Dans les archives Match – Dans l’atelier de Joan Miró

Le 08/03/2022 à 07:00, Mis à jour le 08/03/2022 à 11:56

Il y a 60 ans, le peintre Joan Miró recevait nos journalistes dans son atelier… A l’été 1962, le Musée d’Art Moderne de Paris présentait la plus grande exposition jamais consacrée à Joan Miró, l’occasion pour Match d de rencontrer le peintre barcelonais qui avaient depuis longtemps quitté Montparnasse et les surréalistes pour les siurell majorquins. C’est à Palma, à l’ombre du soleil entrelacé de son studio, que le photographe Tony Saulnier et le journaliste Jean Saucet avaient retrouvé Miró, pour le voir à l’œuvre et retracer son histoire, de son enfance dans l’Eixample à la poussée d’Hemingway, des années de misère jusqu’à la consécration.

« L’âme de l’atelier de Miró est le soleil des palmiers entrelacés suspendus à un fil : un double symbole de son culte solaire et de son amour pour le folklore. » – Paris match n°691, 7 juillet 1962

© Tony Saulnier / Paris match

« Il y a un miroir dans le nom de Miró » écrivait le poète Jacques Prévert. Ce miroir brisé, dans lequel se reflète le peintre, est un symbole solaire que l’on retrouve souvent dans ses œuvres : les rayons qui brillent sur son île, Majorque. – Paris match n°691, 7 juillet 1962

© Tony Saulnier / Paris match

« Les palmiers de Majorque, la végétation méditerranéenne complexe de l’île, les objets les plus humbles, la roue de la noria, les figurines en terre et même les racines des arbres sont les matériaux de son travail. » – Paris match n°691, 7 juillet 1962

© Tony Saulnier / Paris match

« Miro est aussi sculpteur. Voici l’atelier de son potier Artigas, qui cuisine et émaille ses modèles depuis 1950.  » – Paris match n°691, 7 juillet 1962

© Tony Saulnier / Paris match

« Miro a fourni à nos journalistes des toiles représentatives de ses différentes voies. Contre le mur, de gauche à droite : 1919 « Village de Montroig » ; 1929 « Collage » ; 1937 « Tête » ; dans la roue : 1948 « Groupe de personnages dansant la sardane » ; 1951 « Libellule à nageoires rouges poursuivant un serpent qui s’envolait vers la comète » ; ci-dessus, 1946 « Ferme et oiseau au lever du soleil » ; et enfin 1960 « Homme et femme devant le soleil », Sur le sol, oeuvres sur carton de 1960 à 1961. Mirò n’est pas un peintre abstrait. Il représente des objets simples et la vie quotidienne à sa manière ». – Paris match n°691, 7 juillet 1962

Miró apporte à Paris le soleil de Majorque

Miró apporte à Paris le soleil de Majorque

© Tony Saulnier / Paris match

« Hier il y avait Lluchmayor et Bendinat, aujourd’hui c’est Alcudia : Miro a besoin d’un contact constant avec la nature et la vie. A soixante-neuf ans, il parcourt chaque jour une dizaine de kilomètres. « Le contact renouvelé avec ma terre, dit-il, est la condition de mon inspiration. » – Paris Match n°691, 7 juillet 1962

© Tony Saulnier / Paris match

« Devant la maison de Miro, la terrasse ombragée surplombe la mer. Souvent toute la famille s’y retrouve pour un pique-nique : sa femme Pilar, Dolores sa fille avec son mari et ses deux petits-enfants : David Davicin (cinq ans) et Emilio (trois ans) – Paris match n°691, 7 juillet 1962

Un dessin fait au savon à barbe

© Tony Saulnier / Paris match

« Un tube de gouache écrasé sur un papier imbibé, puis la main du peintre qui étale la couleur. Mais ce n’est qu’un début. C’est après avoir contemplé cette ébauche pendant des jours que Mirò, en quelques traits précis et rapides, en fera une œuvre définitive. – Paris match n°691, 7 juillet 1962

© Tony Saulnier / Paris match

« Mon père était très strict, très strict, très réaliste ; ma mère, très ouverte à toutes sortes d’idées, contrebalançait son influence ». Miro a un respect pour la mémoire de ses parents. Il a dédié à leur mémoire deux pièces de sa maison, où il vient se recueillir. – Paris match n°691, 7 juillet 1962

© Tony Saulnier / Paris match

Il est payé à coups de poing

« Il arrange tout méticuleusement : la disposition de ses pinceaux sur leurs bureaux est presque un rituel magique. » – Paris match n°691, 7 juillet 1962

© Tony Saulnier / Paris match

« Il n’a pas d’heures de travail. Il peut passer huit jours sans peindre, ou peindre douze heures sans s’arrêter. – Paris match n°691, 7 juillet 1962

© Tony Saulnier / Paris match

Le pinceau peint d’abord seul

Joan Miró chez lui à Majorque, en juillet 1962.

© Tony Saulnier / Paris match

Voici le reportage consacré à Joan Miró, publié sur Paris Match en 1962.

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Qui est à la tête du journal Le Monde ?

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Paris match n°691, 7 juillet 1962

Par Jean Saucet / Photo Tony Saulnier

Comment joindre Paris Match ?

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Le Musée d’Art Moderne de Paris ouvre cette semaine la plus grande exposition (110 toiles, 40 sculptures, 40 gouaches et aquarelles) jamais consacrée au plus célèbre peintre espagnol de notre temps avec Picasso : Joan Miró. Cette exposition relate les cinquante années de travail d’un homme dont les œuvres sont aujourd’hui pratiquement introuvables tant les collectionneurs en raffolent. Il aura fallu la vente de charité au profit des sinistrés de Fréjus pour qu’un Miro subisse le feu de la vente aux enchères. Il s’est vendu 12 800 000 AF. C’est le prix le plus élevé réalisé juste derrière Picasso (15 millions) et loin devant Braque et Chagall. L’année dernière, un sondage international classait Picasso, Miró et Braque parmi les « Trois Grands » de la peinture moderne. Nos journalistes ont réussi à pénétrer l’intimité de cet homme réservé qui ne vit que pour son art et qui est le solitaire de Majorque.

  • Dans les rues blanches de Palma, un septuagénaire trapu, au visage lunaire, vêtu d’une chemise, ramasse une pierre – en raison de sa forme bizarre, elle casse une ronce en raison de sa courbe inattendue. Chaque jour, une longue marche le met en contact avec la terre. Ce vieil homme a gardé la merveille de l’enfance. Reste le garçon qui s’était jadis perdu à Barcelone, l’âme barrée par l’étonnement de la rue : les graffitis, le monument à Christophe Colomb, l’enseigne d’une bodega et même les étranges trésors du musée roman.
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  • Mais lui, l’enfant Mirò, ne savait pas qu’il était peintre. Rêveur, réservé, retiré du monde – et du monde des jeux comme des cours – il rêvait de grandes choses : devenir célèbre, ingénieur ou médecin de la reine, ou peut-être pharmacien. Attendre; pour oublier un peu la saleté des pupitres et la baguette coercitive, il demande à ses parents l’autorisation de prendre des cours de dessin à l’école.

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