Sénateurs du groupe CRC-SPG
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

POLITIQUE

Les projets gouvernementaux ne connaissent pas la trêve estivale

1er juin 2009

Pepoussée à plusieurs reprises, notamment lors de la discussion du projet de loi sur le tourisme au cours de laquelle un amendement UMP tentait de la légaliser, l’extension du travail le dimanche va très certainement faire son grand retour cet été. Le gouvernement prévoit en effet de faire adopter la disposition par l’Assemblée nationale en juillet, lors d’une nouvelle session extraordinaire. Pour le pouvoir, il est désormais habituel de procéder de la sorte. Avec une méthode simple et éprouvée : profiter de la torpeur estivale pour faire adopter des projets particulièrement sensibles et impopulaires. « Le gouvernement entend imposer le travail du dimanche en organisant le vote d’une proposition de loi durant l’été, dénoncent les élus du groupe CRC-SPG. Brice Hortefeux, avec l’aide bienveillante des parlementaires UMP, veut ainsi prendre de vitesse le mouvement social en utilisant la période des congés. Les lois sur les retraites, sur l’assurance maladie, le bouclier fiscal, sont autant de lois scélérates qui ont été adoptées durant les derniers étés. Nicolas Sarkozy manipule la Constitution en transformant la session extraordinaire en session ordinaire de mauvais coups. Il utilise la démagogie antiparlementaire — les parlementaires doivent avoir les mêmes congés payés que les Français —, alors que sa seule volonté est de contourner le double obstacle démocratique : un réel débat parlementaire et la résistance sociale. La ficelle est grosse : Nicolas Sarkozy assomme le Parlement de débats souvent inutiles ou moins sensibles durant l’année et utilise l’été pour passer en force sur des thèmes sociaux ou économiques suscitant l’opposition d’une large majorité de l’opinion. » L’extension du travail du dimanche est annoncée à l’Assemblée nationale, tandis que le Sénat devrait hériter de la fin du premier Grenelle de l’environnement , d’une loi organique sur la Nouvelle Calédonie, d’un débat d’orientation budgétaire ou encore de la nouvelle loi de programmation militaire... Triste record Avec ce gouvernement, l’inflation législative n’est pas un vain mot ! En siégeant plus de 120 jours, le Sénat va battre lors de la session ordinaire un record dont la démocratie se serait bien passée. La Constitution prévoit pourtant que les chambres du Parlement ne peuvent pas dépasser ce seuil. Peu importe ! Le gouvernement a demandé à la majorité sénatoriale, qui s’est empressée de s’exécuter, de passer outre cette limite en adoptant une dérogation sur mesure. « Le Parlement, pour jouer son rôle, ne doit pas être soumis à un rouleau compresseur permanent qui porte un nom : l’inflation législative, déplorent les sénateurs communistes. Cette inflation législative et la législation d’affichage nuisent à la démocratie. »

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La loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires », adoptée par le Sénat au terme d’un marathon de 60 heures d’examen en com- mission et 100 heures en séance publique, témoi- gne d’une vision marchande de la santé avec laquelle nous sommes en complet désaccord. Elle consacre le démantèlement de l’hôpital public pour mieux le concéder bientôt au secteur privé commercial. Le service public hospitalier est sup- primé. L’hôpital public devient un établissement de santé où les patients non rentables n’ont plus leur place ; il est appelé à se conformer à la logique entrepreneuriale autour d’un directoire et d’un conseil de surveillance. Des structures de soins vont disparaître, non pas parce qu’elles ne répon- dent pas à des besoins, mais tout simplement parce qu’elles n’auront pas les moyens de répondre à leur mission. La création des agences régionales de santé (ARS) va bouleverser l’architecture de notre système de santé sans remédier à sa com- plexité. Elle risque de faire naître un monstre administratif ingérable. En confiant à ces agences la gestion du risque, le gouvernement entérine le processus de démantèlement de notre système d’assurance maladie déjà largement entamé depuis 2004 avec la création de l’UNCAM : les partenaires sociaux, déjà fortement marginalisés, sont pratiquement mis hors jeu. Le pacte de 1945 a vécu. L’Etat, grâce à ses directeurs généraux d’ARS, omnipotents, nommés en conseil des ministres, s’arroge le droit d’exercer un contrôle sur les dépenses de santé exclusivement comptable et déconnecté des besoins. Enfin, comme on le sait, l’égal accès de tous à des soins de qualité n’est plus garanti dans notre pays. Les contributions forfai- taires diverses, les franchises, l’inégale répartition des médecins sur le territoire et la pratique géné- ralisée des dépassements d’honoraires sont non seulement des facteurs d’inégalité, mais de renon- cement aux soins. Face à une situation qui se dégrade à tout allure et qui appellerait des solu- tions urgentes, ce texte ne propose rien. En d’aut- res termes, le gouvernement a sacrifié l’intérêt des patients, grands oubliés de ce projet de loi, à la sacro-sainte liberté des médecins.
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