Sénateurs du groupe CRC-SPG
Loupe
Recherche avancée
  • Mediatheque
Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

JUSTICE ET POLICE

Logique sécuritaire

Par Eliane Assassi / 1er juin 2010

Alors que la LOPPSi 2 a été adoptée le 16 février dernier en première lecture à l’Assemblée nationale, le Sénat ne l’examinera qu’à l’automne prochain. Ce texte est un véritable « fourretout » de mesures aussi répressives les unes que les autres et certaines d’entre elles, suite à des faits divers, ont fait l’objet de propositions de loi issues d’élus uMP commandées par le gouvernement et déjà adoptées par le Parlement (ex : loi sur les violences en groupe). Ce report illustre également les effets de la RGPP qui se traduit par une impossibilité de financer les mesures annoncées. Conséquence :nicolasSarkozy a beau nommer son ami Lambert, ancien patron du RAiD et des CRS, au poste de Préfet delà SeineSaint-Denis,celui-ci, sans moyen supplémentaire, n’est visiblement pas plus efficace que ses prédécesseurs pour répondre aux problèmes d’insécurité voire de violence qui se produisent dans ce département. Chacun sait y compris les délinquantsqu’en Seine Saint-Denis, il manque 400 fonctionnaires de police, que des villes n’ont toujours pas de commissariat et que les policiers ne disposent pas des moyens matériels nécessaires pour assurer au mieux leurs missions de sécurité publique. Le gel des dépenses publiques annoncé par le Premier ministre ne peut qu’amplifier cette tendance lourde à la réduction du nombre de policiers dans les territoires où, à l’inverse, il serait urgent de les renforcer.La LOPPSi 2 adoptée à l’Assemblée nationale par la majorité gouvernementale s’inscrit dans ce choix politique avec la suppression de 1390 équivalents temps plein travaillés dans la police nationale et de 1354 dans la gendarmerie.Au fond, avec le report de ce texte en septembre, il ne s’agit pas seulement d’un problème de calendrier et d’inflation législative, mais, à l’évidence, d’une manœuvre pour relancer le thème de la sécurité en 2011 à quelques mois de l’élection présidentielle. une fois encore, le thème sécuritaire est utilisé par M. Sarkozy et sa majorité pour occuper et détourner le débat public et parlementaire... Ce sont des coutumiers du fait : une fois de plus, ils « jouent » avec le feu sécuritaire au mépris du droit effectif de tous les citoyens à la sécurité.

Marie-France BEAUFILS Sénatrice d’Indre-et-Loire
Austérité
Les lois de finances rectificatives se suivent et se ressemblent. Dans une fuite en avant effrénée, les Etats de l’Union européenne adoptent plan sur plan pour s’adapter à la crise financière et à l’offensive spé- culative des marchés. Aussitôt, l’aide en faveur de la Grèce décidée, les spéculateurs sont repar- tis de plus belle, obligeant l’Union européenne à constituer un fonds de garantie de 750 milliards d’euros pour aider tous les pays européens en difficulté. Trois critiques majeures peuvent être faites : l’inefficacité, l’injustice de ces plans et l’impunité. Inefficacité, car les banques et donc le marché jouent le rôle de pompier pyromane : elles allument les incen- dies budgétaires et sont appelées au secours pour prêter de l’argent aux Etats. Injustice : bien entendu, ces aides sont accordées en échange de sacrifices. Qui en sont les victimes ? Les riches et responsables ? Non, le peuple, les salariés, retraités, chômeurs ou usagers des services publics. Baisse des salaires dans la fonc- tion publique d’abord, puis bien sûr, dans le privé, dans la foulée, baisse des pensions, recul de l’âge de départ à la retraite et privatisations, gel des dotations aux collectivités sont à l’ordre du jour. Un symbole en France : Nicolas Sarkozy refuse toute modification du bouclier fiscal, mais annonce la suppression de la prime de 150 euros accordée aux trois millions de foyers les plus modestes. Impunité, car jamais, il n’est décidé, et a priori évoqué de sanctionner les spéculateurs, les responsables des banques qui ont, par exemple, mis à genoux la Grèce. Les plans concoctés par l’Europe et le FMI sont de véritables baisers de la mort. Ils parlent solidarité, mais ils sèment les inégalités, le désarroi et la paupérisation de couches entières de la population. Le capitalisme, mis en cause, tente son va-tout. Il n’abdique pas et tente d’utiliser son propre déséquilibre pour imposer une terrible austérité aux peuples et renforcer ainsi le pouvoir des marchés et de l’élite financière. Le groupe CRC-SPG est le seul groupe sénatorial à rejeter cette véritable injustice au profit de ceux-là mêmes qui sont la cause de tous les maux. Il saura rappeler au cours des débats à venir et notamment celui des retraites, qu’une voie nouvelle s’impose : une nouvelle réparti- tion des richesses, et l’émancipation des peuples vis-à-vis du marché capitaliste.
Decor
Intranet
Haut de page