Sénateurs du groupe CRC-SPG
Loupe
Recherche avancée
  • Mediatheque
Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

VILLE

Le Grand Paris des bétonneurs

Par le groupe CRC / 1er juin 2010

Le texte du gouvernement a été adopté définitivement à l’issue d’un dernier vote de la majorité sénatoriale. Pour les élus du groupe CRC-SPG, il ne répond toujours pas aux besoins des habitants de l’Ile-de-France et soumet les collectivités au bon vouloir libéral de l’Etat en matière d’aménagement.
F in de parcours législatif pour le Grand Paris : le vote de la majorité sénatoriale, approuvant le 27 mai les conclusions de la commission mixte paritaire, a signé l’adoption définitive du projet du gouvernement défendu par Christian Blanc. Le projet prévoit principalement la construction d’un « Grand huit », une double boucle de métro automatique autour de la Capitale, reliant neuf pôles économiques de la région. Il est estimé à 21, 4 milliards d’euros et devrait être financé en grande partie par la valorisation des terrains entourant les futures gares du projet. Du moins, c’est ce qu’espère le gouvernement. Le tout chapeauté par la Société du Grand Paris, organisme de pilotage où l’Etat régnera en maître. Comme lors de l’examen du texte, les sénateurs du groupe CRC-SPG ont vivement dénoncé un projet « qui ne répond pas aux attentes des Franciliens » et qui « cède la place de l’intervention publique aux bétonneurs et aux spéculateurs ». Le gouvernement a fait adopter au pas de charge par les parlementaires, a déploré Eliane Assassi, sénatrice de Seine-Saint-Denis « un projet de loi toujours fortement décrié par les élus, par les associations et par les syndicats, mais également par les architectes de l’atelier international du Grand Paris, comme en témoigne la récente tribune de Jean Nouvel dans Le Monde. Force est de constater que ce n’est pas de bon augure pour mener à terme un projet qui se veut structurant pour les vingt années à venir. Nous n’avons pourtant eu de cesse de le répéter : un projet urbain, pour être viable, doit non seulement être co-élaboré par les différents acteurs, mais doit également recueillir l’adhésion des populations. Le gouvernement a choisi une vision étriquée et ringarde de l’action publique en termes d’aménagement du territoire. Cette conception, dont l’histoire nous a montré qu’elle aboutissait à des non-sens urbains – je pense notamment au développement des villes nouvelles –, ne saurait être porteuse d’avenir. La Société du Grand Paris sera avant tout, voire uniquement, le bras armé de l’État en Île-de-France pour modeler le territoire selon des préceptes libéraux ». Avec pour conséquence une nouvelle poussée de la ségrégation urbaine et sociale, en raison notamment de l’envolée prévisible du foncier autour des pôles de compétitivité spécialisés définis sur le tracé du Grand huit. Le sort réservé au plus important de ces pôles, le plateau de Saclay, illustre parfaitement les choix du gouvernement. « L’objectif du gouvernement n’est pas celui, affiché, de créer des synergies entre les différents acteurs du plateau, a souligné à ce sujet Bernard Vera, sénateur de l’Essonne. Il s’agit, en fait, de créer un pôle de formation des élites et de compétitivité économique, avec, en toile de fond, la déconstruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Le mode de gouvernance proposé assure la prédominance de l’État, en dépossédant l’ensemble des partenaires locaux : élus, habitants, chercheurs, salariés, syndicats ou associations. Ce projet ignore les besoins actuels des populations qui vivent et travaillent sur ce territoire. Il inquiète les enseignants-chercheurs de Paris-VI et les salariés des entreprises concernées. S’appuyant sur le modèle dépassé de la Silicon Valley, le gouvernement privilégie une coordination autoritaire tendant à créer une vaste structure élitiste subordonnée aux intérêts économiques à court terme. » Un autre motif d’opposition pour le groupe CRC-SPG est venu de la commission mixte paritaire elle-même, laquelle a adopté au dernier moment deux amendements présentés par les rapporteurs du texte, à l’Assemblée nationale et au Sénat. Le premier élargit le champ d’intervention de la Société du Grand Paris au sein des communes qui n’auront pas signé de contrat de développement territorial dans un périmètre de 400 mètres. Le deuxième étend le champ de la taxe sur la valorisation foncière autour des gares en créant une zone intermédiaire entre 800 mètres et 1 200 mètres. Deux dispositions contestées par les sénateurs communistes, car, soulignent-ils, « elles ont pour objet d’exercer une sorte de chantage sur les collectivités afin de les contraindre à signer un contrat de développement territorial sous peine de subir la loi de la Société du Grand Paris et de l’État. » Sans doute la définition du « partenariat » selon Christian Blanc. De bon augure avant la concertation publique sur projet qui doit débuter dès le mois de septembre prochain !

Marie-France BEAUFILS Sénatrice d’Indre-et-Loire
Austérité
Les lois de finances rectificatives se suivent et se ressemblent. Dans une fuite en avant effrénée, les Etats de l’Union européenne adoptent plan sur plan pour s’adapter à la crise financière et à l’offensive spé- culative des marchés. Aussitôt, l’aide en faveur de la Grèce décidée, les spéculateurs sont repar- tis de plus belle, obligeant l’Union européenne à constituer un fonds de garantie de 750 milliards d’euros pour aider tous les pays européens en difficulté. Trois critiques majeures peuvent être faites : l’inefficacité, l’injustice de ces plans et l’impunité. Inefficacité, car les banques et donc le marché jouent le rôle de pompier pyromane : elles allument les incen- dies budgétaires et sont appelées au secours pour prêter de l’argent aux Etats. Injustice : bien entendu, ces aides sont accordées en échange de sacrifices. Qui en sont les victimes ? Les riches et responsables ? Non, le peuple, les salariés, retraités, chômeurs ou usagers des services publics. Baisse des salaires dans la fonc- tion publique d’abord, puis bien sûr, dans le privé, dans la foulée, baisse des pensions, recul de l’âge de départ à la retraite et privatisations, gel des dotations aux collectivités sont à l’ordre du jour. Un symbole en France : Nicolas Sarkozy refuse toute modification du bouclier fiscal, mais annonce la suppression de la prime de 150 euros accordée aux trois millions de foyers les plus modestes. Impunité, car jamais, il n’est décidé, et a priori évoqué de sanctionner les spéculateurs, les responsables des banques qui ont, par exemple, mis à genoux la Grèce. Les plans concoctés par l’Europe et le FMI sont de véritables baisers de la mort. Ils parlent solidarité, mais ils sèment les inégalités, le désarroi et la paupérisation de couches entières de la population. Le capitalisme, mis en cause, tente son va-tout. Il n’abdique pas et tente d’utiliser son propre déséquilibre pour imposer une terrible austérité aux peuples et renforcer ainsi le pouvoir des marchés et de l’élite financière. Le groupe CRC-SPG est le seul groupe sénatorial à rejeter cette véritable injustice au profit de ceux-là mêmes qui sont la cause de tous les maux. Il saura rappeler au cours des débats à venir et notamment celui des retraites, qu’une voie nouvelle s’impose : une nouvelle réparti- tion des richesses, et l’émancipation des peuples vis-à-vis du marché capitaliste.
Decor
Intranet
Haut de page