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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

Des mesures urgentes pour France Télévisions

Par le groupe CRC / 1er avril 2010

La suppression de la publicité à partir de 20 h a fragilisé France Télévisions en la privant de moyens indispensables à son bon fonctionnement et à son développement. A l’initiative de Jack Ralite, le groupe CRC-SPG propose une série de mesures concrètes permettant au groupe public de retrouver un budget garantissant son indépendance.

Télévision publique cherche désespérément financement. Depuis que les chaînes de France Télévisions ne peuvent plus diffuser de la publicité à partir de 20 h, interdiction qui a pris effet le premier janvier 2009, les comptes du groupe public sont entrés dans une zone de fortes turbulences. Raison principale : la promesse non tenue du gouvernement qui s’était engagé à l’époque à compenser « à l’euro près » le manque à gagner découlant de cette suppression.

En principe, une taxe sur les fournisseurs d’accès à internet et les opérateurs de télécommunication, une autre sur la publicité des chaînes privées et une dotation annuelle de l’état devaient rendre l’opération indolore pour le budget de France Télévisions. Dans les faits et quinze mois plus tard, le groupe y est largement de sa poche. Les 450 millions d’aide promis par l’Etat ont été amputés de 35 millions ; la taxe sur la publicité des chaînes concurrentes fait l’objet d’un intense lobbying de TF1 et de M6 ; celle sur les FAI est contestée par la Commission européenne...

Pour ne rien arranger, la suppression de la publicité devrait être complète à partir de 2001, entraînant une nouvelle perte de 400 millions d’euros pour le service public. « Si rien n’est fait, France Télévisions connaîtra donc un trou noir de près d’un milliard d’euros, souligne Jack Ralite. Aussi est-il véritablement question de la survie de France Télévisions et de ses capacités de développement. » « Cela est d’autant plus problématique que la télévision connaît de profondes mutations, poursuit le sénateur de Seine-Saint-Denis. Du développement de ses missions d’information, de divertissement et d’acculturation, d’investissement dans la production et la création et de l’adaptation aux évolutions technologiques dépend la sauvegarde de la télévision publique française qui, face à la concurrence accrue des chaînes privées, doit pouvoir relever les défis de la télévision de demain.

La modernisation du secteur public de la télévision suppose que France Télévisions dispose des moyens à la hauteur de ces objectifs. Les investissements importants que représentent ces défis exigent pour le moins une visibilité financière dont le groupe France Télévisions ne peut actuellement se prévaloir. Dans un secteur concurrentiel dominé par des groupes puissants, la télévision publique doit pouvoir offrir au citoyen qui s’acquitte de la redevance un niveau de prestations techniques et d’offres de programmes équivalent, voire supérieur, à celui offert par les télévisions privées lui permettant de s’acquitter de ses missions de diversité et de pluralisme. »

Pour cela, les élus du groupe CRC-SPG proposent six mesures concrètes, rassemblées au sein d’une proposition de loi déposée à l’initiative de Jack Ralite et qui sera débattue en séance publique le 20 mai : le maintien de la publicité en journée sur les chaînes publiques ; la possibilité d’un moratoire sur la suppression de la publicité en soirée sur les chaînes publiques au regard de la situation financière de France Télévisions ; la suspension immédiate de la privatisation de la régie publicitaire ; l’indépendance de France Télévisions, de son conseil d’administration et de sa liberté de la programmation ; l’élargissement de l’assiette de la contribution à l’audiovisuel public aux résidences secondaires ; l’augmentation du taux de taxation des revenus publicitaires des chaînes de télévision.

« Seul un financement mixte de l’audiovisuel public -panachage de la redevance, de ressources publiques, de la publicité et de recettes commerciales propres- tel qu’il existe chez la plupart de nos voisins européens, peut répondre à cet enjeu, expliquent les sénateurs du groupe CRC-SPG dans l’exposé des motifs de leur proposition de loi. Dans ce contexte, la ressource publicitaire permet paradoxalement l’indépendance de France Télévisions, car elle constitue une ressource commerciale propre qui, bien que variable, car liée à la croissance économique, n’est pas tributaire des arbitrages politiques effectués par chaque loi de finances. »


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Thierry FOUCAUD Sénateur de Seine-Maritime
Bouclier

Le 20 mai sera débattu une proposition de loi des sénateurs du groupe CRC-SPG visant à abroger le bouclier fiscal. La sanction des élections régionales contre la politique de Nicolas Sarkozy a remis en évidence cette mesure symbolique du choix de l’assistance aux plus riches et de l’abandon de l’immense majorité qui souffre des effets de la crise. Le bouclier fiscal, c’est 586 millions d’euros distribués en 2009 à 16 500 personnes et pire, 150 récupèrent 150 millions d’euros.

Cette mesure est une véritable provocation, d’autant plus qu’un rapport de l’Insee vient de démontrer le renforcement d’une inégalité de revenus, les plus hauts revenus explosant, et le nombre de pauvres, 8 millions sous le seuil de pauvreté en France, croissant continuellement.

Le débat sur le bouclier est un débat symbolique d’une grande importance. Bien entendu, c’est l’arbre qui cache la forêt des niches et injustices fiscales et une vaste réforme de la fiscalité est à faire. Mais, au travers de sa mise en cause, c’est l’émergence d’une volonté de redistribution des richesses qui progresse. C’est l’argent roi comme valeur suprême qui est enfin dénoncé. C’est toute la politique de Nicolas Sarkozy, le mensonge du « travailler plus pour gagner plus », alors que tout ou presque est décidé pour les financiers et la bande du Fouquet’s qui est mis à nu. L’an dernier, j’avais déjà soumis au Sénat, avec mon groupe, cette demande d’abrogation.

La majorité, alors droite dans ses bottes, avait rejeté sans sourciller. Mais les temps changent. Le désaveu populaire est passé par là et il apparaît enfin possible de faire plier un Président sur un des points cardinaux de sa politique.

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