Sénateurs du groupe CRC-SPG
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES

Un autre avenir pour la taxe professionnelle

1er juin 2009

A l’occasion d’un débat qui s’est tenu dans l’hémicycle à sa demande, Marie-France Beaufils s’est élevée, le 10 juin dernier, contre la disparition programmée de la taxe professionnelle, celle-ci étant considérée par le Président de la République comme une « incongruité juridique et fiscale » qui pèserait d’un poids insurmontable sur la compétitivité des entreprises. « Expliquer à chacun des habitants de ce pays que pour sortir de la crise, a souligné la sénatrice d’Indre-et-Loire, il faut encore alléger l’imposition des entreprises, au moment même où les ménages constatent, pour leur part, les effets de la modération et de la stagnation salariales, la persistance de prélèvements fiscaux sur la consommation et la hausse des impôts locaux laissent quelque peu rêveur. Cette mesure présentée par le Président de la République comme un outil de relance économique nous interpelle quant à son efficacité. Sans doute parce que, nourris par l’expérience, nous avons quelques doutes sur les politiques d’allégements fiscaux et sociaux. » A l’évidence, la diminution constante de la TP depuis vingt-cinq ans ne s’est pas traduite par une amélioration de l’emploi ! Pour Marie-France Beaufils et les élus du groupe CRC-SPG, « il faut plutôt réfléchir à l’évolution de l’assiette de la taxe, à l’importance et à la pertinence des correctifs qui la concernent et trouver les voies et moyens d’une réforme participant de deux objectifs : d’une part, assurer aux collectivités locales les moyens financiers de leur action, d’autre part, rétablir, entre les entreprises contribuables, un traitement équitable au regard de l’impôt ». Avant le plafonnement de la taxe professionnelle à 3,5 % de la valeur ajoutée, les services de l’Etat avaient détaillé, répondant en cela à une sollicitation de Marie-France Beaufils, le poids de la taxe professionnelle selon les activités économiques : c’est ainsi que l’on apprend que le secteur financier ne consacrait en 2004 que 1,7 % de la valeur ajoutée produite pour payer la taxe professionnelle, le BTP 1,9 %, le commerce 2,3 %, l’énergie 5,6 %. D’où cette conclusion imparable de la sénatrice : « L’intégration de la richesse financière dans les bases d’imposition serait efficace à la fois pour rétablir l’équité des entreprises face à l’impôt économique, mais aussi, d’ailleurs, pour la vie économique elle-même. »

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Marchandisation
La loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires », adoptée par le Sénat au terme d’un marathon de 60 heures d’examen en com- mission et 100 heures en séance publique, témoi- gne d’une vision marchande de la santé avec laquelle nous sommes en complet désaccord. Elle consacre le démantèlement de l’hôpital public pour mieux le concéder bientôt au secteur privé commercial. Le service public hospitalier est sup- primé. L’hôpital public devient un établissement de santé où les patients non rentables n’ont plus leur place ; il est appelé à se conformer à la logique entrepreneuriale autour d’un directoire et d’un conseil de surveillance. Des structures de soins vont disparaître, non pas parce qu’elles ne répon- dent pas à des besoins, mais tout simplement parce qu’elles n’auront pas les moyens de répondre à leur mission. La création des agences régionales de santé (ARS) va bouleverser l’architecture de notre système de santé sans remédier à sa com- plexité. Elle risque de faire naître un monstre administratif ingérable. En confiant à ces agences la gestion du risque, le gouvernement entérine le processus de démantèlement de notre système d’assurance maladie déjà largement entamé depuis 2004 avec la création de l’UNCAM : les partenaires sociaux, déjà fortement marginalisés, sont pratiquement mis hors jeu. Le pacte de 1945 a vécu. L’Etat, grâce à ses directeurs généraux d’ARS, omnipotents, nommés en conseil des ministres, s’arroge le droit d’exercer un contrôle sur les dépenses de santé exclusivement comptable et déconnecté des besoins. Enfin, comme on le sait, l’égal accès de tous à des soins de qualité n’est plus garanti dans notre pays. Les contributions forfai- taires diverses, les franchises, l’inégale répartition des médecins sur le territoire et la pratique géné- ralisée des dépassements d’honoraires sont non seulement des facteurs d’inégalité, mais de renon- cement aux soins. Face à une situation qui se dégrade à tout allure et qui appellerait des solu- tions urgentes, ce texte ne propose rien. En d’aut- res termes, le gouvernement a sacrifié l’intérêt des patients, grands oubliés de ce projet de loi, à la sacro-sainte liberté des médecins.
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