dimanche, décembre 4, 2022
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Home Mode Mont-Saint-Michel : « Tiens, ça sent l'encens ! »

Série d’été « En Immersion » (2/5). L’îlot rocheux est l’un des sites touristiques les plus visités de France. Touristes et pèlerins s’y pressent pour monter jusqu’au célèbre monastère. Beaucoup s’arrêtent également au petit sanctuaire sur la montagne, qui abrite une statue de l’archange.

« Ça sent la frite ! » Baudouin, cheveux courts, lunettes rondes sages et chemise blanche à col Mao, grimace de dégoût en nettoyant la sacristie. L’odeur de graisse monte de la Grande-Rue à l’église Saint-Pierre , petit sanctuaire du Mont-Saint-Michel. En aval de la bâtisse de granit, sur une centaine de mètres, alternent échoppes et restaurants «  avec vue panoramique sur la baie », au pied des maisons à pans de bois. Autour d’une table, un famille de touristes dévore à la va-vite une galette de saumon et ciboulette pour 19,50 €. Deux coquilles de moules enrobées de crème et cueillant des frites dans une assiette. Les pavés résonnent avec le troupeau de visiteurs qui descendent la route. Une petite blonde dans un trois -le maillot couleur « Benzema » agace sa mère lorsqu’elle trouve « une « carte pirate » dans une boutique. « Demande avant de toucher » : une pancarte mal fixée pend au-dessus des boules à neige dans une boutique de souvenirs où se trouve un petit Mont-Saint-Michel en plastique des stands.

09h00 Le monastère ouvre ses portes aux visiteurs. La marée monte d’un coup. Idem avec les touristes. Photo: L.GUIZARD POUR FC

Un couple d’Anglais s’arrête au pied de l’escalier menant à l’église pour croquer dans des beignets fourrés à la confiture de framboises. Ils ne remarquent pas, devant la châsse, la statue de Jeanne d’Arc qui semble lever les yeux au ciel. A l’intérieur, les visiteurs se succèdent en silence, comme aimantés par la chapelle, où se dresse depuis plus d’un siècle une grande statue de saint Michel en feuilles de métal. « Bougie taille moyenne 3 €- », « Bougie nuit 2 € ». Rouges, vertes, bleues et blanches, des dizaines de bougies brûlent sur de longs supports en fer.

« On fait les troncs ? »

« On fait les troncs ? »

Le bois de la sacristie grince au moindre pas. «  Gaudete et exsultate…  » En compagnie d’Hilaire et de Martin, les deux autres séminaristes de la Communauté de Saint-Martin venus l’aider ici pendant le trimestre d’été, Baudouin fredonne l’un des hymnes chantés un peu plus tôt aux Vêpres. Les garçons placent leurs aubes blanches sur un cintre en bois. Il est temps de se préparer pour la messe célébrée le lendemain dans le sanctuaire de l’îlot rocheux, à l’ombre du célèbre monastère plus haut. Don Maurice Franc, le recteur truculent, s’agite et donne de la voix. « Tu sors les bougies des acolytes ! « , ordonne l’abbé sexagénaire dont le chaudron ne peut cacher de fines courbes.  » Et toi, reliquaire des ordres inférieurs ! Martin, pull bleu et bermuda, range l’encensoir dont le parfum envahit l’ancienne sacristie.

« Est-ce qu’on fait les tribus » ? Don Maurice conduit les séminaristes dans l’église pour recueillir le produit de la vente de bougies et d’objets religieux. Armé d’une tige de métal, Baudouin combat l’étrange serrure. Hilaire ricane : « Ce n’est pas Arsène Lupin qui le veut ! Je ne sais comment, des séminaristes novices dans le pillage des valises ouvrent les caisses. Ils vident pièces et billets dans un sac en toile verte. L’abbé en soutane pointe à nouveau le bout de son nez. » Et la sainte vierge, l’avez-vous oubliée ? Les séminaristes se pressent vers la statue de Marie. Le proviseur avoue : « La Sainte Vierge ne rapporte pas grand-chose, mais un peu plus depuis qu’on éclaire son image. « Et avec ta photo, as-tu essayé ? Martin ose. Toute la petite équipe étouffe un éclat de rire. Une voix résonna derrière eux. « Père, nous avons des choses à bénir. » Le prêtre prend une chaise et bénit des chapelets qu’une mère et sa fille viennent d’acheter au fond de l’église.

Les trois séminaristes qui appuient le recteur préparent la messe à 11h00 dans la sacristie de l’église Saint-Pierre, sur le Mont-Saint-Michel. Photo L. GUIZARD POUR FC

« Comme ça va vite ! »

« Comme ça va vite ! »

«  Un peu plus et la mouette volerait ta glace ! Un couple en short et tongs quittant le Mont à pied est surpris par l’oiseau qui vient de passer devant eux. Une mouette, au lieu d’une mouette, se jette sur eux, attirés par la glace et sa gaufre. Autour d’eux, la vaste baie s’est presque vidée. C’est presque la marée basse. Le côté touristique aussi. Mais Nicodème et une dizaine de pères de famille vont à contre-courant. « C’est Disneyland ! s’exclame le grand homme. Le groupe passe devant le sanctuaire et une quarantaine de pas plus loin, tous posent leurs sacs à dos dans le bureau du proviseur. La maison en pierre, qui abrite une bibliothèque religieuse, des bureaux et la résidence du recteur, peut accueillir une dizaine de promeneurs.

Dans la baie, un spectacle se prépare. « Hortense, monte ! Un père salue sa fille qui a dessiné une marelle dans le sable. T-shirt jaune et short rouge, Léa et Tom, jeunes sapeurs-pompiers volontaires, demandent à un couple de remonter aussi. Une femme s’en va ravie : « Ça y est, l’eau se rassemble… À quelle vitesse ! A ses côtés, trois Britanniques partagent allègrement une bouteille de vin blanc bien frais en regardant monter l’eau et former une vague. « Merveilleux ! Le vent augmente et le temps change. Le soleil, petit à petit, quitte la baie, et la fraîcheur s’installe.

Soudain, tout devient plus calme. Nicodème et ses pairs gravissent les dernières marches de la montagne pour atteindre le monastère. «  C’est l’heure de la pause culturelle », glisse l’un d’eux en enfilant un casque sur les oreilles. La voix sirupeuse de Stéphane Bern se fait enfin entendre : « Entrez, chers amis, venez vous reposer à l’ombre de ces colonnes centenaires et déposez vos intentions de prière dans la demeure de l’archange. Au milieu de quelques dizaines de visiteurs, les pères de famille découvrent le spectacle son et lumière qui reproduit l’histoire du monastère. Tout a commencé en 708 avec la décision de saint Aubert, évêque d’Avranches, de construire un sanctuaire au sommet de l’îlot rocheux en l’honneur de saint Michel, qui lui était apparu en songe. Vient ensuite le récit de la vie des moines bénédictins jusqu’à la révolution. « En descendant le grand escalier, conclut Stéphane Bern, vous croiserez peut-être quelques moines et nonnes. Non, vous n’allez pas rêver, ils ne viennent pas du Moyen Age. Depuis cinquante ans, la montagne est redevenue un monastère. Mais pas un ecclésiastique à l’horizon au milieu de la nuit. Le groupe descend les ruelles vides où seules les poubelles débordant de papiers gras et de canettes sont les traces du tumulte quotidien. Au sommet de la montagne, l’archange Michel brille pointé par un projecteur.

Il a failli rester enfermé dans l’abbatiale

Il a failli rester enfermé dans l’abbatiale

Les cris des mouettes envahissent la baie ensoleillée au petit matin. Au bureau du rectorat, les portes des chambres claquent une à une. Il est temps de monter au monastère. Un vrai moine, cette fois, accueille le groupe. «  Les Laudes ont commencé, impossible ou presque impossible de sortir », prévient Frère Philippe de sa petite voix dans sa cage brune. Pas de grosse clé massive à ouvrir. Le moine tend le bras vers l’ouverture électronique et pousse la lourde porte. « Alléluia ! Remerciez le Seigneur car il est bon, éternel est son amour ! La voix cristalline d’une religieuse brise le silence, tandis que les rayons du soleil percent les vitraux clairs du chœur gothique et dépouillé. Le service au-dessus, les moines et des religieuses demandent à la vingtaine de fidèles de quitter les lieux, qui seront bientôt rendus aux touristes. « Où est passé Vianney ? demande le troupeau des pères au pied de l’escalier. Le grand gars tombe enfin. Il a failli rester enfermé dans l’église du monastère, mais sourit avec sœur Emilie, heureuse d’avoir retrouvé une vieille connaissance.

A pied ou en navette, 2,5 millions de visiteurs viennent au Mont chaque année, dont 1,5 million montent au monastère. Photo: L.GUIZARD POUR FC

09h00 Le monastère ouvre ses portes aux visiteurs. La marée monte d’un coup. Idem avec les touristes. Alors que les papas reprennent la route, c’est l’heure du « goûter » au siège social. Après les Laudes en petits groupes, et avant la messe, don Maurice organise l’emploi du temps. Élodie, une employée qui tient la librairie, est là. Pascal aussi. Il travaille pour le sanctuaire depuis 1988. « Au dîner, je remplace Élodie à la boutique, pour sa pause. » Baudouin, Martin et Hilaire peaufinent la préparation de la messe autour d’un café. Et François Saint-James, cheveux dégarnis et barbe épaisse, répond de sa voix grave aux questions de Don Maurice qui, arrivé au Mont il y a moins d’un an, est avide des éléments historiques apportés par le célèbre guide-conférencier. de ‘ le monastère. «  Les premières traces du sanctuaire remontent au VIIIe siècle, une sépulture de cette époque a été retrouvée sous les égouts. Les séminaristes le jetèrent sur les senteurs de la Grande-Rue. « Il ne faut pas idéaliser le Moyen-Âge. Quant à odeurs, nous avons aussi été servis, surtout avec ceux des pèlerins qui avaient marché pour arriver ici. Puis François monte au cloître, tandis que don Maurice, avec les séminaristes, descend à l’église, à contre-courant. Ils trouvent Pascal dans la sacristie. Le nettoyeur est aussi l’organiste ! « Quel Kyrie prenez-vous Baudouin, une partition de chant grégorien entre les mains, répond sans hésitation : « Le Kyrie XI B. »

« Les bons cathos »

« Les bons cathos »

Quelques instants plus tard, une chasuble verte sur les épaules, Don Maurice entre dans l’église. « Jubilé, cri de joie », chanson numéro 10 sur vos feuilles. Son annonce, le prêtre se dirige en procession vers l’autel. Les garçons tiennent les bougies et l’encensoir. La messe est solennelle, sous les lustres en verre de la petite église. Don Maurice n’a pas sa langue dans sa poche sur la casserole. Dans son sermon, il critique à la fois « les hommes politiques qui font vivre leurs concitoyens en enfer » et « les bons catholiques déguisés en Cyrillus », et invite à la fois à se convertir et « à vivre de l’Evangile ». Au fond, blottis sur un banc, quelques guides de première classe en Europe en raids échangent des regards complices.

Dans son sermon, Dom Maurice critique autant « les hommes politiques qui font vivre leurs concitoyens en enfer » que « les bons catholiques déguisés en Cyrillus », invitant à la fois à se convertir et « à vivre de l’Evangile ». Photo: L.GUIZARD POUR FC

Puis Carole, une des rares habituées, passe avec le panier de la collection. Les mains prennent une image de Saint Michel et présentent une offrande. Tout le monde se tourne vers la statue de l’Archange à la fin de la messe, et Don Maurice entame une ultime prière, à voix haute : « Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat… »

En début d’après-midi, dans la Grande-Rue, les touristes peinent à se croiser. Le soleil tape fort. Chaque recoin ombragé accueille les familles armées de sandwichs et de plateaux de frites. « Hé, je peux te faire visiter l’église ? » « . Devant le sanctuaire, en français ou en anglais, Hilaire tente de convaincre les visiteurs qui se précipitent d’entrer pour découvrir les lieux et leur signification. Une femme et son fils, un adolescent à la démarche effrontée, se faufilent pour trouver fraîcheur et paix dans l’église Saint-Pierre.La mère sourit, comme prise par des souvenirs d’enfance : « Tiens, ça sent l’encens ! »

La semaine prochaine : Montmartre

Où se mettre du parfum homme ?

Où se mettre du parfum homme ?

Choisissez un ou deux endroits maximum, il est préférable de privilégier les endroits où le corps émet le plus de chaleur pour révéler au mieux le parfum. L’intérieur des poignets, les plis des coudes, l’arrière des oreilles sont autant d’endroits particulièrement propices au parfum.

Pourquoi mettre du parfum derrière les oreilles ? Derrière les oreilles C’est sous l’effet de la chaleur qu’un parfum libère toutes ses senteurs. La zone derrière les oreilles est idéale pour recevoir un parfum, car elle est réchauffée par le patch.

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