Sénateurs du groupe CRC-SPG
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

Diversion

Par Eliane Assassi / 1er juin 2009

A l’occasion de la campagne pour l’élection européenne, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à relancer l’un de ses thèmes favoris -en l’occurrence celui de l’insécurité- afin de rallier les voix de l’extrême droite. Coutumier du fait, le Président de la République veut occuper le terrain sécuritaire que ce soit avec son plan « anti-bandes » repris par M. Estrosi sous la forme d’une proposition de loi pour un examen au parlement dès cet été, ou encore avec son énième plan « sécurité », véritable catalogue de mesures plus sécuritaires qu’efficaces en terme de lutte contre l’insécurité, détaillé au lendemain de la présentation en conseil des ministres du projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI 2) de Mme Alliot-Marie. Le thème de l’insécurité va donc occuper le devant de la scène parlementaire non seulement cet été mais également à l’automne. Toutes ces annonces législatives, qui ne relèvent en réalité que de l’affichage politique dans le cadre d’un plan de communication désormais bien rôdé, traduisent implicitement l’échec de la politique menée depuis 2002 par la droite en matière de sécurité. Car il ne faut pas oublier que Nicolas Sarkozy a été ministre de l’Intérieur pendant plusieurs années (2002-2004 et 2005-2007) et que dans la période 2002-2009, 14 lois relatives à la sécurité ont été adoptées par les parlementaires de droite, soit une tous les 6 mois ! Pour quel résultat aujourd’hui en termes de prévention de la délinquance et de lutte pour la sécurité de la population ? Aucun. Mais là n’est vraiment pas le but recherché par Nicolas Sarkozy davantage préoccupé à imposer sa politique ultralibérale et le cortège de régressions sociales et antidémocratiques qui va de pair. Pour mener à bien un tel projet de société tout en évitant toute forme de contestation sociale, il sait qu’il doit en parallèle renforcer encore sa politique sécuritaire. Ce qu’il fait en annonçant des lois qui visent plus particulièrement les jeunes et criminalisent l’action syndicale.

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François AUTAIN Ancien sénateur de Loire-Atlantique
Marchandisation
La loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires », adoptée par le Sénat au terme d’un marathon de 60 heures d’examen en com- mission et 100 heures en séance publique, témoi- gne d’une vision marchande de la santé avec laquelle nous sommes en complet désaccord. Elle consacre le démantèlement de l’hôpital public pour mieux le concéder bientôt au secteur privé commercial. Le service public hospitalier est sup- primé. L’hôpital public devient un établissement de santé où les patients non rentables n’ont plus leur place ; il est appelé à se conformer à la logique entrepreneuriale autour d’un directoire et d’un conseil de surveillance. Des structures de soins vont disparaître, non pas parce qu’elles ne répon- dent pas à des besoins, mais tout simplement parce qu’elles n’auront pas les moyens de répondre à leur mission. La création des agences régionales de santé (ARS) va bouleverser l’architecture de notre système de santé sans remédier à sa com- plexité. Elle risque de faire naître un monstre administratif ingérable. En confiant à ces agences la gestion du risque, le gouvernement entérine le processus de démantèlement de notre système d’assurance maladie déjà largement entamé depuis 2004 avec la création de l’UNCAM : les partenaires sociaux, déjà fortement marginalisés, sont pratiquement mis hors jeu. Le pacte de 1945 a vécu. L’Etat, grâce à ses directeurs généraux d’ARS, omnipotents, nommés en conseil des ministres, s’arroge le droit d’exercer un contrôle sur les dépenses de santé exclusivement comptable et déconnecté des besoins. Enfin, comme on le sait, l’égal accès de tous à des soins de qualité n’est plus garanti dans notre pays. Les contributions forfai- taires diverses, les franchises, l’inégale répartition des médecins sur le territoire et la pratique géné- ralisée des dépassements d’honoraires sont non seulement des facteurs d’inégalité, mais de renon- cement aux soins. Face à une situation qui se dégrade à tout allure et qui appellerait des solu- tions urgentes, ce texte ne propose rien. En d’aut- res termes, le gouvernement a sacrifié l’intérêt des patients, grands oubliés de ce projet de loi, à la sacro-sainte liberté des médecins.
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