Pêche à la morue : animations, appâts, conseils

La morue se nourrit au sol. Les leurres doivent passer au ras du fond, sans mouvement brusque. C’est l’art de la manipulation minimaliste.

Certains appellent cela une animation plus lâche.

Il y a du vrai. Je dirais plutôt que c’est une stratégie adaptée à la situation.

La morue utilise sa barbe du menton, organe sensoriel, pour détecter la présence de nourriture sur le fond. Il est donc cohérent de lui proposer un appât dérivant au ras des sédiments où il traîne son barbeau.

Il y a donc trois options pour toucher ce Gadide : le dandinement, le lift sur une courte amplitude de 1,5 mètre, ou l’animation minimaliste.

La dandine s’effectue avec un franc mouvement de bascule de bas en haut. Puis on laisse le leurre revenir au fond tout en accompagnant la descente. En clair, la ligne doit rester droite, très légèrement tendue, dans la descente. L’objectif est de laisser descendre naturellement le leurre par son poids et son volume, sans le ralentir. En l’accompagnant, on sent ce qui se passe dans la descente. A chaque mouvement, on sent le cognement quand le leurre a atteint le fond. Si une morue mord, ce qui arrive souvent près du fond, la morsure est lourde et ne laisse aucun doute.

Le contact doit alors se faire immédiatement par ferrage. Une variante consiste à pratiquer la technique dite de portance sur une courte amplitude. Contrairement au lieu jaune où l’on remonte la moitié de la profondeur, ici une remontée lente d’environ 1,5 m d’amplitude convient.

Cette dernière méthode est bien adaptée au cabillaud qui peut grimper sur le leurre qui lui échappe mais sans dévier de son habitat : le fond. En effet, il quitte rarement les sédiments où il évolue.

La technique qui nous intéresse ici est de tâter le fond avec le leurre puis de le laisser gratter le substrat en permanence. Pour cela, il est conseillé de lâcher un peu de fil de temps en temps pour rester en contact avec le sol. Dans ce jeu, l’effet planant du leurre est important. C’est-à-dire que la tête plombée du leurre doit être la plus légère possible pour pouvoir rester près du fond. Il faut partir de la règle du gramme par mètre. A 40 m de profondeur, une tête plombée de 40 g peut être utilisée avec une imitation lançon ou autre leurre non vibrant, tout cela en l’absence de vent et dans des courants très faibles.

Comme la morue aime les belles bouchées de 15 cm ou plus en général, il faut souvent grossir jusqu’à 2 g par mètre de fond. On opte alors pour un slug ou un shad non vibrant de 15 cm avec une tête de 70 g. Si le leurre est un tail shad vibrant ou un larve à queue basculante, la tête monte rapidement à 90g voire 120g à 40-50m de profondeur. Cela dit, je préfère utiliser les gros jigs en se dandinant.

Ne rien faire…

Ne rien faire…

La technique de grattage minimaliste est mieux utilisée avec des leurres à faible tirant d’eau, dans ce cas un slug ou finesse shad de 15 cm (non vibrant) ou un shad vibrant de 12 cm à 15 cm.

Quand le sonar affiche des poissons actifs, on se frotte les mains. Le leurre ne touche pas le fond il est directement attrapé ! Du moins, c’est ce que vous imaginez quand vous voyez cette boule de poisson. Parfois, plusieurs dérives ne donnent aucun résultat.

Les dandines près du fond, grandes tractions successives remontant de 1 à 2 m, rien n’y fait. Nous pouvons changer le leurre, la taille, la couleur, pas de réponse. Il est alors temps de trouver un plan B, un autre spot. As-tu essayé de ne rien faire ? Si ce n’est pas le cas, vous n’avez pas parcouru les animations. Pourtant, me direz-vous, un leurre est fait pour être manipulé, la pêche aux leurres est une approche technique. Et bien parfois, le simple fait de laisser le leurre planer juste au-dessus des rochers ou du relief prospecté suffit à déclencher de belles touches.

Dans un courant assez fort, il est facile d’imaginer l’évolution du leurre statique en fonction du courant. Le leurre suit la trajectoire du bateau et, de fait, est tracté à une hauteur constante au ras du fond, ou remontant légèrement vers la surface si le lest est léger. Si c’est un swimbait, la réponse du poisson est compréhensible. Ce type de leurre, signifiant « appât qui nage (tout seul) », comprend les shads ou les virgules, indispensables pour le cabillaud.

Mais s’il s’agit d’une limace, l’interprétation de ce succès est plus difficile. Ce leurre linéaire, contrairement au swimbait, ne nage pas tout seul. Il faut imprimer des traits secs de scion plus ou moins ample pour lui donner vie en imitant le comportement fuyant d’un poisson apeuré. Ici, notre limace élancée est tractée linéairement, elle fend l’eau et reste inerte en avançant le long des reliefs sous-marins.

On attend alors, canne à 45° vers le haut, la touche hasardeuse.

Dans ce cas précis, la technique fonctionne si le leurre évolue au ras du substrat, disons dans le dernier mètre qui constitue le fond. C’est là que la morue cherche sa nourriture et c’est la zone clé pour mettre le leurre devant son nez. Le but est qu’ils n’aient que la bouche à ouvrir.

Ne pas perdre sa concentration

Ne pas perdre sa concentration

A ce jeu, pour mieux répartir l’eau dans le courant, je préfère les limaces. Parfois, les limaces raffinées imitant le lançon sont plus efficaces. Une imitation de lançon de 15-18 cm est une petite proie facile dont se régalent les cabillauds, surtout à partir de mars sur les rides et les épaves. Les bancs de lançons y élisent domicile et les prédateurs ne sont pas loin. Mais j’ai généralement ma préférence pour les limaces plus ventrues, imitant les petits poissons comme les harengs, les tacauds ou les goberges. Le hareng est l’une des proies préférées des grosses morues. Mais dans certains cas ils sont plus réceptifs à une petite pieuvre placée en guise d’accroche devant le leurre.

Ce teaser imite un petit céphalopode. Les couleurs jaune, orange et rouge sont efficaces. J’équipe ce teaser d’un hameçon type octopus 5/0 ou 7/0, c’est à dire rond, large ouverture et oeillet. Enfin, c’est le montage qui demande le plus d’efforts, notre pêche minimaliste ne demande que patience et concentration.

Concernant les couleurs, pour ce prédateur, il existe une multitude de solutions. Le contraste est souvent payant, c’est-à-dire une couleur jaune d’œuf, jaune chartreuse ou orange striée de bandes noires.

La couleur « ayu » opaque, mélangeant le jaune et le blanc ou le gris, est un incontournable pour la pêche sur le sable. La couleur noire peut surprendre surtout en haute mer avec cette technique. Enfin, le naturel avec une teinte verte est très bon. Il faut jongler avec les couleurs. La stratégie consiste à utiliser plusieurs leurres de couleurs différentes dans le même bateau. Lorsqu’un leurre sort du lot, les pêcheurs peuvent l’utiliser ou s’en approcher.

Avec le courant, canne à 45°, on laisse évoluer notre leurre sur le fond. Aucune animation, juste un contact avec le fond de temps en temps pour rester efficace.

Le bon matériel pour la pêche du cabillaud

Le bon matériel pour la pêche du cabillaud

Lorsque le courant ralentit ou en l’absence de dérive, c’est le même mode de fonctionnement. Cette fois, la canne est tenue horizontalement et la ligne est à l’aplomb du bateau. Il faut être patient pour imaginer un poisson attaquer le leurre immobile. Dans ce cas, vous pouvez faire de toutes petites remontées d’une vingtaine de centimètres pour remettre le leurre dans la foulée vers sa position initiale, près du fond. C’est une technique ciblant les poissons inactifs plutôt en embuscade ou proches de leur refuge. C’est pourquoi il faut suivre la topologie du lieu de pêche pour essayer de départager nos prédateurs. Cette pêche inactive a tendance à émousser notre concentration. Cependant, les touches sont parfois violentes et inattendues, à tel point qu’on en oublie de ferrer !

C’est un type de pêche que les pêcheurs de sandre apprécient. Habitués à rester statiques des heures au-dessus d’un herbier de sandres, nul doute que la technique leur parle ! Sans vent et sans courant, nous sommes proches des conditions habituelles en eau douce. Il faut alors opter pour une tête plombée légère. C’est dans ces conditions que s’applique la recommandation de lestage d’un gramme par mètre de profondeur.

La canne mesure 2,20 à 2,50 m et a un poids de 15-50 g à 20-80 g. J’ai une préférence pour les modèles de moulinets baitcasting à corps ronds, idéaux pour rester en contact avec le fond, que je remplis de tresse 0,18 mm. Les modèles spinning sont de taille 4000 à 5000 avec un corps en aluminium. Ceux-ci sont remplis de tresse en 0.16 mm.

Avant le leurre, vous devez positionner un bas de ligne discret en fluorocarbone de 0,45 mm et de 4 m de long. Si vous envisagez d’utiliser une pieuvre comme teaser, le leader doit être de 0,60 mm. Ce gros diamètre est destiné à résister à la capture éventuelle d’un poisson double de plus de 5 kg. Les morues d’une telle taille sont rares, pourrait-on dire. Oui, mais puisqu’ils reviennent progressivement depuis 2 ans, ne désespérons pas de passer à côté d’une si belle prise.

Le cas de la pêche des cabillauds sur épave

Le cas de la pêche des cabillauds sur épave

La longueur du leader est importante. Si un mètre peut suffire, une grande longueur apporte un gain non négligeable en termes de discrétion, ce qui fait souvent la différence. Essayez : un pêcheur à 1m, l’autre à 4m, c’est redoutable. Si un poisson peut être pêché en tresse droite, le nombre de prises avec un bas de ligne fluorocarbone de 4m est beaucoup plus élevé. De plus, le fluorocarbone le rend plus résistant à l’abrasion sur les sédiments ou même les petites dents de morue.

Le vent est l’élément le plus gênant pour cette technique. Un courant modéré, en l’absence de vent, permet de maintenir la règle de 1 à 2 g par mètre de profondeur. Avec un vent de 10 nœuds, il faut tout revoir et opter pour un poids plus lourd portant 3 g par mètre de profondeur. Le leurre avançant au gré du courant, il faut être attentif aux variations des reliefs sous-marins. Au moindre coup, il faut donner un coup sec vers le haut. S’il s’agissait d’un poisson, il devrait être accroché, si c’était le fond, le mouvement du poignet devrait soulever le leurre du substrat sans s’accrocher. Cette animation de ne rien faire est mieux gardée dans un coin de la tête. On n’est pas loin de la pêche à gratter consistant à palper constamment le fond et à l’animer en dents de scie.

Sur une épave où une bonne détection de poissons est présentée au sondeur, en l’absence de courant, une variante de la technique de l’élévateur peut être appliquée. Il s’agit de toucher le fond puis de remonter très, très lentement. Nous sommes bien dans le sujet de l’animation minimaliste. Le moulinet tourne si lentement que vous pouvez compter un tour de manivelle toutes les 5 secondes. Ne vous arrêtez pas trop tôt. La ligne doit remonter d’environ 5 mètres pour détacher nos proies du biotope actuel et attirer l’attention des prédateurs. Cette variante technique peut intéresser la morue en l’absence de courant.

Astuces pour pêcher le cabillaud

Astuces pour pêcher le cabillaud

L’importance des ophiures

Ces Gadidés parcourent les grands fonds à la recherche de coquillages, mais aussi de poissons. Ainsi, s’ils ne sont pas intéressés par notre leurre souple collé au fond, peut-être le seront-ils davantage lorsque le leurre remontera très lentement.

Fixer un octopus en teaser

Cette animation paresseuse est finalement une approche technique à part entière. Entre les formes, les couleurs et le poids du leurre, il y a de quoi essayer avant de trouver le bon motif.

Est-ce que le cabillaud est un poisson d’élevage ?

Les ophiures sont de proches parents des étoiles de mer. Ils ont un corps rond à partir duquel s’étendent cinq bras minces et indépendants. Quand on évoque un tel échinoderme, il est important de noter le potentiel prometteur de la position pour la morue. L’ophiure peut être avalée par le poisson que vous venez de remonter ou accroché à l’hameçon par erreur. En effet, les morues raffolent des ophiures fragiles (Ophiothrix fragilis) qu’elles savourent en quantité sur le fond. Cette espèce évolue jusqu’à 4000 m de profondeur, on la trouve couramment en Manche et en Mer du Nord. Ils se nourrissent principalement d’annélides et de jeunes mollusques. Les fonds riches en coquillages sont donc très bons.

Outre le céphalopode à huit tentacules, la pieuvre est aussi le nom d’un petit leurre souple. Le plus populaire est le jaune orangé, qui a toujours été extrêmement efficace sur la morue. L’hameçon adapté pour utiliser ce leurre porte le même nom. Voici le noeud de connexion permettant de fixer une pieuvre à la potence avant le leurre souple. C’est le nœud de la potence. La tige est en nylon de 0,60 mm et le corps de ligne est en nylon de 0,60 mm, jusqu’à 0,70 mm si le poteau abrite de très gros spécimens. Ce nœud fonctionne surtout lorsque le leurre souple final est déjà attaché. A défaut, le nœud du chirurgien fonctionne également.

Pourquoi les poissons ont deux noms ?

Mais le cabillaud reste très apprécié des consommateurs qui veulent en manger toute l’année, qu’il soit pêché au large ou en Norvège. Dans ce pays où le saumon est élevé depuis 40 ans, l’élevage de la morue n’existe que depuis 10 ans. Un élevage qui suscite parfois des réticences.

Quel est l’autre nom de la morue ? Les termes « morue » et « morue » sont des noms vernaculaires quelque peu hasardeux. En France, on a souvent l’impression qu’il s’agit de deux poissons différents. Cependant, nous ne ferons pas durer plus longtemps le suspense : cabillaud et cabillaud désignent le même poisson.

Quels sont les différents noms du cabillaud ?

C’est le même principe que pour le cabillaud et le cabillaud : l’églefin désigne le poisson frais, pêché dans l’Atlantique Nord, tandis que l’églefin est le nom donné à l’églefin fumé et salé.

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