Sénateurs du groupe CRC
Loupe
Recherche avancée
  • Mediatheque
Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.
Avant d’être débattu et voté en séance publique, chaque projet ou proposition de loi est examiné par l’une des six commissions permanentes du Sénat : Lois, Finances, Affaires économiques, Affaires étrangères et Défense, Affaires culturelles, Affaires sociales. Classées par commissions, retrouvez ici les interventions générales, les motions de procédure et les explications de vote des sénateurs du groupe CRC-SPG.

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES

Un progrès incontestable pour nos compatriotes de Polynésie

Conséquences environnementales des essais nucléaires français en Polynésie française

Par Michelle Demessine / 18 janvier 2012

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, la proposition de loi de notre collègue Richard Tuheiava vise à répondre à une aspiration légitime de la population polynésienne.

En effet, la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français avait presque totalement ignoré les conséquences négatives qu’ont pu avoir sur les environnements saharien et polynésien les expérimentations atmosphériques et souterraines pratiquées par notre pays pendant plusieurs décennies.

Afin de répondre à une légitime préoccupation des populations des archipels de la Polynésie française, qui souhaitent retrouver la pleine et entière possession de leur territoire, ce texte vise à organiser la rétrocession des atolls de Moruroa et de Fangataufa au domaine public terrestre de cette collectivité territoriale d’outre-mer.

Dans son exposé des motifs, notre collègue présente avec clarté la forte dimension identitaire de sa proposition de loi : « Si la réinstallation permanente d’une population semble improbable, la rétrocession des atolls de Moruroa et de Fangataufa est pourtant d’une importance capitale pour la population polynésienne, notamment au plan de la réappropriation culturelle et traditionnelle des sites, propice à une résilience au plan social. »

Sur la question des essais nucléaires, il existe chez la plupart des Polynésiens un profond ressentiment envers la métropole. Ils estiment avoir été mis à l’écart, voire méprisés puisque à cette époque la décision de poursuivre nos expérimentations ailleurs qu’au Sahara a été prise sans concertation avec les populations du territoire concerné.

Toutefois, en 1964, une délibération de l’assemblée territoriale de la Polynésie française avait prévu, dans une clause spéciale, le retour gratuit de ces atolls au domaine public terrestre du territoire lorsque le centre d’expérimentation du Pacifique aurait cessé ses activités.

Quinze ans après l’arrêt définitif de nos essais nucléaires, il est grand temps d’appliquer cette disposition, qui est également conforme aux nouvelles compétences dévolues à la Polynésie française, dotée de l’autonomie, et de fixer enfin par la loi les meilleures conditions pour réaliser la rétrocession.

Notre collègue, instruit de la complexité et de l’opacité qui entoure dans notre pays tout ce qui touche à la dissuasion nucléaire, ainsi que des réticences des gouvernements successifs à admettre les conséquences négatives des essais – et cela continue ! –, a parfaitement raison de vouloir obtenir un certain nombre de garanties.

Il veut qu’on légifère, même si c’est avec prudence. Pour défendre les intérêts des Polynésiens, il est tout à fait souhaitable d’encadrer avec précision cette rétrocession. Les amendements adoptés par la commission vont également dans ce sens.

Ainsi, concernant le dispositif de surveillance radiologique et géomécanique des deux atolls, il était nécessaire de préciser les modalités de la coopération entre l’État et cette collectivité d’outre-mer.

À cet égard, les rapports de suivi radiologique et géomécanique établis par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives sont, semble-t-il, aux yeux de certains experts indépendants, incomplets et trop rassurants, en particulier sur les risques qui pèsent sur la stabilité de la couronne corallienne des deux atolls.

Dans un souci d’information et de plus grande transparence, le texte adopté par la commission prévoit de confier à l’avenir les études sur la réalité des situations radiologique et géomécanique à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, organisme dont l’impartialité ne saurait être mise en doute.

Une clarification s’imposait également quant à la répartition des compétences entre l’État et la Polynésie : il était nécessaire d’intégrer les risques relatifs à la situation radiologique et géomécanique des atolls dans les procédures nationales destinées à faire face aux risques majeurs et aux catastrophes.

Enfin, le texte de la commission complète la composition de la commission de suivi qu’il est proposé d’instituer et définit plus précisément son champ de compétence puisqu’il l’étend aux conséquences environnementales des essais.

Toutes ces dispositions sont utiles en ce qu’elles définissent un volet ignoré par la loi Morin. Cette dernière porte en effet uniquement sur la reconnaissance morale et sur l’indemnisation matérielle des victimes des essais nucléaires. Malgré les annonces faites par le ministre de la défense de l’époque, les conséquences environnementales et leur réparation n’avaient pas été intégrées dans la loi, alors que nous avions particulièrement insisté sur ce point lors de l’examen du texte.

Je souhaite donc que le Sénat adopte cette proposition de loi. Même si elle ne concerne que les populations polynésiennes et ne traite des effets des essais nucléaires que sous le seul aspect environnemental, elle pourra néanmoins permettre de réparer certains dégâts. Ce serait incontestablement un progrès pour nos compatriotes de Polynésie.

Plus généralement, cette proposition de loi ne saurait faire oublier aux Polynésiens que, comme loi Morin ne suffit pas à créer pour eux, pas plus que pour les militaires et les travailleurs civils de métropole qui se sont trouvés sur les sites, un véritable droit à indemnisation matérielle individuelle.

Cette carence est d’ailleurs apparue concrètement et brutalement lorsque sur les 632 dossiers examinés par le CIVEN, seuls deux ont reçu un avis favorable. Mais j’ai noté que M. le ministre avait, lui, évoqué dix-huit dossiers acceptés. (M. le ministre, fait un signe de dénégation.)

Le groupe CRC s’était prononcé contre l’adoption de la loi Morin parce que le ministre de l’époque refusait d’ouvrir un véritable droit à indemnisation en repoussant la création d’un fonds spécifique et autonome au sein duquel auraient siégé les associations représentatives, comme cela se pratique pour l’amiante ou pour certaines maladies professionnelles.

La logique de ce qui devait aboutir à une indemnisation au rabais s’est encore plus crûment manifestée lors de la parution du décret d’application sur le fonctionnement du CIVEN. En effet, dans la méthode de calcul décidée par le comité, la réintroduction de la dosimétrie comme critère déterminant de l’indemnisation, alors même que celle-ci avait été écartée lors des débats parlementaires, a trahi l’esprit de la loi, qui avait établi une présomption de causalité excluant la notion de seuil.

À cela, s’est ajoutée une délimitation contestable des périmètres irradiés et une liste restrictive des maladies radio-induites.

Cette indemnisation a minima est révélatrice de la pingrerie de l’État et de la vision d’un lobby militaro-nucléaire qui prétend que nos essais nucléaires ne pouvaient qu’être « propres ».

M. le président. Veuillez conclure !

Mme Michelle Demessine. Il ne s’agit pas aujourd’hui de récrire la loi Morin. Le cadre même de la proposition de loi de notre collègue Richard Tuheiava et le temps limité de la discussion ne s’y prêtent pas. Cependant, il faudra bien revenir sur l’épineuse et douloureuse question d’une indemnisation qui ne fonctionne pas, ainsi que les études le montrent.

Le groupe CRC a suggéré la création d’une mission d’information pour étudier les raisons de l’inefficacité de la loi Morin. Elle permettra peut-être de s’apercevoir que des améliorations pourraient être trouvées en modifiant simplement les décrets d’application.

En attendant, le groupe CRC votera cette proposition de loi, qu’il considère comme une première étape positive.


TRANSPORT : L’intérêt principal de ce projet de loi réside dans l’entrée en vigueur de l’écotaxe

Diverses dispositions en matière d’infrastructures et de services de transports : conclusions de la CMP

Par Mireille Schurch / 18 avril 2013

ENVIRONNEMENT : Nous regrettons que le CHSCT ne dispose pas de missions et de moyens nouveaux

Indépendance de l’expertise en matière de santé et d’environnement (deuxième lecture)

Par Evelyne Didier / 3 avril 2013

ENVIRONNEMENT : Le marché carbone a fonctionné comme un marché hautement spéculatif

Système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre

Par Evelyne Didier / 12 mars 2013

TRANSPORT : Cette mesure concerne plus de 2 millions d’utilisateurs chaque mois

Pass navigo unique

Par Laurence Cohen / 27 février 2013

SERVICES PUBLICS : Injustice sociale et inefficacité écologique

Transition vers un système énergétique sobre (nouvelle lecture)

Par Mireille Schurch / 13 février 2013

TRANSPORT : Pas d’éco-taxe pour les véhicules d’entretien des routes propriétés des collectivités locales !

Diverses dispositions en matière d’infrastructures et de services de transports

Par Mireille Schurch / 12 février 2013

ENVIRONNEMENT : Il est indispensable d’assurer à cette filière un financement suffisant et pérenne pour améliorer encore les dispositifs de traitement

Éco-participation pour les équipements électriques et électroniques ménagers

Par Evelyne Didier / 12 février 2013

TRANSPORT : Il est temps que l’État se réengage

Diverses dispositions en matière d’infrastructures et de services de transports

Par Mireille Schurch / 11 février 2013

TRANSPORT : La présente proposition de loi n’empêchera aucunement les avions dangereux de voler

Compagnies aériennes figurant sur la liste noire de l’Union européenne

Par Mireille Schurch / 6 février 2013

ENVIRONNEMENT : Le loup a sa place en France, et une cohabitation avec les activités pastorales doit être possible

Création des zones d’exclusion pour les loups

Par Evelyne Didier / 30 janvier 2013

LOGEMENT ET TRANSPORT : Il y a urgence à répondre à la crise du logement que traverse notre pays

Mobilisation du foncier public en faveur du logement

Par Mireille Schurch / 18 décembre 2012

LOGEMENT ET TRANSPORT : Le Gouvernement ne peut pas reprendre d’une main ce qu’il donne de l’autre, sauf à perdre sa crédibilité

Mobilisation du foncier public en faveur du logement : explication de vote

Par Mireille Schurch / 18 décembre 2012

ENVIRONNEMENT : Il serait utile et nécessaire que les élus locaux, interlocuteurs directs des habitants, disposent d’éléments d’information

Principe de participation du public défini à l’article 7 de la Charte de l’environnement : conclusions de la CMP

Par Evelyne Didier / 5 décembre 2012

ENVIRONNEMENT : Cette proposition de loi est un progrès, mais il faudrait renforcer la recherche publique

Haute autorité de l’expertise scientifique : explication de vote

Par Evelyne Didier / 21 novembre 2012

INSTITUTIONS, ELUS ET COLLECTIVITES TERRITORIALES : Compte tenu de leurs effets pour nos territoires, ces rendez-vous ne peuvent être manqués

Stratégie et financement européens pour les régions ultrapériphériques

Par Gérard Le Cam, Paul Vergès / 19 novembre 2012

ECONOMIE : La question de la vie chère outre-mer touche tout le fonctionnement des économies et des sociétés d’outre-mer

Régulation économique outre-mer : conclusions de la CMP

Par Gérard Le Cam / 7 novembre 2012

ENVIRONNEMENT : Le périmètre des actes visés doit être étendu aux actes émanant des autorités administratives indépendantes

Principe de participation du public défini à l’article 7 de la Charte de l’environnement

Par Evelyne Didier / 6 novembre 2012

SERVICES PUBLICS : Ce texte rompt le principe d’égalité

Transition vers un système énergétique sobre : explication de vote sur l’exception d’irrecevabilité

Par Eliane Assassi / 30 octobre 2012

SERVICES PUBLICS : Nous ne partageons pas le présupposé de cette proposition de loi

Transition vers un système énergétique sobre

Par Mireille Schurch / 30 octobre 2012

ECONOMIE : Nous estimons qu’il est plus pertinent de confier cette mission au CHSCT

Haute Autorité de l’expertise scientifique

Par Evelyne Didier / 15 octobre 2012

Version imprimable de cet article
envoyer l'article par mail
Decor
Michelle DEMESSINE
Sénatrice du Nord

Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées

Secrétaire du Sénat

Decor
  • mardi 21
    09h30 : Questions orales au gouvernement
  • 14h30 : Qualité de l’offre alimentaire en outre-mer
  • 18h30 : Refondation de l’école de la République
  • mercredi 22
    14h30 : Refondation de l’école de la République (suite)
  • jeudi 23
    09h30 : Refondation de l’école de la République (suite)
  • 15h00 : Questions d’actualité au gouvernement
  • vendredi 24
    09h30 : Refondation de l’école de la République (suite)
Intranet
Haut de page