Bruno Le Maire encourage le profit pour l’avenir

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Written By Charlotte Sander

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« Nous avons gardé notre ligne politique : valoriser le travail, ne pas augmenter les impôts, sans baisser les dépenses publiques », a plaidé le numéro deux du gouvernement, Bruno Le Maire, après des débats houleux à l’Assemblée nationale.

A Bercy depuis cinq ans déjà, un record sous la Ve République, l’ancien LR d’1,90 m aux yeux bleu acier se retrouve en mouvement sur le premier grand sujet du nouveau quinquennat, chargé de trouver les voix de droite manquantes. . la majorité.

« Il était au front, extraordinaire », a salué un collègue ministre… quitte à faire de l’ombre à Elisabeth Borne ?

« Il a tout fait pour y parvenir (des accords) en revenant sur certaines décisions du gouvernement sur le carburant » et « il a été respectueux des engagements pris », a déclaré la députée d’Arrondissement Véronique Louwagie.

Même Éric Coquerel, président de la commission des finances de LFI, voit en lui « l’un des rares ministres qui tient la route » : « Il défend la politique de l’offre, de la compétitivité à l’attraction des capitaux. Je pense que c’est complètement faux, mais au moins il le fait ». avec talent » et « prend sa corde », dit-il.

Une autorité reconnue

Une autorité reconnue

En effet, il y a eu des moments de tension dans l’hémicycle, comme le 23 juillet, où un amendement a été adopté contre son gré pour donner 120 millions d’euros aux départements en compensation de la hausse du RSA. « Il était minoritaire et battu, et il avait l’intelligence politique de jouer le compromis plutôt que de l’obtenir », note Éric Coquerel.

Les Insoumis pointent, au contraire, la nouvelle discussion, dans les dernières heures fin juillet, pour revenir sur un vote qui dope les retraites.

« Il nous a dit un gros mensonge », a déclaré Sébastien Chenu (RN), abordant l’ambition « pas nouvelle » du ministre qui avait été candidat à la primaire LR à la présidentielle de 2017.

Toujours est-il qu’aux yeux de ses followers, Bruno Le Maire « sort renforcé » de la suite. « Il a montré son professionnalisme, son autorité », a déclaré son ancien directeur de cabinet adjoint à Bercy, Louis Margueritte, élu député en juin, comme d’autres anciens collègues, Charles Sitzenstuhl et Charles Rodwell.

« Concentré »

« Concentré »

Stable pour la prochaine élection présidentielle de 2027, à laquelle Emmanuel Macron ne pourra pas se présenter ? Le quinquagénaire l’interpelle : « Je me concentre sur mon métier, au service des Français. Je ne fais plus de plans pour la comète, je vis dans l’instant, le métier est absolument passionnant. »

Il reste prudent après sa cuisante défaite (2,38 %) à la primaire LR 2016 remportée par François Fillon, un choc dans le parcours sans heurts de ce savant, élève des beaux quartiers, normalien et énarque, et « a grandi dans les couloirs de cabinets « ministériels », comme il le dit.

En rejoignant Emmanuel Macron au soir de sa victoire en 2017, l’ancien ministre de l’Agriculture Nicolas Sarkozy, que l’on considérait parfois seul, a su rebondir. Et son déménagement pendant la pandémie a établi sa crédibilité.

Bruno Le Maire affirme s’entendre parfaitement avec le chef de l’Etat, auquel il est resté fidèle, comme avec Elisabeth Borne, ingénieure comme il les aime. Il n’a pas hésité à côtoyer, notamment sur la réforme des retraites ou la taxe carbone, les anciens Premiers ministres Jean Castex et Édouard Philippe, envisageant son adversaire pour 2027 avec son groupe de 30 députés, Horizons.

« Manque de proximité »

« Manque de proximité »

Le ministre ne croit pas à une résurgence du centre-droit et défend une défaite politique – il entend peser aux extrêmes des idées du parti de la Renaissance (ex-LREM). Mais « ses idées le ramènent à droite », souligne Véronique Louwagie (LR), qui estime aussi qu’il n’a aucune « proximité » avec les Français.

Prochaine étape pour le patron de Bercy : construire le prochain budget, « l’un des principaux rendez-vous politiques de la rentrée », annonce-t-il.

Un autre ambitieux de gauche, Gérald Darmanin, devra attendre le projet de loi sur l’immigration, reporté à la demande de Matignon au profit d’un « grand débat » en octobre.