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Les communiqués de presse

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« Pas de bébés à la consigne », un enjeu de société

Petite enfance -

Par / 26 mai 2011

Au nom du groupe CRC-SPG vous avez été à l’initiative d ‘un débat en séance publique sur la petite enfance, quelle était votre objectif ?

Il y a un an, Nadine MORANO – alors en charge de la petite enfance – a pris le décret organisant l’inscription en surnombre des enfants et réduisant le nombre d’encadrants dans les crèches, depuis la petite enfance est au cœur d’un mouvement social et sociétal que nous ne pouvons ignorer.
Non seulement les professionnels de la petite enfance, les associations et collectifs, à commencer par « pas de bébés à la consigne » dénoncent ces mesures, mais ils sont également force de propositions. Ce sont ces propositions que nous avons voulu mettre en débat, particulièrement dans un contexte, marqué par un important déclin de la politique familiale et par l’application de la politique de rigueur à la petite enfance.

Quelle forme cela prend-il ?

C’est d’abord et avant tout une pénurie, j’aurais envie de dire organisée, du nombre de places de garde. Il manque aujourd’hui au moins 400 000 places de garde. Or elles sont indispensables aux enfants comme aux parents. Aux enfants d’abord car tout le monde le reconnaît, l’expérience des professionnels intervenant dans les crèches, comme la présence des autres enfants, constituent des apports pédagogiques indispensables à leur construction et à leur épanouissement. Aux parents aussi, car la reprise d’activité professionnelle des femmes dépend de l’accès aux modes de garde de leurs enfants. C’est donc un vrai enjeu de société.

Mais cela affecte également les aides sociales à destination des familles. Alors que Nicolas SARKOZY s’était engagé à étendre, comme nous le demandons, les allocations familiales dès le 1er enfant, nous n’avons rien vu venir. Et les majorations de ces allocations sont telles qu’elles ne permettent pas aux parents de compenser les effets de l’inflation.

Et la réponse du gouvernement vous a-t-elle rassurée ?

Pas du tout, au contraire. Madame MONTCHAMP campe sur son plan de création de 200 000 places, dont 100 000 seulement en crèches. C’est très en deçà des besoins réels. Et le choix qui est fait de privilégier les modes de gardes individuels ou non sociaux est symptomatique de la politique du gouvernement qui ne considère plus les tout-petits que comme des coûts. Pourtant, toutes les études le prouvent, les crèches constituent les structures plébiscitées par les familles, notamment les plus modestes.

Et le plus grave reste sans doute à venir. Nous sommes intervenues, avec ma collègue Eliane ASSASSI, pour exiger une offre publique de garde de la petite enfance, à tarif raisonnable et avec un haut niveau de compétences. Le gouvernement, l’UMP et le Centre ont tous défendu eux de nouvelles dérégulations. Ils s’en sont pris aux règles d’hygiènes et de sécurité qu’ils veulent « assouplir », n’hésitant pas à faire l’assimilation entre les crèches et le domicile des parents. Un sénateur UMP est même intervenu sur la question de la formation des professionnels en précisant que dans le passé, un temps que visiblement il regrette, les mères aux foyers qui gardaient leurs enfants avec amour ne faisaient pas un si mauvais travail que cela. D’une certaine manière cela revient à dévaloriser la formation que le gouvernement a déjà considérablement réduite.

Enfin j’ai été très choquée par les attaques concernant l’école maternelle et la manière dont les deux intervenants de l’UMP ont défendu les jardins d’éveil. Actuellement, les parents connaissent de plus en plus de difficultés pour faire scolariser leurs enfants entre 2 et 3 ans. On sait pourtant que cette scolarisation précoce est un facteur de lutte contre les inégalités sociales et scolaires. Naturellement on doit tenir compte de l’enfant lui-même, mais si on veut que cette scolarisation soit effective, alors il faut, comme notre collègue Brigitte GONTHIER-MAURIN le propose dans la proposition de loi qu’elle a initiée pour notre groupe, qu’elle devienne un droit effectif. Or non seulement la droite y est farouchement opposée, mais elle propose de généraliser les jardins d’éveil. Ce sont des structures privées. Son financement repose exclusivement sur les collectivités locales, ce qui permet au gouvernement de se désengager financièrement de la politique en direction des tout-petits et sur les parents ce qui entraîne immanquablement la reproduction des inégalités sociales. Alors que l’école maternelle contribue à les réduire, les jardins d’éveil les reproduisent.

Quelles suites prévoyez-vous ?

Ce débat n’est qu’une étape dans un processus qui a germé depuis le 9 mai dernier, date à laquelle nous avons organisé au Sénat un colloque intitulé « Nos enfants ne nous font pas peur, mais le sort qu’on leur réserve nous inquiète ». Il y a eu plus de 90 participants et tous nous ont fait part de leur volonté que le travail ne s’arrête pas là. Nous sommes à l’heure actuelle entrain de travailler à la rédaction des actes de ce colloque, afin que l’on en garde une trace écrite. Mais bien évidement il faudra aller plus loin.

D’ici peu, nous proposerons à celles et ceux qui le souhaitent de constituer avec nous un groupe de travail sur la petite enfance, avec l’ambition d’élaborer une proposition loi cadre concernant ce sujet. Il faut sortir de la logique qui veut que le Parlement ne débatte de cette question qu’au travers de l’examen des lois de financement de la sécurité sociale. Nous devons d’abord poser les bases politiques de ce que nous voulons pour les jeunes enfants, et dans un deuxième temps poser la question du financement.

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