Il devient ingénieur junior malgré une paralysie cérébrale

Atteint d’une méningite, Guy Martial Ngowa Nzali défie toute détection en devenant ingénieur junior en génie logiciel, dernière étape avant de pouvoir passer l’examen de l’Ordre. Ce diplômé de l’École de technologie supérieure (ÉTS) espère maintenant développer des outils qui pourront aider les personnes ayant des handicaps similaires.

Son parcours pour arriver là où il se trouve aujourd’hui n’a pas été facile. Essentiellement, sa paralysie affecte la zone de son cerveau qui s’occupe du mouvement.

« Donc, cela affecte vraiment ma mobilité, mes compétences mécaniques et beaucoup d’autres choses. Cela affecte également mon discours; J’ai du mal à parler », a-t-il quand même expliqué. Malgré tout, il gardera le sourire tout au long de l’interview.

« Je veux pouvoir développer des logiciels qui permettront aux personnes handicapées de s’intégrer dans notre société », a-t-il déclaré.

Aujourd’hui, il est indépendant, s’adaptant au quotidien avec les difficultés liées à son handicap, même si des gestes banals, comme nouer ses lacets ou boutonner sa chemise, peuvent lui donner du fil à retordre. Comprendre quand parler n’est pas toujours facile non plus.

Depuis son arrivée au Québec il y a huit ans, il a appris à vivre seul, mais le chemin vers cette indépendance a longtemps été difficile.

« Je ne suis plus la même personne maintenant. Je viens de loin, dit-il. Jusqu’à l’âge de sept ans, j’avais du mal à mettre quoi que ce soit dans ma bouche, je ne pouvais pas me contrôler ; elle bavait jusqu’à ce que je renverse à nouveau comme un bébé. »

Grâce au soutien de ses parents et de ses proches, il est déterminé à arriver là où il est aujourd’hui. Sa mère a abandonné son travail d’avocate d’affaires pour s’occuper de lui. Son père l’a également soutenu tout au long de son parcours.

L’école, dans son pays le Cameroun, n’était pas visible. Il ne pouvait pas prendre ses propres informations lorsque les professeurs expliquaient un sujet, il dépendait de l’aide de ses amis.

« Je ne pouvais pas écrire en classe, alors j’ai pris des copies des livres de mes amis », a-t-il déclaré. Certains enseignants lui ont également préparé des résumés des leçons qu’ils avaient apprises.

Après ses études au Cameroun, M. Nzali souhaitait obtenir un diplôme universitaire en France ou au Québec. C’est finalement l’hébergement offert par l’ÉTS qui l’a convaincu de venir à Montréal.

Même après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, trouver un emploi demeure un défi.

« Les recruteurs ne sont pas très compétents. C’est l’un des projets sur lesquels j’ai l’intention de travailler : faire connaître le monde des personnes handicapées », a-t-il déclaré. Avec le soutien de l’ÉTS, qui a assumé le rôle d’intermédiaire, il a pu trouver du travail.

Après avoir bénéficié de l’aide de ses proches pour en arriver là où il est aujourd’hui, c’est à lui maintenant de réagir. Il a récemment accueilli chez lui un de ses frères cadets, qui a suivi ses traces en étudiant en génie mécanique à l’ÉTS.

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