

Avec le vote de la loi, le contrôle de l’action du gouvernement est constitutionnellement l’autre grande prérogative du Sénat. Celle-ci s’exerce notamment au travers des questions d’actualités (deux jeudis par mois), des questions orales, avec ou sans débat, et des questions écrites.

EMPLOI, SALAIRES ET RETRAITES

Des entreprises transformées en machines à broyer les êtres humains

Suicides chez France Télécom

Par Guy Fischer / 17 septembre 2009

Ma question s’adresse à Madame la Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi.

Madame la Ministre, 23 personnes ont mis fin à leurs jours à France Télécom. Ces décès s’inscrivent dans une plus vaste vague de suicides notamment chez Renault, PSA, IBM…dont le lien avec le mal-être au travail causé par la course au profit et à la financiarisation de l’économie a été bien souvent occulté.

Cet insupportable gâchis humain doit cesser. Il faut briser le mur du silence. Seule une souffrance extrême au travail peut pousser des hommes et des femmes à commettre ainsi l’irréparable. Il n’est pas acceptable de s’en tenir à la thèse bien commode des « drames personnels ». M. Lombard, PDG de France Télécom, a dépassé les bornes en évoquant une « mode du suicide ». Ce n’est pas une erreur de langage, mais bien l’inhumanité du capitalisme qui transparaît dans de tels propos.

Face à ce désastre économique et social, les propositions du gouvernement ne nous satisfont pas. Ce ne sont pas les numéros verts, les cellules d’écoute et autres observatoires du stress qui feront disparaître la violence au travail. Au contraire, ces dispositifs sont des écrans de fumée qui tentent de masquer la réalité : celle des entreprises transformées en machines à broyer les êtres humains. Cette violence au travail est démultipliée par le choix de la privatisation de la logique financière qui prime sur celle de l’intérêt général.

Cette violence, c’est la loi des actionnaires qui écrase les salariés, qui méprise les usagers. Ce qui compte pour M. Lombard, c’est l’augmentation de l’action France Télécom, et certainement pas la santé de ses employés.

Il est plus que temps d’en finir avec cette logique de recherche du profit maximum, son cortège de restructurations, de plans sociaux. Il faut dire stop à ces dirigeants qui s’enrichissent de manière indécente, en érigeant le harcèlement moral en règle de management et réduisent les syndicalistes au silence.

Pour mettre un terme à cette spirale infernale, une intervention ferme de l’État, premier actionnaire de France Télécom, s’impose de toute urgence. Il faut, bien sûr, renforcer la réponse sociale, mais il faut, avant tout, Madame la Ministre, stopper la restructuration libérale, stopper la folie financière qui brise les hommes. Et cela, c’est votre responsabilité.

Un an après le début de la crise financière, il n’est que temps de rappeler que l’économie doit servir le développement humain. Il faut ramener de grandes entreprises comme France Télécom, mais aussi GDF-SUEZ, au service de la Nation, de l’épanouissement de leurs salariés. Vous comprendrez que nous refuserons que la Poste et ses agents suivent cette voie désastreuse que vous tentez de leur imposer à leur tour.


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Guy FISCHER
Sénateur du Rhône

Vice-président du Sénat

Membre de la commission des affaires sociales

Elu le 24 septembre 1995

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