Sénateurs du groupe CRC-SPG
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

EMPLOI, SALAIRES ET RETRAITES

Une autre réforme des retraites est possible

Par le groupe CRC / 1er juin 2010

Alors que le gouvernement continue d’avancer en pas de crabe sur le dossier des retraites, dévoilant ses intentions par petites touches afin de ne pas heurter de front l’opinion publique, Guy Fischer s’est chargé de mettre les points sur les « i » en interrogeant Georges Tron, secrétaire d’État chargé de la fonction publique, lors d’une séance de questions d’actualité au gouvernement le 20 mai dernier. « En réalité, a lancé le sénateur du Rhône, vos options sont déjà toutes connues. Comme en 1987, en 1993, en 1995, en 2003 ou en 2008, vous voulez imposer aux salariés et aux retraités de notre pays un véritable plan de super-austérité, vous inspirant des directives européennes et du plan de rigueur infligé notamment au peuple grec. Pour ce faire, vous allongerez la durée de cotisations et repousserez l’âge légal de départ à la retraite. Autrement dit, vous renoncerez à une mesure qui rassemble 63 % des Français : la retraite à soixante ans. Au final, comme toujours avec votre gouvernement, ce seront les salariés, les ménages et les retraités qui mettront la main à la poche ! Les entreprises et leurs actionnaires, grâce aux exonérations et aux exemptions de cotisations sociales, continueront d’accumuler les bénéfices réalisés sur le dos des salariés. Les financiers et les spéculateurs, qui prospèrent en fermant les usines ou les entreprises de notre pays – 680 000 emplois ont été supprimés depuis 2009 : du jamais vu ! – sont, quant à eux, encore et toujours épargnés. » Aux yeux des élus du groupe CRC-SPG, une autre réforme des retraites est possible. A condition de ne pas perdre de vue la question fondamentale de la juste répartition des richesses produites, donc de mettre à contribution tous les revenus, de sanctionner la financiarisation de l’économie, de favoriser l’emploi qualifié et l’investissement. Autant de propositions que les sénateurs communistes et du Parti de gauche développent, sous la houlette de Guy Fischer, dans un document de seize pages (1), une contribution au débat sur la réforme des retraites qui fourmille de contre-propositions. « En insistant sur l’aspect démographique de l’enjeu des retraites, et plus particulièrement sur le vieillissement de la population, le gouvernement entend montrer le caractère inéluctable de ses réformes, à défaut de quoi, la situation économique serait telle que le maintien de notre système de retraite, et de notre protection sociale dans son ensemble, serait impossible. Nous ne partageons pas cette analyse et considérons qu’il s’agit là d’un positionnement politique volontairement alarmiste », estiment-ils d’emblée dans ce document. Et de prôner une véritable révolution du financement de la sécurité sociale, en mettant fin notamment aux multiples et coûteuses exonérations de cotisations patronales. « Rien ne justifie aujourd’hui que la hausse de la productivité continue à profiter d’abord et avant tout aux actionnaires, aux spéculateurs, et non pas à celles et ceux qui, de par leur travail, y participent activement. C’est pourquoi nous proposons de moduler le taux de la part patronale de cotisations sociales. Le principe étant que plus les entreprises ont une politique vertueuse, moins leur taux de cotisation est important. Nous faisons le pari qu’un tel mécanisme constituera une véritable incitation à privilégier l’emploi et la rémunération du travail sur la spéculation. Toutes ces mesures sont destinées à garantir la pérennisation et le renforcement de notre système de protection sociale fondé sur la solidarité. Car nous entendons réaffirmer que poser la question des retraites, c’est d’abord et avant tout poser la question du choix de société que nous voulons collectivement construire. Elle repose pour nous sur un principe simple, bien travailler pour bien vieillir et repose sur un pilier, la solidarité. Contrairement au gouvernement et au patronat qui cherchent d’abord les moyens pour éviter que la production de richesses ne bénéficie pas aux salariés, nous considérons qu’il est impératif de partir des besoins collectifs pour trouver par la suite les réponses adaptées. »

(1) Des propositions alternatives, en voilà ! Contribution du groupe CRC-SPG à la réforme des retraites, document disponible sur www.groupe-crc.org.  Les parlementaires communistes organisent par ailleurs sur ce thème un colloque le 21 juin à l’Assemblée nationale.


Marie-France BEAUFILS Sénatrice d’Indre-et-Loire
Austérité
Les lois de finances rectificatives se suivent et se ressemblent. Dans une fuite en avant effrénée, les Etats de l’Union européenne adoptent plan sur plan pour s’adapter à la crise financière et à l’offensive spé- culative des marchés. Aussitôt, l’aide en faveur de la Grèce décidée, les spéculateurs sont repar- tis de plus belle, obligeant l’Union européenne à constituer un fonds de garantie de 750 milliards d’euros pour aider tous les pays européens en difficulté. Trois critiques majeures peuvent être faites : l’inefficacité, l’injustice de ces plans et l’impunité. Inefficacité, car les banques et donc le marché jouent le rôle de pompier pyromane : elles allument les incen- dies budgétaires et sont appelées au secours pour prêter de l’argent aux Etats. Injustice : bien entendu, ces aides sont accordées en échange de sacrifices. Qui en sont les victimes ? Les riches et responsables ? Non, le peuple, les salariés, retraités, chômeurs ou usagers des services publics. Baisse des salaires dans la fonc- tion publique d’abord, puis bien sûr, dans le privé, dans la foulée, baisse des pensions, recul de l’âge de départ à la retraite et privatisations, gel des dotations aux collectivités sont à l’ordre du jour. Un symbole en France : Nicolas Sarkozy refuse toute modification du bouclier fiscal, mais annonce la suppression de la prime de 150 euros accordée aux trois millions de foyers les plus modestes. Impunité, car jamais, il n’est décidé, et a priori évoqué de sanctionner les spéculateurs, les responsables des banques qui ont, par exemple, mis à genoux la Grèce. Les plans concoctés par l’Europe et le FMI sont de véritables baisers de la mort. Ils parlent solidarité, mais ils sèment les inégalités, le désarroi et la paupérisation de couches entières de la population. Le capitalisme, mis en cause, tente son va-tout. Il n’abdique pas et tente d’utiliser son propre déséquilibre pour imposer une terrible austérité aux peuples et renforcer ainsi le pouvoir des marchés et de l’élite financière. Le groupe CRC-SPG est le seul groupe sénatorial à rejeter cette véritable injustice au profit de ceux-là mêmes qui sont la cause de tous les maux. Il saura rappeler au cours des débats à venir et notamment celui des retraites, qu’une voie nouvelle s’impose : une nouvelle réparti- tion des richesses, et l’émancipation des peuples vis-à-vis du marché capitaliste.
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