Pêche au Maroc : Dakhla, la Mecque du surfcasting

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Written By Charlotte Sander

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Connue pour être l’un des paradis des kitesurfeurs, Dakhla est aussi la Mecque du surfcasting et du gros croaker ! En route pour une partie de pêche colorée. Texte et photos de Jean-Jacques Leb.

Pêche dans la région de Dakhla

La côte atlantique marocaine offre aux amateurs de pêche sportive de près

2000 km de côtes poissonneuses, notamment dans la province d’Oued Eddahab, en bordure océanique du Sahara.

Si Dakhla attire tant d’amateurs de sports de glisse, c’est que sa situation géographique, au nord du tropique du Cancer, l’expose à des vents dominants omniprésents, parfois perturbateurs pour la pêche côtière.

Ambiance résolument pêche

Il faut donc éviter d’y mettre ses cannes de juillet à fin octobre et de janvier à mars. Mais le reste de l’année, quel plaisir ! En connaissance de cause, Mick et Daniel ont décidé de s’y rendre en mai 2021. Les conditions météo étaient optimales et les poissons étaient bien présents.

En quittant l’aéroport, nos deux amis rencontrent Si’Abdenbi, qui sera leur guide de pêche et mentor tout au long de leur séjour. L’accueil est direct et chaleureux. Les bagages sont entassés dans un grand 4×4 qui met immédiatement le cap sur la maison du guide au centre de la petite ville.

L’ambiance est résolument louche dans le garage, avec de nombreuses cannes rangées et tout le matériel destiné au camping sur les plages. Au mur, une affiche ancienne appelle à la protection du phoque moine, espèce animale en voie de disparition dans le monde. Une colonie de près de 300 têtes, située sur la « Côte des Phoques », vit dans des grottes à environ 300 km au sud de Dakhla.

Nos amis se préparent immédiatement pour une première séance. Pendant ce temps, Si’Abdenbi va s’approvisionner en « Sepias » frais, sans oublier les bouteilles d’eau nécessaires. Daniel, un habitué des lieux, s’installe à la terrasse ombragée d’un petit café voisin et commande le thé vert qu’il faut. L’odeur de menthe fraîche lui fait prendre pleinement conscience qu’il se trouve en plein Sahara, à plus de 5000 km de chez lui, dans un autre espace-temps, sur la planète Peach !

Acrobaties halieutiques

Acrobaties halieutiques

Après cette cérémonie, il salue ses voisins de table, les Raïs* enturbannés et drapés de leurs gandouras. Très sympathiques, ils sont pleins de conseils sur les techniques de pêche à la « Corbina ». Mick les rejoint alors que Daniel se lance dans les avantages comparatifs du « Pulley Rig* » par rapport aux perches classiques. Le public est sceptique. Ici on aime les montages simples et robustes.

Une heure plus tard, le 4×4 quitte la petite ville en direction du nord. Si’Abdenbi passe la tête par la fenêtre et l’utilisation des lave-glaces est inconnue dans cette région très sèche. Après un petit arrêt pour dégonfler les pneus près du panneau « Attention chameaux », le tout-terrain quitte le goudron pour attaquer la piste qui longe les grandes falaises abruptes de l’Atlantique.

La mer est bleu-vert dense, les vagues frappent régulièrement les plaines rocheuses, le vent est tolérable. C’est prometteur inchallah ! Ils décident de prospecter les rochers au pied des falaises au fur et à mesure que la mer se retire. Puis ils rejoindront la « Maison de la Courbine », au stand avant la tombée de la nuit.

Une corde est attachée à l’essieu arrière du 4×4, garé parallèlement au rivage, et nos deux amis entament prudemment la descente vers une plate-forme invitante, quelques mètres plus bas. Une grosse frayeur quand un rocher qui s’effrite se détache, et Daniel est heureux de porter ses fidèles bottes de randonnée à semelles souples et crantées.

Les vers coréens ont bien supporté le voyage. Les cannes en carbone sont rapidement montées, petits hameçons et lests de 60g, puis les lignes sont lancées derrière les moulinets et ramenées dans les courants où d’énormes vagues se précipitent et lancent d’immenses gerbes d’écume.

Communion totale avec l’univers marin

Communion totale avec l’univers marin

Tac-Tac-Tac, ferrage souple du poignet, Daniel ramène un premier sar d’environ un kilo et le rejette immédiatement à l’eau. On ne garde que les gros, explique-t-il à Mick surpris. Au bout de deux heures, un seul morceau montre de l’intérêt, malgré un festival de prises rapides pour Daniel et de nombreux accrochages pour Mick, qui n’aime pas cette pêche en équilibre instable sur les rochers arrosés par le pulvérisateur. .

Le soleil s’enfonce lentement dans l’océan Atlantique et le ciel majestueux s’embrase de couleurs. Assise sur ses talons, Si’Abdenbi sert le thé avec des gestes intemporels, tirant de courtes bouffées sur sa petite pipe en forme de fume-cigarette. Le parfum du tabac noir aromatisé aux clous de girofle se mêle au doux parfum de la menthe verte pour embaumer la sérénité du couchant. En contrebas, un couple d’épaulards patrouille lentement derrière les vagues.

Mick, impatient de se mesurer aux grands Sciaenidae, rompt le charme du moment en lançant les lanternes en l’air. Il est temps de rejoindre la « Maison de la Courbine », haut lieu du surfcasting, en toute fin de parcours. La pleine lune apparaît dans le ciel violet, annonçant une marée haute. Tant mieux, car sur cette côte battue par les vagues de l’Atlantique, les gros coefficients s’avèrent favorables à la pêche aux grosses prises.

Fil de Wader, nos amis amplifient leurs rassemblements, mais sans exagération. Tresse 18 mm sur le moulinet, corps de ligne fluocarbone 60/100, poil court 50/100, plomb grappin 140 g et hameçon 4/0. Les lamelles d’encornets, préalablement écorchées, sont enfilées à l’aiguille puis en boudin avec du fil élastique.

Dans l’obscurité naissante, les deux amis entrent dans les vagues pour envoyer dans « l’Oued », cette zone calme et profonde entre les rouleaux, point de passage obligé pour les gros poissons.

Combat nocturne

L’attente est calme, la concentration intense sur les mouvements des vagues transmis par les cyalums phosphorescents fixés au bout des pointes, les surfeurs sont en totale communion avec le milieu marin. La lumière des phares ne s’allume que très rarement, toujours dos à la mer, de peur d’effrayer ceux qu’ils attendent sans oser prononcer le nom… les mythiques pétards…

Le cœur battant, Mick sent une traction lourde et puissante sur la canne qu’il tient dans sa main. Bon démarrage, le fil se termine rapidement. Le frein, peu serré, émet un long claquement. Deux crochets énergiques, main sur le moulinet, corps rejeté en arrière. Puis il va avec la canne haut dans l’eau pour continuer le combat contre ce qui semble être une très bonne prise. À bout de souffle, applaudit Mick. Il tient enfin son croasseur.

Cocktail de vitamines conseillé

Le bruit strident du frein de bobine et le sifflement du vent sur la tresse serrée ajoutaient à son excitation. Le poisson utilise toute sa puissance et Mick essaie de ralentir sa course vers la petite falaise à gauche. Soudain, le fil se détend. Le pivot, trop sollicité par les poignées précédentes, s’est cassé alors qu’il ne fallait pas. Dur école que la pêche ! Le vent se lève rapidement, ce qui rend la pêche difficile. Abasourdis, nos amis commencent à ressentir une saine fatigue.

Réveil à l’aube. Muscles endoloris mais en pleine forme, nos deux amis invitent le ponctuel Si Abbès à partager leur petit-déjeuner composé de toasts et d’œufs durs saupoudrés de cumin, accompagnés d’un thé à la menthe tonique. Prévoyant, Daniel offre à chacun un cocktail de vitamines car la journée s’annonce longue et difficile.

Le 4×4 longe les salines au bout du bras de mer avant de prendre la route qui continue vers la frontière mauritanienne, environ 380 km plus au sud. Direction El Argoub, de l’autre côté de l’Oued Eddahab. Petite mer intérieure de près de 40 km sur 20 km environ, Oued Eddahab, Rivière d’Or, est une frayère abritée des vagues de l’océan Atlantique, qui favorise la reproduction de nombreuses espèces. L’eau est généralement claire et calme, méditerranéenne.

D’immenses bancs de pélagiques sont calés à quelques mètres du bord. Daniel tente sans succès quelques lancers avec un popper dans les poursuites, qui animent les bancs. Mais les gros lichens sont trop loin, accessibles uniquement à marée basse. Plus heureusement, Mick attrape un machoiron, une variante hybride avec un corps de lych, une tête de carpe avec de gros barbillons blancs et un ventre mou, inhabituel chez les poissons de mer…

Un week-end pêche inoubliable

Des pêcheurs professionnels, dont le campement est tout près du rocher où se trouvent nos amis, leur proposent une balade dans leur « flouka », un petit bateau à moteur. S’ils veulent se laisser tenter, Mick et Daniel doivent refuser car ils n’ont pas le pied marin. Ces professionnels reviennent au bout d’une heure, le bateau alourdi par trois magnifiques croasseurs, le plus petit pesant plus de 15 kilos…

Le vent a tourné et l’eau devient laiteuse en se mélangeant au calcaire des rochers. Les pêcheurs décident de changer de position. Si’Abdenbi les conduira jusqu’à la belle plage de Chica. Bien qu’épuisés de fatigue et bercés par le vrombissement du moteur du 4×4, l’image des trois croasseurs qui atterrissent encore vivants devant leurs yeux les empêche de faire une petite sieste.

Et c’est avec fureur que les deux amis se précipitent vers la grande plage à l’abri d’un cap formé par de hautes falaises. S’enfonçant jusqu’à la taille dans les vagues glacées, ils lancent furieusement leurs lignes, visant la différence de courant. Bâton en main, c’est la dernière chance d’attendre, car leur avion décolle à l’aube du lendemain.

Préparer son voyage de pêche : conseils et infos sur Dakhla

Daniel annonce qu’il va retarder son retour de quelques jours, lorsqu’un choc soudain lui arrache presque le bâton des mains… Mais le lendemain, c’est à regret que nos deux amis quittent cette charmante ville et cette ambiance de pêche unique en la région de Dakhla. Pour une somme raisonnable, ils ont passé un week-end intensif et inoubliable.

Le riche potentiel halieutique de la province d’Oued Eddahab, la qualité de la structure d’accueil et la gentillesse de ses habitants font de Dakhla une destination idéale et peu coûteuse pour la pêche sportive. L’eau pleine de sels minéraux et les vents dominants du nord-est provoquent le phénomène d’upwelling, celui-ci remonte à la surface des eaux profondes et froides du courant canarien voisin, favorisant la croissance du plancton, premier maillon de la chaîne alimentaire.

Oued Eddahab, (Rio de Oro), une petite mer intérieure de près de 40 km de long

Comment aller à Dakhla ?

20 km, constitue une frayère abritée des vagues de l’océan Atlantique pour plusieurs espèces, (notamment broyeurs, lichens, ombrines, petits requins, bars francs et tachetés, raies diverses, dorades, dorades et autres grands sparidés). Les orques viennent même se faire admirer à quelques dizaines de mètres du rivage.

Trouver des guides de pêche à Dakhla

Autour de Dakhla, on trouve des plages escarpées, de petites criques protégées par des enrochements et des falaises qui se jettent sur de vastes fonds marins. Sur toute cette portion de côte, les passionnés peuvent installer leur bivouac directement sur les lieux de pêche. Les amateurs de confort trouveront à Dakhla de charmants petits hôtels pour passer une partie de pêche très agréable.

Matériel nécessaire

Les compagnies Royal Air Maroc, Transavia et Air Arabia desservent régulièrement l’aéroport de Dakhla.

Certains bons guides sont capables de proposer de bonnes prestations à des prix très attractifs. Cela comprend généralement le transport sur place, l’hébergement en ville ou en bivouacs sur les lieux de pêche, la nourriture et les boissons, les appâts et éventuellement le prêt de matériel. Des conditions rustiques bien sûr, mais nous sommes là dans les meilleurs endroits et dans les meilleures conditions de pêche.

À Dakhla, la plupart des dépanneurs sont assez bien approvisionnés en articles de pêche de base et il y a quelques magasins d’articles de pêche. Inutile également de vous surcharger avec du matériel trop souvent inadapté aux conditions locales. Un équipement le plus léger possible permet une plus grande mobilité sur les lieux de pêche et demande moins d’effort lorsqu’il faut crapahuter dans le sable ou escalader les rochers, le sac alourdi par plusieurs kilos de poissons.

Condition physique

En revanche, un matériel solide et fiable est indispensable pour supporter les nombreux transports et éviter toute surprise : des cannes suffisamment solides (100-250 gr minimum), des moulinets impeccables, avec des bobines de rechange. Évitez d’utiliser des fils trop épais : l’utilisation de fil fin ou de tresse décuple le plaisir du toucher et du combat, et permet d’allonger la distance des lancers. Prévoir des émerillons solides pour ralentir la torsion de la ligne et renforcer les conducteurs qui seront courts (40 à 60 cm) et en fluorocarbone de 40/100 à 60/100.

Ne pas oublier