Gouvernement : Après le « mépris », le Sénat est-il devenu « the place to be » ?

Dormant dans leur somptueux palais du jardin du Luxembourg, ils étaient presque oubliés. Mais les sénateurs ont récupéré le poil de la bête. En l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale, les 348 élus de la Chambre haute retrouvent un rôle crucial dans la vie parlementaire et l’approbation des lois. Dominé par la droite et le centre, le Sénat est ainsi devenu un allié utile de l’exécutif sur le chantier de la santé ou celui du pouvoir d’achat. Les députés s’amusent aussi des récentes déclarations d’amour d’Elisabeth Borne et de son gouvernement, après cinq ans de relations souvent tendues. Mais pourquoi le Sénat est-il devenu the place to be?

Il retrouve un rôle décisif

Il retrouve un rôle décisif

Soyons honnêtes, le retour en grâce des sénateurs n’est pas vraiment de son fait. C’est surtout le résultat de la gifle infligée à la coalition présidentielle lors des élections législatives de juin dernier. « Les macronistes n’ayant pas la majorité absolue à l’Assemblée et ne pouvant plus utiliser le 49-3 tire-larigot*, le Sénat a désormais une place à part. Le gouvernement est obligé de trouver un accord avec la majorité sénatoriale de droite. , au point qu’on se demande parfois, qui est l’idiot utile de qui », assure Patrick Kanner, le leader du groupe socialiste.

A de nombreuses reprises sur le projet de loi santé ou le texte sur le pouvoir d’achat, sénateurs de droite et gouvernement ont trouvé des points de convergence pour faire avancer les débats. « L’exécutif ne peut plus compter uniquement sur l’Assemblée pour voter ses lois. Il y a donc eu des gestes envers notre majorité, sans doute plus par nécessité que par conviction, mais le Sénat retrouve enfin une place primordiale », se félicite le sénateur LR du Rhône François-Noël Buffet, président de la commission des lois.

Il reçoit les mamours du gouvernement

Il reçoit les mamours du gouvernement

Le précédent mandat de cinq ans semble bien loin. Échaudés notamment par la commission d’enquête du Sénat sur l’affaire Benalla à l’été 2018, Emmanuel Macron et sa majorité entretiennent depuis cinq ans des relations tumultueuses avec les membres du Palais du Luxembourg. Plusieurs ministres ont fui les rangs du Palais du Luxembourg, alors que le chef de l’Etat songeait également à le remplacer. « Il n’y a pas si longtemps, il n’y avait rien de pire que le Sénat ! C’était seulement s’il ne fallait pas l’affaiblir, voire le supprimer. Là, du coup, on le retrouve plein de qualité, tant mieux… », François-Noël Buffet (LR).

Dès sa première allocution devant les sénateurs, le 6 juillet, Elisabeth Borne a abondamment vanté « l’expérience et les pratiques » du Sénat, « équilibre force et apaisement de nos institutions ». Des mots doux non anodins, selon Patrick Kanner. « Le Sénat a été snobé après l’affaire Benalla, soyons clairs, car Emmanuel Macron a une rancune tenace. Mais les récentes déclarations d’amour du Premier ministre ne visent pas l’ensemble du Sénat, seulement la majorité de droite qui en a besoin. qualifie le sénateur PS.

Il se rêve en temple de la sagesse

Il se rêve en temple de la sagesse

A l’intérieur du palais du Luxembourg, les échanges sont parfois vifs, mais jamais sans courtoisie. Les sénateurs aiment cultiver leurs différences avec l’Assemblée nationale, où le tumulte et le bruit sont régulièrement invités. « Regardez, on ne vient pas en bras de chemise et on ne renverse pas les bureaux. Au Sénat, on travaille tellement bien, certains disent même mieux que les députés, mais avec une autre approche de la démocratie, qui n’est pas vraiment celle d’un syndicat étudiant », ironise Patrick Kanner. Lors des dernières séances, les ministres ont également semblé apprécier la modération des élus. « Les débats sont courtois, car le Sénat est un lieu de compromis. Ici, on fait avancer les lois alors que les débats sont gelés à l’Assemblée », assure François Patriat, le patron du groupe macroniste. Elisabeth Borne a également indiqué que plusieurs projets de loi seront examinés au Sénat « en première lecture pour aller plus loin, pour être moins dans le coup politique ».

* Depuis la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008, hors financement des projets ou financement de la Sécurité sociale, l’article 49.3 ne peut être utilisé que sur un seul texte au cours d’une même session parlementaire.

Les prochaines élections sont les législatives de juin 2022.

Comment se passe les législatives 2022 ?

Comment se passe les législatives 2022 ?

Les élections législatives se tiendront les 12 et 19 juin 2022, deux mois après l’élection présidentielle. Ils le faisaient tous les cinq ans. Le Président de la République est élu au suffrage universel direct, uninominal (vote pour un seul candidat), à deux tours.

Qui élirons-nous aux élections législatives de 2022 ? Ensemble! Les élections législatives françaises de 2022 se sont tenues les 12 et 19 juin 2022 pour l’élection des 577 députés de la 16e législature de la Ve République.

Qui est le chef de la majorité parlementaire ?

Qui est le chef de la majorité parlementaire ?

Contrairement à d’autres régimes parlementaires, et notamment anglo-saxons, c’est rarement le chef de la majorité qui est nommé Premier ministre, car le chef de la majorité est généralement le président.

Comment s’appelle le chef du parlement ? Elle est dirigée par un président élu par tous les sénateurs ou par tous les députés au scrutin secret pour toute la durée de la législature, soit trois ans pour le Sénat et cinq ans pour l’Assemblée nationale.

Qui est le chef du gouvernement dans un régime parlementaire ?

Système parlementaire Constitutionnellement, il n’est pas le chef du gouvernement, seulement président du Conseil des ministres et détenteur du pouvoir exécutif, le monarque délègue démocratiquement la gestion du pays à l’élu.

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