Les « Charlie’s Angels » de la mercerie Cœur de Lyon 7ème

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Written By Charlotte Sander

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La mercerie Cœur est implantée depuis plus de 80 ans à deux pas de La Guillotière, dans le 7ème arrondissement de Lyon. Un endroit idéal pour voir le renouveau post-covid de la couture ainsi que l’évolution de la région. Rencontrer.

« Nous sommes des femmes drôles ! » »

C’est le procédé, en référence à la célèbre série policière avec trois femmes détectives, Marie résume la météo à la mercerie Cœur, située à deux pas de La Guillotière dans le 7e arrondissement de Lyon. Ce magasin discret que l’on qualifierait de « vintage » a fêté ses 80 ans avant le début du Covid-19.

A l’intérieur se trouvent trois personnages : Marie-Ange, la patronne, et ses servantes Marie et Sylvie. Nul doute que les blagues, les éclats de rire et le petit regard de ces trois « femmes qui rient » dans la soixantaine attirent autant les clients que la qualité des tissus, boutons et pelotes de laine exposés dans une petite boutique. Il faut dire que ces trois-là ont la couture dans le sang.

Les Cœur, une famille de merciers bien connue à Lyon

Les Cœur, une famille de merciers bien connue à Lyon

La mercerie Cœur, c’est toute l’histoire d’une famille de merceries célèbres de Lyon. Ils ont longtemps eu plusieurs commerces dans le quartier : la mercerie Cœur dans le 7e bien sûr, ouverte en 1939, mais aussi celles des 5e et 9e arrondissements, une à la Croix-Rousse et une quincaillerie à L. ‘Économe, à quelques encablures de l’église Saint-Nizier. Aujourd’hui, seule la mercerie Cœur de l’avenue Jean-Jaurès, dans le VIIe arrondissement de Lyon, a résisté à l’épreuve du temps.

Dans les années 1960, le couple Cœur décède subitement et leur fille, alors âgée de 20 ans, prend la relève. En 2004, l’actuelle propriétaire de la mercerie du 7ème arrondissement, Marie-Ange, est embauchée dans le magasin. Il est lui-même issu d’une famille de merciers d’Annecy et a choisi de vivre à Lyon. En 2011, Madame Cœur prend une retraite bien méritée, et c’est Marie-Ange qui reprend la boutique. Maintenant dans la soixantaine, elle se souvient bien de la vieille femme.

« Son vrai nom est Mai Spennato, le nom de son mari, mais tout le monde la connaît sous le nom de ‘Mai Moyo’, son nom de jeune fille. Il a travaillé pendant 50 ans à la mercerie. J’avais beaucoup d’affinités avec lui et à ce jour nous ne nous appelons que l’un l’autre. »

Une nouvelle équipe avec un métier appris « sur le tas »

Une nouvelle équipe avec un métier appris « sur le tas »

Malgré sa formation en comptabilité et en couture, c’est avec appréhension que Marie-Ange devient la nouvelle propriétaire de la mercerie Cœur. Il est rapidement épaulé par Marie, puis par Sylvie qui apprennent toutes deux le métier « sur le tas ».

Marie a occupé divers emplois, allant de la garde d’enfants au travail dans une usine. Récemment, il tenait un bureau de tabac près du bureau de tabac. Un jour, alors que le buraliste était cambriolé et aux prises avec de l’argent, il vint acheter des vêtements dans la loge de Marie-Ange. Il n’est plus reparti.

Sylvie aura passé une bonne partie de sa carrière côté Cœur. A 14 ans, elle commence à travailler dans la mercerie de Cœur de Vaise pendant 10 ans, avant de commencer à s’habiller avec son mari. Il y a quatre ans, il était venu prendre une petite revanche à la mercerie Cœur dans le 7e arrondissement, une revanche devenue permanente.

« On a jamais autant vendu que pendant le Covid »

« On a jamais autant vendu que pendant le Covid »

Cette mercerie traditionnelle souffre apparemment de la concurrence de grandes chaînes lainières, comme Phildar, qui s’implantent à Lyon. Mais la pandémie de Covid-19 a insufflé un nouveau souffle à la couture en plus d’augmenter la popularité du magasin.

« Nous n’avons été fermés que trois semaines », explique Marie-Ange. Nous avons pu ouvrir car les gens voulaient des tissus et des élastiques pour faire des masques. Le magasin Biocoop le plus proche nous a même demandé de faire des ventes. »

Le bouche à oreille fait tout le reste et les commandes de masques passées à la mercerie Cœur se multiplient.

« Avant, nous faisions jusqu’à 60 masques par jour !  » se souvient Marie.

Au-delà de l’importance de coudre soi-même son masque faute de pouvoir en trouver en grande surface ou en parapharmacie, de nombreuses personnes ont retrouvé une réelle envie de travail manuel pendant le confinement.

« Faire soi-même a de nouveau une valeur, avant c’était ringard »

« Faire soi-même a de nouveau une valeur, avant c’était ringard »

« On n’a jamais autant vendu que pendant le Covid, témoigne Marie-Ange. Il n’y a pas si longtemps, il y avait déjà une prise de conscience de l’environnement qui a amené le DIY (Do it yourself) jusqu’ici. Le faire soi-même est aussi important. était ringard. »

Et les types de laine, de tissus et de couture n’ont pas manqué : ils ont ajouté des lignes et des couleurs destinées à un public jeune, qui veut se démoder rapidement. Ainsi, sur les salons de la mercerie Cœur, vous pourrez trouver de quoi faire vous-même : des éponges réutilisables, des boules de coton recyclées, des kits déco pour customiser vos vêtements, des calendriers de l’Avent auto-cousus et réutilisables. …

« Même le macramé revient à la mode ! Marie s’amuse à disposer des boules aux couleurs vives. Dans les années 80 et 90, c’est le matelassage et le point de croix qui ont donné naissance à la mercerie ; dans les années 2000, tout était perdu jusqu’à l’avènement du fil. Depuis le Covid, la broderie et surtout le crochet sont de retour. »

De nombreux ouvrages ont paru décrivant le tricotage d’un cabas, d’un top coat ou de chaussettes de location, voire d’un pull pour les plus audacieux témoignant de cette envie. La dernière mode? Amigurumi, ces petits animaux patiemment crochetés viennent du Japon.

De nouveaux produits viennent répondre à une forte demande des adeptes du crochet qui ne sont pas ce que l’on croit. Il n’y avait plus d’image d’une grand-mère tricotant un morceau de tissu près du feu.

« Nous avons beaucoup de jeunes de 18-20 ans, précise Marie-Ange. Et même des jeunes, notamment un garçon de 13 ans qui fait beaucoup de bruit, quand cette jeune fille de 17 ans a ramassé des vêtements et va essayer l’école de haute couture. »

« Il y a aussi beaucoup de jeunes mères. Ils aiment les choses faites à la main. On a beaucoup de femmes mais aussi beaucoup d’hommes qui tricotent, surtout des jeunes », ajoute Marie alors qu’un jeune homme de 20 ans, maillot de foot dans le dos, pousse juste la porte pour s’acheter des vêtements.

« La Guillotière, ça devient un quartier bobo-chic »

La clientèle de la mercerie Cœur semble refléter l’évolution de ce quartier du 7e arrondissement de Lyon. Ce dernier est vraiment tiraillé entre les magasins de vélos électriques et électroniques qui poussent comme des champignons d’un côté, et l’instabilité et l’incohérence de la place Gabriel-Péri de l’autre.

Avant de rejoindre l’industrie du vêtement il y a près de 10 ans, Marie gérait un bureau de tabac à proximité. Au fil du temps, il a vu un réel changement social dans la population.

« La Guillotière a toujours été un quartier à voitures, depuis le Moyen-Âge », explique-t-il. Maintenant, c’est devenu un environnement boho-chic avec de nombreuses personnes dans des situations bien organisées et dans la nature. Cependant, il faut gagner un minimum de sa vie pour pouvoir magasiner ici. »

Et pour parler d’une manière inutile:

« On a déjà eu des clients braqués ou braqués, mais ça peut arriver n’importe où. »

« De notre côté, ça reste stable, mais ces problèmes prennent beaucoup de place sur la place Gabriel-Péri. Ça a toujours été intéressant mais je vois que la violence a augmenté à cause du trafic. »

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« Les médias montrent une mauvaise image du quartier »

Aucune des trois femmes ne s’est jamais sentie en danger dans la communauté. Selon eux, la surmédiatisation des différents événements qui se déroulent à la Guillotière affecte les entreprises.

« Les médias donnent une mauvaise image du quartier et on nous compare à la Guillotière alors qu’on n’a pas de problème, regrette Marie-Ange. On a quelques jeunes qui travaillent au front, mais on s’entend. Ce ne sont pas eux qui me dérange mais vendre de la drogue. »

Pour lui, la réponse ne doit pas être uniquement la police :

« La réponse n’est pas de mettre des CRS organisés sur la place. Il faut attirer les familles dans le quartier, mettre plus de vert pour empêcher les gens de se promener, des jeux pour enfants, des boutiques de vêtements sympas, des bons bars… »

Sylvie a grandi à La Duchère, dans le 9e arrondissement de Lyon. Une communauté dont le quotidien est parfois marqué par des incidents violents voire meurtriers. Pour lui, le problème est plus profond.

« Il n’y a pas que la Guillotière. Il y a un autre problème de circulation à La Duchère et tomber des bars n’a rien résolu, ça a juste changé le problème. Quand tu vois ce que tu peux gagner par jour en vendant de la drogue, comment tu attires les jeunes avec peu d’argent ? »

« Il y a même un psy du quartier qui nous envoie ses patients »

Indépendamment du changement de région, Marie-Ange n’a pas l’intention de quitter la mercerie de si tôt.

« Je viens d’atteindre l’âge de la retraite, mais je n’ai pas encore fixé de date de retraite ! » il rit.

Sylvie et Marie doivent prendre leur retraite dans quelques mois.

« La boucle est bouclée », sourit Sylvie, qui a débuté et terminé sa carrière dans la mercerie Cœur. C’était un bon cours. »

De leurs années aux côtés de Marie-Ange, elles garderont de bons souvenirs, et le fait d’offrir plus que des conseils de couture à leurs clientes.

« On est dans une société où on s’oublie, où on court toujours, soupire Sylvie. Dans notre magasin, on prend le temps de s’arrêter. Nous écoutons beaucoup les gens, qui ont besoin de parler. »

« Il y a même un psy du quartier qui nous envoie ses patients ! rit Marie. Ils nous disent que la couture les fait se sentir mieux. »

Comme pour illustrer leur propos, une personne ordinaire franchit la porte du voleur, son visage est doux. Immédiatement, les « drôles de dames » accourent pour lui souhaiter un joyeux anniversaire et lui demandent ce qu’il vient de faire.

Pour vous garer gratuitement, vous devrez choisir l’aire de stationnement relais située à Gorge de Loup (Lyon 9ème), Gerland (avenue Jean Jaurès Lyon 7ème), Mermoz à Lyon 8 ou Parilly. Vous pouvez vous garer dans ces zones relais à condition d’être muni d’un titre de transport TCL.

Est-ce que la Pardieu est ouvert demain ?

Les boutiques du centre commercial Lyon Pardieu sont ouvertes du lundi au samedi de 9h30 à 20h. Fermé le dimanche ouvertures exceptionnelles. Primark Lyon Pardieu est ouvert du lundi au samedi de 9h30. à 20h00 Fermé le dimanche ouvertures exceptionnelles.

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Quel est le plus grand centre commercial de l’Afrique ?

Le Morocco Mall, qui se déploie sur une surface dédiée de 190 000 m2 d’espaces de loisirs, de restaurants et d’enseignes, reste immense.

Quel est le plus grand centre commercial du monde ? Le Dubai Mall bat des records du monde. Couvrant une superficie de plus de 1,1 million de mètres carrés, c’est le plus grand centre commercial du pays. Il y a le plus grand magasin de bonbons du pays, appelé Candylicious, qui occupe 930 m2.