Sénateurs du groupe CRC-SPG
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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.

EMPLOI, SALAIRES ET RETRAITES

Une avancée pour les employeurs mais pas pour les salariés

Par le groupe CRC / 1er juin 2010

Une proposition de loi du Nouveau centre remet en cause certaines obligations des employeurs vis-à-vis des salariés licenciés pour motif économique. Sous prétexte de lutter contre les propositions de reclassement « indécentes »...
137euros par mois pour un poste en Tunisie ; 450 pour un job en Hongrie. Les salariés de Continental ou ceux de Philips savent ce qu’est une proposition de reclassement au rabais. Comme des centaines d’autres salariés licenciés pour motif économique et confrontés à de semblables propositions « indécentes ». Un scandale presque quotidien qui a fini par émouvoir les Français et... la majorité ! Le Sénat a adopté le 5 mai, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale qui s’était déjà prononcée en juin 2009, une proposition de loi déposée par le Nouveau centre visant à empêcher les entreprises à recourir à de telles pratiques. A la clé : obligation pour l’employeur de proposer « une rémunération équivalente ». Un questionnaire devra également être adressé aux salariés concernés, lesquels disposeront de six jours ouvrables pour accepter de recevoir des offres à l’étranger, en devant préciser dans quel pays et à quels salaires. Est-ce pour autant la fin de ces propositions « indécentes » ? Pas le moins du monde. Paradoxalement, ces dispositions risquent de se retourner contre les salariés et de soulager bon nombre de patrons indélicats, qui vont pouvoir ainsi éviter que les syndicats saisissent les tribunaux. « L’employeur, analyse Annie David, en raison, d’une part, d’une procédure trop courte, et, d’autre part, de la faculté pour lui de rédiger comme il l’entend le questionnaire, sera en réalité dédouané et exonéré de son obligation de reclassement tout en pouvant produire en justice la preuve qu’il a respecté la loi. De fait, il échappera ainsi à tout futur contentieux.Toute la construction jurisprudentielle autour de l’obligation de reclassement en ressort fragilisée, pour la plus grande satisfaction de ceux qui la jugent trop renforcée, l’employeur étant contraint aujourd’hui de proposer une solution autre que le licenciement pour valider le licenciement économique. Pour l’entreprise, c’est une double avancée. C’est même une triple avancée, car, avec une obligation de reclassement ainsi allégée, l’employeur pourra encore plus facilement faire peser sur la collectivité nationale le poids de ses licenciements économiques, comme cela se passe par le biais de conventions de revitalisation. Certaines entreprises continueront d’investir en bourse, de toucher des aides publiques, de délocaliser et de licencier pour motif économique ou de proposer des postes « bol de riz » à l’étranger et de faire financer par l’État les emplois maintenus en France ». Ce texte, résume finalement la sénatrice de l’Isère, « a seulement pour objet d’aménager la manière dont ces offres seront faites aux salariés, et de faire en sorte que la politique salariale des entreprises s’étale un peu moins dans nos journaux à l’occasion des licenciements économiques ».

Marie-France BEAUFILS Sénatrice d’Indre-et-Loire
Austérité
Les lois de finances rectificatives se suivent et se ressemblent. Dans une fuite en avant effrénée, les Etats de l’Union européenne adoptent plan sur plan pour s’adapter à la crise financière et à l’offensive spé- culative des marchés. Aussitôt, l’aide en faveur de la Grèce décidée, les spéculateurs sont repar- tis de plus belle, obligeant l’Union européenne à constituer un fonds de garantie de 750 milliards d’euros pour aider tous les pays européens en difficulté. Trois critiques majeures peuvent être faites : l’inefficacité, l’injustice de ces plans et l’impunité. Inefficacité, car les banques et donc le marché jouent le rôle de pompier pyromane : elles allument les incen- dies budgétaires et sont appelées au secours pour prêter de l’argent aux Etats. Injustice : bien entendu, ces aides sont accordées en échange de sacrifices. Qui en sont les victimes ? Les riches et responsables ? Non, le peuple, les salariés, retraités, chômeurs ou usagers des services publics. Baisse des salaires dans la fonc- tion publique d’abord, puis bien sûr, dans le privé, dans la foulée, baisse des pensions, recul de l’âge de départ à la retraite et privatisations, gel des dotations aux collectivités sont à l’ordre du jour. Un symbole en France : Nicolas Sarkozy refuse toute modification du bouclier fiscal, mais annonce la suppression de la prime de 150 euros accordée aux trois millions de foyers les plus modestes. Impunité, car jamais, il n’est décidé, et a priori évoqué de sanctionner les spéculateurs, les responsables des banques qui ont, par exemple, mis à genoux la Grèce. Les plans concoctés par l’Europe et le FMI sont de véritables baisers de la mort. Ils parlent solidarité, mais ils sèment les inégalités, le désarroi et la paupérisation de couches entières de la population. Le capitalisme, mis en cause, tente son va-tout. Il n’abdique pas et tente d’utiliser son propre déséquilibre pour imposer une terrible austérité aux peuples et renforcer ainsi le pouvoir des marchés et de l’élite financière. Le groupe CRC-SPG est le seul groupe sénatorial à rejeter cette véritable injustice au profit de ceux-là mêmes qui sont la cause de tous les maux. Il saura rappeler au cours des débats à venir et notamment celui des retraites, qu’une voie nouvelle s’impose : une nouvelle réparti- tion des richesses, et l’émancipation des peuples vis-à-vis du marché capitaliste.
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