Mayenne : avec sa tronçonneuse, Philippe El Roueily sculptera sa première vache en bois au festival de la Madeleine

Au milieu des tribunes de la Madeleine, les 23 et 24 juillet, ça risque de faire un peu de bruit. Philippe El Roueily créera une vache en bois, à la tronçonneuse et en public.

Par Nicolas Campitelli

Publié le 22 juillet 22 à 19:38

mis à jour le 23 juillet à 0:10

La Mayenne semble avoir plus de vaches que d’habitants.

De quoi offrir de nombreux modèles à un sculpteur sur bois spécialisé dans les thèmes animaliers comme Philippe El Roueily, installé depuis 2019 à Ambrières-les-Vallées, dans un lieu reculé – « nécessaire pour jouer de la tronçonneuse », son outil.

Il n’a cependant jamais fait de vache. « On ne m’a jamais demandé », explique-t-il simplement.

Les 23 et 24 juillet 2022, il aura enfin l’occasion de combler ce vide en créant un ouvrage public, sur le site de la foire de la Madeleine. Les organisateurs s’y sont invités.

« Il fallait trouver une œuvre qui fasse référence à la Madeleine, qui fêtera ses 50 ans. »

La vache y est claire, la Madeleine accueille le carrefour interprofessionnel du monde agricole (Cima) et le concours national Blonde d’Aquitaine.

Ce qui rapproche le sculpteur de son Nord Mayenne natal, qui a remporté la deuxième place d’un concours de sculpture à la tronçonneuse avec un éléphant.

C’était en 2019, à Carouges (Orne).

« Je ne savais pas que j’étais choisi pour participer. Quand je suis arrivé, les autres étaient déjà partis depuis plusieurs heures et tous les animaux locaux étaient représentés. J’ai vu un homme avec une chemise africaine, ce qui m’a donné l’idée de me . de continents en mutation. »

Ce succès lui a donné une belle vedette. « C’était juste au moment où je démarrais mon entreprise. »

Car avant d’être sculpteur, Philippe El Roueily était arboriste grimpeur, nom correct d’un métier souvent appelé « tailleur ».

« Je suis dans les arbres toute la journée » : joie, pour cet ancien préparateur physique.

« La nature a toujours été mon échappatoire : je passais tout mon temps ensemble dans des salles de sport. »

Ses connaissances en physiologie facilitent la transition : « Je me suis remise au goût du jour en physiologie végétale, mais il y a beaucoup de points communs. »

Car le métier de bûcheron ne consiste pas seulement à abattre ou tailler des arbres, et Philippe a à cœur de faire du mal :

« La taille annuelle n’est pas nécessaire. La taille excessive est même néfaste à long terme pour un arbre. Je commence toujours par établir un diagnostic. En fait, c’est comme un vétérinaire : ça ne marchera pas sur les chats qui n’en ont pas besoin. » . C’est juste pour s’amuser.

L’arboriculteur travaille autant pour les particuliers que pour les collectivités.

« De plus en plus de gens comprennent le caractère vivant des arbres et l’importance de respecter leur physiologie, ce qui est une bonne chose. Bien sûr, parfois, il n’y a pas d’autre choix que de les enlever. Ne prenez pas de risques inutiles. »

C’est là que Philippe trouve la matière première de ses sculptures.

« Lorsque vous devez enlever un arbre très ancien, parfois plus âgé que le client, cela peut causer du chagrin. Alors si je peux lui donner une seconde vie… »

En fait, il préfère se considérer comme « un magicien plutôt qu’un artiste. Avec une tronçonneuse comme baguette magique. »

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