Sénateurs du groupe CRC-SPG
Loupe
Recherche avancée
  • Mediatheque
Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.
Avant d’être débattu et voté en séance publique, chaque projet ou proposition de loi est examiné par l’une des six commissions permanentes du Sénat : Lois, Finances, Affaires économiques, Affaires étrangères et Défense, Affaires culturelles, Affaires sociales. Classées par commissions, retrouvez ici les interventions générales, les motions de procédure et les explications de vote des sénateurs du groupe CRC-SPG.

EUROPE

Partenariat entre le groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et la Communauté européenne

Par Robert Hue / 6 novembre 2007

Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, l’accord de partenariat économique entre les soixante-dix-huit pays membres du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, d’une part, et la Communauté européenne et ses États membres, d’autre part, a été signé à Cotonou, le 23 juin 2000, et est entré en vigueur en 2003.

Dans le prolongement des accords de Yaoundé et de Lomé, l’accord de Cotonou visait à introduire des changements importants et se fixait des objectifs ambitieux. Or force est de constater que les pays ACP n’ont pas tiré pleinement profit de ces avantages économiques. Au contraire, pour de nombreux pays du Sud, cet accord s’est révélé inefficace, dans la mesure où il n’a pas permis à ces pays de se développer.

En effet, beaucoup reste à faire en termes de coopération, d’égalité des échanges et d’intégration des pays les plus pauvres. L’accord que nous propose de ratifier l’Union européenne, bien que destiné à lutter contre la pauvreté, fait en réalité primer les normes commerciales sur les impératifs de développement, par exemple en ouvrant sans restriction 80 % du marché de ces pays aux exportations européennes, alors même que l’Afrique se trouve au centre des enjeux actuels de la mondialisation. Le fait que ce continent renferme près du tiers des réserves en matières premières de la planète, telles que le pétrole, l’or et l’uranium, n’est pas étranger à cette réalité.

Nous débattons aujourd’hui de la première révision, inscrite à l’article 95 de cet accord, portant principalement sur le volet politique et l’amélioration des procédures techniques de gestion de l’aide. Les discussions furent laborieuses et suscitent beaucoup d’inquiétudes dans les pays du Sud.

Selon de nombreux partenaires de l’Union européenne, notamment en Afrique de l’Ouest et dans les Caraïbes, les pays ACP ne sont pas prêts au libre-échange. Ils considèrent même qu’ils sont mis en danger par les accords APE et souhaitent que leur pays ne les signe pas.

Force est de constater que, malgré la présence de certains éléments fondamentaux, l’accord de Cotonou n’a pas atteint les objectifs de développement qu’il fixait. Sa négociation à marche forcée, sous couvert de respecter les règles de l’Organisation mondiale du commerce a même provoqué l’incompréhension d’une majorité de pays africains, des Caraïbes et du Pacifique.

Il est donc vital d’adapter les dispositions de l’accord au contexte actuel. Plusieurs pays ont été tenus à l’écart du progrès. Il est important de rappeler que l’Afrique abritera, dans très peu de temps, le plus grand nombre de personnes au monde vivant avec moins de un dollar par jour.

Prendrons-nous la responsabilité, si nous n’y prêtons garde, de laisser l’Afrique s’appauvrir et entraîner de nombreux États dans le chaos ?

L’aide aux pays ACP doit obéir à un certain nombre d’impératifs.

Parmi ceux-ci figure l’annulation de la dette des pays pauvres, visée majeure des objectifs du Millénaire adoptés voilà cinq ans et fixés pour l’année 2015. Or, alors que le volume de l’aide de la France aurait dû franchir, cette année, le palier symbolique de 0,5 %, cette aide enregistre une baisse, pour s’établir autour de 0,42 %. La dette bilatérale et multilatérale des pays pauvres doit être annulée à 100 %, dans le cadre d’un contrat signé avec tous les États membres de l’Union européenne créanciers, sans condition financière ou de quelque ordre que ce soit.

Un autre de ces impératifs est la mise en place d’un libre-échangisme contrôlé. L’expérience de la libéralisation commerciale démontre que celle-ci n’engendre pas systématiquement - loin s’en faut ! - le développement. Appliquée à des pays dont les niveaux de compétitivité sont extrêmement différents, elle creuse les déséquilibres. Les accords de Lomé et de Cotonou, qui tendaient à instaurer un régime de préférences commerciales, n’ont pas permis aux économies, notamment africaines, de se diversifier et de se moderniser afin de faire avancer leurs programmes de renforcement de l’éducation, de la santé et de la sécurité alimentaire.

D’ailleurs, le dossier « épineux » des droits de douane, ainsi que vous l’avez qualifié, monsieur le secrétaire d’État, devra être sérieusement réétudié. Le versement d’aides budgétaires massives en compensation de la disparition de ces droits ne serait évidemment pas souhaitable. Avec leur suppression, les accords de partenariat économique engendreraient un déficit considérable de recettes douanières, lesquelles constituent une part importante des ressources déjà faibles des États ACP ainsi que des départements et des régions qui en dépendent.

Le cycle de Doha, pourtant appelé « cycle du développement », lancé sous l’égide de l’OMC, est bloqué. L’Union européenne doit proposer une autre vision du commerce. Le cycle de Doha doit avoir de nouveau pour objectif le développement, tout comme les accords APE. La France, en proposant la poursuite des négociations dans une voie différente, doit épargner à l’Europe de commettre une erreur stratégique majeure à l’égard des pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.

On peut lire, dans le rapport mondial sur le développement de 2005, rédigé dans le cadre du Programme des Nations unies pour le développement, le PNUD : « Dans l’ensemble, le mandat des négociateurs européens pour les APE a le potentiel nécessaire pour produire des résultats déséquilibrés et défavorables au progrès humain ».

La Commission européenne concluait pour sa part, dans un rapport, que la population rurale est aujourd’hui plus pauvre que la population urbaine et que la libéralisation totale entraînera probablement un accroissement de la pauvreté dans les zones rurales, ainsi que de nombreuses inégalités.

In fine, depuis le lancement des négociations des APE en 2002, un déséquilibre trop important existe entre les capacités de négociation des deux parties. Alors que la Commission reste le négociateur unique de l’Union européenne, les pays ACP ont de nombreux interlocuteurs, mal préparés et peu coordonnés et ne disposent pas toujours de la compétitivité nécessaire dans le commerce international. Cette situation risque de s’aggraver avec la conclusion des APE : les produits européens, moins chers, arriveront en masse sur le marché intérieur des pays ACP, provoquant une situation commerciale et humaine catastrophique et déstabilisante.

Notre pays a un rôle majeur à jouer dans l’évolution des échanges avec les pays ACP, dans l’évolution d’une mondialisation plus humaine. Malgré un bilan jusqu’à présent plutôt décevant, je veux croire que ce projet ambitieux, envisageant l’aide au développement de façon dynamique, sortira les pays les plus pauvres de la misère.

Il me semble logique et plus réaliste de repousser la signature de cet accord et d’envisager une période transitoire, afin que les négociations puissent continuer. C’est dans le respect de ses partenaires des pays ACP que l’Union européenne, tout particulièrement la France, contribuera à la mise en place de relations conjuguant la solidarité, un réel rayonnement et une influence positive.

Pour ces raisons constructives, et tout en saluant la qualité du rapport de notre collègue André Dulait, le groupe CRC estime opportun de repousser la signature de cet accord. En conséquence, il votera contre cette ratification précipitée.


DEFENSE : Un travail de démolition de la mémoire

Choix du 11 novembre pour la commémoration de tous les morts pour la France.

Par Michelle Demessine / 24 janvier 2012

INTERNATIONAL : Une guerre aventuriste que le mandat de l’ONU ne peut justifier

Prolongation de l’intervention militaire en Libye

Par Michelle Demessine / 12 juillet 2011

DEFENSE : Une transposition dangereuse pour la pérennité de nos industries de défense

Contrôle des importations et des exportations de matériels de guerre (deuxième lecture)

Par Guy Fischer / 8 juin 2011

DEFENSE : L’incapacité des nouveaux instruments institutionnels du traité de Lisbonne à poursuivre la mise sur pied d’une défense européenne

Traité avec la Grande-Bretagne et l’Irlande du nord relatif à des installations radiographiques et hydrodynamiques

Par Michelle Demessine / 3 mai 2011

SOCIETE : Un moyen détourné de faire face au désengagement de l’Etat

Réserves militaires et civiles

Par Michelle Demessine / 30 mars 2011

DEFENSE : Une libéralisation inacceptable des ventes d’armes

Contrôle des importations et des exportations de matériels de guerre

Par Michelle Demessine / 1er mars 2011

DEFENSE : Le développement de nouvelles forces nucléaires augmente la menace internationale

Lutte contre la prolifération des armes de destruction massive

Par Michelle Demessine / 1er mars 2011

INTERNATIONAL : En réalité, la France ne veut plus, mais surtout ne peut plus, jouer le gendarme de l’Afrique

Conventions internationales instituant des partenariats de défense

Par Michel Billout / 1er mars 2011

INTERNATIONAL : Nous émettons de sérieuses réserves sur la démarche suivie par le gouvernement

Autorisation de la ratification des statuts de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables

Par Marie-Agnès Labarre / 16 février 2011

INTERNATIONAL : L’Amérique latine a ouvert la voie de la reconquête de la souveraineté populaire

Institution d’une journée de l’Amérique latine et des Caraïbes en France

Par Marie-Agnès Labarre / 16 février 2011

JUSTICE ET POLICE : Il est urgent que nous apportions une réponse globale à un phénomène qui ne cesse de croître

Lutte contre la piraterie en mer (deuxième lecture)

Par Michelle Demessine / 22 décembre 2010

DEFENSE : Des propositions sans grande consistance

Reconversion des militaires

Par Michelle Demessine / 22 décembre 2010

INTERNATIONAL : Un affaiblissement sans précédent des réseaux diplomatiques et culturels de la France

Action extérieure de l’état : conclusions de la CMP

Par Robert Hue / 12 juillet 2010

DEFENSE : Pourquoi affirmer une interdiction sans se donner tous les moyens de la faire respecter ?

Elimination des armes à sous-munitions

Par Robert Hue / 6 mai 2010

DEFENSE : Le gouvernement refuse de créer un véritable droit à réparation

Victimes des essais nucléaires français

Par Guy Fischer / 14 octobre 2009

DEFENSE : Une vision atlantiste et dominatrice

Loi de programmation militaire 2009-2014

Par Michelle Demessine / 15 juillet 2009

EUROPE : Conseil européen des 19 et 20 mars 2009

Video

Par Michel Billout / 17 mars 2009

Version imprimable de cet article
envoyer l'article par mail
Decor
Robert HUE
Sénateur du Val-d’Oise

Vice-Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

Elu le 26 septembre 2004

Decor
  • lundi 13
    15h00 : Violences faites aux femmes
  • mardi 14
    14h30 : Aménagement numérique du territoire
  • 17h00 : Questions cribles au gouvernement
  • mercredi 15
    14h30 : Droit de grève dans le transport aérien
  • jeudi 16
    09h00 : Interdiction des licenciements boursiers
  • 15h00 : Egalité salariale entre les hommes et les femmes
Intranet
Haut de page