Sénateurs du groupe CRC-SPG
Loupe
Recherche avancée
  • Mediatheque
Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

EDUCATION ET RECHERCHE

Il y a urgence à revoir en profondeur la politique universitaire du pays

Suivi de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités

Par Ivan Renar / 14 juin 2011

Quatre ans après le vote de la loi LRU, le bilan apparaît plus que contrasté, comme en témoigne le dernier rapport du comité de suivi.

Bien qu’ayant très peu pris en compte les réflexions des premiers acteurs de l’université, à savoir les enseignants-chercheurs, les` personnels et les étudiants, il confirme les analyses de ces derniers quant à l’incidence de la loi sur le paysage universitaire national, marquée en particulier par l’émergence de quelques pôles richement dotés parmi nombre d’établissements confrontés à une insuffisance de moyens financiers et humains.

Sans établir explicitement un tel constat, le comité de suivi s’interroge sur l’avenir des universités qui ne bénéficieront pas des crédits provenant des investissements d’avenir et dont le passage aux responsabilités et compétences élargies réduira les marges de manœuvre.

Je note que, lors de l’audition du président du comité de suivi, la plupart des sénateurs présents, toutes sensibilités politiques confondues, ont fait part de leurs préoccupations concernant la pérennité des petites universités. Sauf changement majeur, celles-ci seront de plus en plus fragilisées.

Si la mise en exergue de l’excellence scientifique est, certes, recevable, on ne peut faire l’impasse sur la question du maillage territorial de l’enseignement supérieur.

M. Daniel Raoul. Très bien !

M. Ivan Renar. Quelles que soient ses origines sociales, chaque jeune doit pouvoir accéder à l’université, et donc prétendre à l’excellence scientifique.

Assurer l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur suppose également de remédier à la précarisation croissante des personnels des universités. Faute de crédits suffisants, les moyens humains et l’emploi sont devenus la principale variable d’ajustement des budgets. La dégradation des conditions de travail n’est évidemment pas sans incidence sur la qualité de la recherche et des enseignements. Sur le terrain, les étudiants constatent l’augmentation des effectifs en séances de travaux dirigés ou le remplacement de ces cours en groupe restreint par des cours magistraux en amphithéâtre.

Les conditions de vie de la majorité des étudiants restent, par ailleurs, un problème crucial.

Madame la ministre, il y a urgence à revoir en profondeur la politique universitaire du pays, en concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche. Dans l’immédiat, comptez-vous prendre les dispositions nécessaires afin que que l’ensemble des universités puissent disposer des moyens humains nécessaires pour mener à bien leurs missions ?

M. le président. La parole est à Mme la ministre.

Mme Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur Renar, vous avez eu l’honnêteté de dire que le comité de suivi n’établissait pas explicitement le constat d’une inégalité entre les universités autonomes, constat qui n’est d’ailleurs pas conforme à la réalité.

En 2007, il n’y avait pas une université une et indivisible, qui aurait partout bénéficié des moyens nécessaires à son développement ; nous avons au contraire trouvé une université largement sous-dotée, avec des filières délaissées, cette situation étant due au fait qu’elle était jugée irréformable.

Depuis, la mise en œuvre de la loi LRU, instaurant l’autonomie des universités, s’est accompagnée de moyens sans précédent. Ainsi, s’agissant de votre région, monsieur Renar, en quatre ans, les moyens de fonctionnement des universités de Lille II, de Lille III, de Lille I, d’Artois et de Valenciennes ont augmenté respectivement de 56 %, de 23 %, de 18 %, de 23 % et de 19 %. En moyenne, les budgets de fonctionnement des universités ont connu une augmentation de 22 %, et ce sans qu’elles soient à aucun moment soumises à la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, puisque tous les emplois universitaires ont été sanctuarisés. On sait d’ailleurs que, grâce aux nouveaux moyens liés à l’autonomie des universités, ce sont plus de 1 500 postes qui ont été pourvus, alors que la masse salariale correspondante avait jusque-là une autre destination.

Le bilan de la loi LRU, monsieur le sénateur, c’est donc moins de précarité, plus de moyens et un taux plus élevé de réussite pour les étudiants, comme le montre le rapport de M. Christian Demuynck, qui vient de m’être remis.

M. le président. La parole est à M. Ivan Renar, pour la réplique.

M. Ivan Renar. Madame la ministre, je vous trouve bien optimiste, y compris s’agissant des universités du Nord-Pas-de-Calais !

Dans l’ensemble, l’université française ne se porte pas bien. Il faudrait écouter davantage les enseignants-chercheurs, les personnels des établissements, les étudiants.

La mise en œuvre de la loi LRU et le passage aux responsabilités et compétences élargies ont obligé les universités à opérer d’importants choix en matière de ressources humaines. Le transfert de la gestion de la masse salariale aux établissements, conjugué à la mise en œuvre d’une politique d’attribution sélective – et opaque – des financements, a entraîné la précarisation d’une frange croissante des personnels, notamment techniques et administratifs, mais également enseignants.

Une enquête nationale, menée conjointement par la quasi-totalité des organisations syndicales et associatives de ce secteur, évalue à 50 000 le nombre de travailleurs précaires exerçant au sein des organismes de recherche et des universités du pays, soit un quart de l’ensemble du personnel.

C’est une réalité, et là réside la faiblesse majeure des dispositifs que vous avez mis en place, madame la ministre. Il faudra bien, un jour, réformer la réforme…


EMPLOI, SALAIRES ET RETRAITES : La juste colère des victimes de l’amiante

Video

Indemnisation des victimes de maladies et d’accidents professionnels

Par Annie David, Dominique Watrin / 14 février 2012

LOGEMENT ET TRANSPORT : Au lieu de passer de la route au rail, on passe du rail à la route !

Video

Efficacité énergétique

Par Mireille Schurch / 31 janvier 2012

EMPLOI, SALAIRES ET RETRAITES : ArcelorMittal délocalise alors que le groupe dégage des milliards de bénéfices

Video

Désindustrialisation

Par Evelyne Didier, Eric Bocquet / 15 novembre 2011

SANTE ET PROTECTION SOCIALE : La solidarité plutôt que la logique marchande

Video

Perspectives du secteur des services à la personne

Par Isabelle Pasquet / 7 juin 2011

CULTURE ET MEDIAS : Une effarante gabegie humaine et budgétaire

Video

Politique audiovisuelle extérieure

Par Ivan Renar / 31 mai 2011

INTERNATIONAL : La Tunisie doit faire face à une situation socio-économique catastrophique

Video

Situation politique dans le monde arabe

Par Robert Hue / 3 mai 2011

INTERNATIONAL : La guerre la plus longue de notre histoire, et pour quel résultat ?

Video

Situation en Afghanistan

Par Michelle Demessine / 3 mars 2011

EDUCATION ET RECHERCHE : Cette politique éducative n’est pas la bonne

Video

Aggravation des inégalités sociales dans le système scolaire

Par Brigitte Gonthier-Maurin / 8 février 2011

JUSTICE ET POLICE : Des armes non létales qui peuvent parfois tuer

Video

Utilisation du « Flashball » et du « Taser »

Par Nicole Borvo Cohen-Seat / 25 janvier 2011

FINANCES, IMPOTS ET BUDGET : Le secteur financier doit être placé sous la maîtrise publique

Video

Crise financière européenne

Par Bernard Vera / 22 juin 2010

JUSTICE ET POLICE : Nous manquons de juges, de greffiers et de tribunaux

Video

Réforme de la justice

Par Nicole Borvo Cohen-Seat / 8 juin 2010

EMPLOI, SALAIRES ET RETRAITES : Laisserez-vous détruire un à un tous les emplois industriels de nos départements ?

Video

Politique industrielle

Par Brigitte Gonthier-Maurin, Isabelle Pasquet / 11 mai 2010

Version imprimable de cet article
envoyer l'article par mail
Decor
Ivan RENAR
Ancien sénateur du Nord

Vice-Président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication

Devenu sénateur le 2 avril 1985 en remplacement de M. Gérard EHLERS, démissionnaire

Decor
Intranet
Haut de page