Sénateurs du groupe CRC-SPG
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES

Les collectivités privées d’ autonomie fiscale ?

Par le groupe CRC / 1er octobre 2009

Les élus locaux se faisaient du souci, ils savent maintenant qu’ils peuvent être franchement inquiets : en confirmant la volonté du gouvernement de supprimer la taxe professionnelle en 2010, pour la remplacer par une « Contribution économique territoriale », le premier Ministre a aussi reconnu que l’opération coûtera à l’Etat une douzaine de milliards d’euros, autant de moins a priori pour les communes et les départements. Car personne ne croit à la compensation à l’euro près promise par le gouvernement. On sait ce qu’il en est de ce genre de promesses : elles s’étiolent avec le temps, alors même que les charges pesant sur les collectivités augmentent... Surtout quand les déficits publics atteignent 8,2 % du PIB ! Cette suppression de la taxe professionnelle risque également d’enlever aux collectivités toutes leurs marges de manoeuvre. Couplée avec la réforme de l’organisation territoriale, qu’elle précède de quelques mois, la fin de la TP signifie la mise sous tutelle des budgets locaux, les élus étant de facto privés de toute autonomie fiscale. « La Contribution économique territoriale deviendrait la recette par excellence de l’intercommunalité, mais une recette appauvrie par de nouvelles et larges exemptions dont bénéficieraient les entreprises », s’insurgent les sénateurs du groupe CRC-SPG. Christian Favier, président du Conseil général du Val-de-Marne, Jean-Paul Dufregne, son homologue de l’Allier, et André Chassaigne, président de l’Association Nationale des élus communistes et républicains, estiment dans le même esprit que le « projet gouvernemental de suppression de la taxe professionnelle, dans le cadre de la loi de finances 2010 et de la réforme territoriale, constitue une très grave attaque contre les collectivités locales et contre les départements en particulier, contre les services publics locaux, contre les populations et les territoires ». Le gouvernement fait au moins un heureux : le Medef, qui réclamait depuis des années une telle suppression au nom de la compétitivité des entreprises. « Un refrain usé qui a pourtant fait la preuve de son inefficacité », rappel- lent les sénateurs communistes. Depuis vingt ans, la taxe professionnelle a été régulièrement rabotée, sans effet visible sur la situation de l’emploi...

Nicole BORVO COHEN-SEAT Sénatrice de Paris
Contre les citoyens
Face à l’urgence des situations sociales de nombre de nos concitoyens, face au chômage, bref, aux conséquences désastreuses de la crise financière et économique et aux politiques qui y ont conduit, Nicolas Sarkozy brandit une nouvelle réforme : celle des collectivités locales, accusées de tous les maux ! Ne nous y trompons pas : en réalité, cette réforme s’inscrit parfaitement dans le projet de société du pouvoir actuel, la marchandisation contre les besoins des citoyens. Oui, notre pays a une particularité : 36 000 communes, plus de 500 000 élus (dont 450 000 bénévoles), des fonctionnaires territoriaux qui exercent des missions de service public. Pour Nicolas Sarkozy, ils seraient un obstacle à sa poli- tique ...Mais précisément, n’est-ce pas leur nombre et donc leur proximité qui leur permet de mener des politiques spécifiques répondant aux besoins de nos concitoyens ? Avec la suppression de la taxe professionnelle, le gouvernement veut retirer aux collectivités territoriales les moyens d’agir ; avec la suppression de la « compétence générale », les départements et régions devront renoncer à intervenir dans des domaines comme la culture, le sport, la restauration scolaire... Autant de marchés offerts par Nicolas Sarkozy aux grands groupes privés. Avec ce projet, fini la décentralisation, place à un étatisme disparu depuis longtemps : l’État ne payera plus, mais il pilotera tout.Nous sommes déterminés à défendre la démocratie locale, le nombre et la proximité des élus et des agents. Au projet ultra- libéral du gouvernement, nous opposons la solidarité des territoires, les services publics dans l’intérêt de tous et un État garant de l’égalité des citoyens.
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