Au Nepomukfest de Neuenburg, la bratwurst unit la France et l’Allemagne

La « Nepomuk » est une des plus vieilles fêtes du Bade-Wurtemberg. À deux pas de la frontière française, elle attire de nombreux Alsaciens à Neuenbourg, qui y cherchent convivialité, loisirs et bonne chère. Tant mieux, c’est l’objectif de ses promoteurs qui font de cette institution un pont festif entre la France et l’Allemagne.

La « Nepomuk » est une des plus vieilles fêtes du Bade-Wurtemberg. À deux pas de la frontière française, elle attire de nombreux Alsaciens à Neuenbourg, qui y cherchent convivialité, loisirs et bonne chère. Tant mieux, c’est l’objectif de ses promoteurs qui font de cette institution un pont festif entre la France et l’Allemagne.

L’entrée est la même depuis des années : le dimanche 10 juillet, au-delà de l’artère principale de circulation de Neuenburg am Rhein, après les restaurants, kebabs et glaciers de la place de la mairie, le spectateur rencontre une sorte de portail de style médiéval qui porte le portrait de celui à qui Fest a donné son nom : saint Jean Népomucène, prêtre du XIVe siècle.

Les bars et terrasses sont entourés de faux « murs » et de banderoles rappelant les tournois de joutes. Cette année, seules deux rues de la ville de 12 000 habitants face à Ottmarsheim sont dédiées à la Fête Nepomuk.

Créé en 1968, ce festival s’étend généralement sur quatre jours au début de l’été et occupe plusieurs allées. La nourriture de rue, les stands forains, la scène musicale et la piste de danse partagent généralement la rue, tout comme les manèges et la grande roue. Ces derniers sont absents de cette édition… pour des raisons de place.

Les panneaux « 10 € pour 10 coups » semblent être des restes des soirées précédentes. « Le soir, il y a beaucoup plus de monde, les gens viennent aux concerts et pour boire un verre », raconte Hannah, bénévole au bar du stand de l’association du carnaval Klosterkopfhexen. Ce dimanche, le programme consiste principalement en une série de fanfares sur la scène au milieu de l’allée. Ce même matin, le traditionnel service œcuménique réunissait des croyants catholiques et protestants.

Hannah a de quoi comparer les dépenses, elle qui a fait Nepomuk plus de 20 ans. La trentenaire a commencé à servir des gaufres au stand quand elle était jeune et maintenant elle sert des bières ! Elle est fière d’être présente à cet événement très important pour son association, qui tire « la quasi-totalité de ses liquidités » de ces quatre jours de célébrations.

A y regarder de plus près, il est vrai que tous ceux qui servent des frites et des saucisses, slaloment entre les tables, transpirent devant le poêle, sont des bénévoles d’un club de sport. TV Neuenburg 1926 propose des grillades, le FC Neuenburg, tout en jaune vif, sert des « Gyros Box » (boîte à kebab) et des « Schupfnudeln » (sortes de gnocchis allemands)… On déguste des bières sur des tables hautes, grâce au FC Auggen, un Voisin club de football.

Parmi les spectateurs se trouvent Brigitte, l’exilée suisse de Baden Ecki et leurs fils Adrian et Roman. Il y a aussi Anna, la petite amie de Roman, et Cecilia, Milena et Amy, les petites-filles. Brigitte vient toujours au Nepomukfest car elle aime « rencontrer des connaissances » qui « n’auraient pas l’occasion de se rencontrer ailleurs ». Le granit à la main, toute la petite famille défend l’événement quand on se demande pourquoi il n’y a pas de grande roue : « Il y a encore des forains, du tir à air comprimé, des fléchettes… », souligne Brigitte.

Aux côtés d’Adrian, qui suppose qu’il était là avec des amis pour quelques bières la nuit précédente, Ecki explique que la fête est un rituel pour les habitants :

« Le lundi, les gens viennent généralement avec leurs collègues pour une bratwurst après le travail. Puis tous les habitants se retrouvent pour le traditionnel feu d’artifice. »

qui n’aura pas lieu cette année. Le maire Joachim Schuster a expliqué dans le Badische Zeitung que la ville abrite une centaine de réfugiés ukrainiens et qu’il n’était « pas judicieux d’utiliser des pétards et autres lumières clignotantes pour évoquer des souvenirs de guerre ».

Des Français ravis, entre fidèles et nouveaux venus

Arnaud, sa femme et ses enfants viennent chaque année de Morschwiller-le-Bas, une commune proche de Mulhouse. Il est 13h et la petite famille se précipite à l’entrée pour déguster saucisses et frites :

« Nous aimons beaucoup l’Allemagne, l’ambiance là-bas, la gastronomie… Nous n’avons pas l’habitude de célébrer les fêtes de village, mais celle-ci ne nous manque jamais ! »

Giuseppe, un autre Français, montre le domaine de son amoureuse Magali, venue de Besançon pour l’occasion. Il aime les fêtes de village, « surtout quand il s’agit de folklore, de culture, peu importe le pays ! « Pourtant, il ne savait pas qu’il y avait une fête à Neuchâtel ce week-end, il était surtout de passage pour acheter des cigarettes… Tant mieux pour Magali, qui de chez elle a découvert un univers « tout à fait différent ». Avant son départ, Giuseppe veut faire une autre visite de la ville pour laver l’influence italienne chez les Allemands, dont l’intérêt pour le Transalpin l’a vanté. Les deux glaciers de la place principale, où les Italiens servent, ne démentiront pas la rumeur.

Plus loin, au milieu de la foule, une petite famille en « Caisse d’Épargne » rayonne des vêtements de vélo floqués « Cocorico ». Bingo, c’est ce que les Parisiens ou les Franciliens sont en déplacement. Ludovic, Anne et leurs enfants Sarah et Simon s’y sont retrouvés par hasard : « Nous faisons du vélo de Colmar à Constance », explique le père, qui a la quarantaine. « Aujourd’hui, nous allons à Bad Bellingen (une petite ville thermale) et Neuenburg était en route. » Ils en remplissent les oreilles, les yeux et les papilles :

« C’est charmant, ça dépayse, écoutez la fanfare, on est en Allemagne ! » Nous venons de déjeuner dans un restaurant traditionnel avec des serveuses en dirndls. Nous avons vraiment apprécié le schnitzel! »

Certes, les « Harmonika-Freunde » de la ville voisine de Müllheim, ravies par une version à succès de « Mon manège à moi » d’Edith Piaf, rendent la conversation plus difficile. Mais heureusement qu’ils sont là, ces musiciens de tous âges, pour animer la rue, qui autrement ne résonne que d’offense (« Cheers ! » s’entend partout). Au pied de la scène, Helga et Raimund dansent avec exubérance sur « la Môme ».

Un symbole de l’amitié franco-allemande

Ces touristes bavarois parlent de leur « amour pour la France » : « J’adore la chanson ‘Unter dem Himmel von Paris’ », dit Raimund :

« J’ai essayé d’apprendre l’accordéon mais je n’ai jamais réussi. Alors quand on est en France, je demande à des musiciens de rue de le jouer. A chaque fois qu’on danse. »

Avec sa femme, il entreprit un court aller-retour à travers l’Alsace et le Bade-Wurtemberg. Ils ont le musée de l’automobile à Mulhouse, la route des vins (« Riquewihr, c’était super », pointe Helga) et s’apprêtent à se rendre au « musée de la moto » (en fait « Grange à vélos » à Bantzenheim, village proche de Chalampé et Ottmarsheim ). Raimund ne tarit pas d’éloges sur la France, dont il connaît surtout le sud car il a travaillé chez Airbus. Les Alsaciens le font rire avec ses propres mots : « Ce ne sont pas les mêmes Français que dans le sud, ce sont des Français ‘Allemands' ».

Sans le savoir, Raimund et Helga, avec leur enthousiasme et leur fan attitude tricolore, symbolisent tout ce que Nepomuk voulait être à l’origine : un pont entre les peuples et un événement dédié à l’amitié franco-allemande. L’élection du deuxième week-end de juillet serait proche du 14 juillet pour coïncider avec la fête nationale française. Et puis Saint Jean Nepomucène est le patron des ponts et des bateliers, alors…

Adossés à une table haute, chacun une bière à la main, Ty, Lexes et Joey sont tout droit venus de l’Indiana (« en plein milieu des États-Unis », nous dit Joey pour nous situer). Ty plaisante sur le fait d’être ici : « Je suis venu il y a trois ans, et quand j’ai entendu que Nepomuk revenait en 2022, j’ai sauté dans un avion pour revenir ! ». Ce grand barbu à lunettes de soleil dit à moitié vrai : Il a vraiment apprécié la fête de 2019 mais il est revenu au travail.

Avec ses camarades ils séjournent à Weil-am-Rhein (ville frontalière allemande à Bâle) pour un « voyage de travail » de quelques semaines. Votre entreprise y a son siège européen. Aujourd’hui, ils sont venus à Neuchâtel pour retrouver Phil, un collègue allemand qu’ils connaissent depuis une dizaine d’années. Pour elle, cette fête de rue est l’excuse parfaite pour se baigner dans le folklore allemand : « C’est un peu comme les ‘County Fairs’ (foires locales) qu’on peut avoir chez soi, sauf qu’aux US on ne mange pas tout frit’ remarque Joey. « Ici on valorise currywurst, spaetzle, merguez… ».

Ty se précipite sur la choucroute en conserve, « la seule spécialité allemande (sic) que vous pouvez trouver [nous] » : « C’est vraiment pas bon. Ici on sent que c’est le vrai goût de la vraie choucroute. » Et le jour où il goûtera l’Alsace ?

Où sortir avec les enfants Haut-rhin ?

Où sortir avec les enfants Haut-rhin ?
  • Vieille ville. 4695. Monuments &AMP ; Caractéristiques touristiques. …
  • Petite Venise. 5904. Trimestre. …
  • Musée national de l’automobile – Collection Schlumpf. 2797. Musées spécialisés. …
  • Château Saint-Ulrich. 143. Serrures. …
  • Vieille ville. 1490. Sites &AMP ; Caractéristiques touristiques. …
  • Vieille ville d’Eguisheim. 1 746 …
  • ville ferroviaire. 1 666. …
  • Château de Kayserberg. 378

Quel est le plus bel endroit en Alsace ?

Quel est le plus bel endroit en Alsace ?

S’il ne fallait visiter qu’un seul village sur la célèbre Route des Vins, ce serait Riquewihr. Ce village populaire est très agréable et possède une atmosphère très particulière avec ses fortifications, son château, ses vieilles maisons, ses belles cours pavées et ses rues charmantes.

Quelle est la plus belle ville d’Alsace ? Éguisheim et ses maisons à colombages Maisons à colombages, géraniums et cigognes, un décor de carte postale « made in Alsace » vous attend. Niché au cœur des vignes, à 15 minutes de Colmar, Éguisheim fait partie des plus beaux villages de France et a même été élu village préféré des Français en 2013.

Accueil Mode Au Nepomukfest de Neuenburg, la bratwurst unit la France et l'Allemagne