« Professeur de sport de l’année, je travaille sur le Tour de France l’été »

Publié le 22 juillet 2022 à 12h00 Mis à jour le 22 juillet 2022 à 18h17

« Je suis rugbyman et j’aime le sport en général. Je suis également professeur d’EPS. Cela a toujours été mon objectif de participer à un événement international de haut niveau comme le Tour de France, et je l’ai soumis en 2021. Sur 10 000 candidatures, je faisais partie des cinquante « team members » à prendre ! L’expérience était tellement incroyable, je suis revenu cette année.

Des centaines de kilomètres par jour

Des centaines de kilomètres par jour

Mon travail consiste simplement à encourager les lignes d’arrivée, les lignes de départ et le « fan park » (la zone d’animation pour le public) avant l’arrivée des coureurs et de la caravane publicitaire. Il faut réchauffer la foule, organiser des jeux et distribuer des bonbons. Je distribue principalement des QR codes pour gagner des vélos, des gourdes et des maillots du Tour de France à flasher.

Le Tour de France, c’est avant tout un milieu ultra-chaud. Dans certaines villes, les gens sont fous. Parfois quand on arrive avec nos friandises, ils les déchirent ! Le public vient de partout, et échanger avec les anglais, les italiens, les espagnols… est très enrichissant.

Le métier de Paul : distribuer des bonbons et réchauffer le public.Paul Devique

Il y a beaucoup de fatigue car chaque jour nous parcourons des centaines de kilomètres entre chaque étape, et cela pendant trois semaines. Le soir, nous dormons dans des hôtels proches des lignes d’arrivée et de départ.

Au final, avec toute cette logistique, on ne voit pas des coureurs à chaque fois. Mais quand on a la chance de pouvoir voir le départ ou l’arrivée, c’est spectaculaire. Ils passent si vite que si vous n’êtes pas en montée, vous les verrez pendant près de cinq secondes ! J’ai eu la chance de voir de grands coureurs : Primoz Roglic, Tadej Pogačar, Richard Carapaz… En tant que Français j’étais content de voir Alaphilippe courir même s’il n’a pas fait un grand Tour en 2021.

« S’il n’y a pas de problème, c’est pas un vrai Tour de France »

« S'il n'y a pas de problème, c'est pas un vrai Tour de France »

Le Tour de France, c’est aussi beaucoup d’ennuis. Le premier jour, nous avions rendez-vous dans un entrepôt en dehors de Paris. Là, on a dû charger un camion de 50 000 bonbons, et quand on a commencé on s’est rendu compte que les pneus ne tenaient pas. Ensuite, nous avons dû retourner à Paris pour prendre un autre camion et tout transférer… sauf que le nouveau n’était pas mieux ! Nous avons tout de même décidé de partir, mais au fil des jours nous avons senti que le véhicule commençait à fatiguer.

Et ce n’est pas fini. Un jour où il pleuvait, juste à destination, le camion n’a pas démarré. Nous avons dû nettoyer complètement la zone des coureurs et de la caravane. On a réussi à déplacer le camion in extremis, mais il n’est jamais parti… Puis notre manager Charles nous a dit : « S’il n’y a pas de problème, ce n’est pas un vrai problème. Le Tour de France. »

L’esprit d’équipe, première qualité pour travailler dans le Tour de France Paul Devique

Un recrutement sans CV

Un recrutement sans CV

Travailler en équipe sur le Tour de France rapporte bien. Pour trois semaines, c’est autour de 2 800 euros. En revanche, on ne compte pas les heures : on peut travailler de 7h00 à 17h00 ou de 9h00 à 20h00, sans compter les temps de trajet… et on n’a qu’un jour de repos par semaine.

J’ai postulé à l’agence Adecco, dans le recrutement des partenaires du Tour. Le processus de recrutement des équipes est assez original. Aucun CV n’est requis, mais vous devez envoyer une vidéo de présentation pour prouver que nous sommes faits pour travailler pour le Tour. L’idée est de donner sa chance à chacun, quel que soit son profil. Ensuite, nous avons des entretiens de groupe où nous testons vos compétences en matière de cohésion, de leadership et de résistance au stress à travers des jeux et des simulations. Par exemple, j’ai dû essayer de vendre une voiture sans roues en moins d’une minute…

Travailler sur le Tour de France en chiffres

Travailler sur le Tour de France en chiffres

– 400 intérimaires embauchés par A.S.O (l’organisateur du Tour) : ce chiffre inclut les membres de l’équipe du Tour (animateurs, vendeurs, caravaniers), mais d’autres postes sont également inclus, comme les hôtesses ou les encadrants.

– Un total de 4 000 personnes travaillant sur le Tour : ce nombre comprend les ASO temporaires et permanents, ainsi que les prestataires externes.

– Salaire minimum des équipiers, majoré les dimanches et jours fériés. Le nombre d’heures travaillées peut être très élevé, le salaire pendant trois semaines peut avoisiner les 3 000 euros, voire plus.

« Il faut être capable de prendre sur vous ! »

« Il faut être capable de prendre sur vous ! »

Pour passer les tests, la première qualité à avoir est d’être ultra dynamique. Le travail est fatigant. Puisque nous représentons des marques et devons projeter une bonne image, nous devons également être très joyeux. Et le troisième point important est le travail d’équipe. Trois semaines avec les mêmes personnes, il faut savoir s’en sortir ! D’autre part, si vous aimez la vie en communauté, cela peut être une expérience bouleversante.

Pour l’avenir, je souhaite continuer à travailler dans les grands événements sportifs. J’ai déjà travaillé à Roland-Garros. La prochaine étape serait d’organiser la Coupe du monde de rugby en 2023, et pourquoi pas les Jeux olympiques de 2024, les deux événements devant se dérouler en France. »

SERIE « JOBS d’été de rêve  »

Sur les routes, sous l’eau ou sur la plage, ils ont un métier de rêve. Parfois c’est leur boulot toute l’année, parfois non. Ils nous racontent les étés où ils ont travaillé, en short, en plongeur ou avec une casquette vissée sur la tête.

Episode 2 – « Je suis plongeur professionnel et je participe à des missions archéologiques » (à paraître)

Épisode 3 – « Je suis dentiste l’année et sauveteur l’été » (à paraître)

A NOTER

Si vous avez une belle (ou moins belle) histoire à raconter, n’hésitez pas à nous contacter : redaction-start@lesechos.fr

Et pour lire d’autres témoignages inspirants, ICI.

Début : 30 000 euros – 40 000 euros. Expérimenté : 60 000 euros – 80 000 euros. Niveau supérieur : 100 000 euros – 150 000 euros.

Quels sont les gains des coureurs du Tour de France ?

Comme le rapporte CNEWS, le vainqueur du classement général de la Grande Boucle empochera 500 000 euros. Ensuite, le montant décroît selon la place des cyclistes au classement général : 200 000 euros pour le 2e, 100 000 euros pour le 3e, 70 000 euros pour le 4e, 50 000 euros pour le 5e…

Quel est le salaire moyen d’un coureur du Tour de France ? Début : 30 000 euros – 40 000 euros. Expérimenté : 60 000 euros – 80 000 euros. Haut niveau : 100 000 euros – 150 000 euros.

Pourquoi il n’y a plus de dirigeable ?

Le 6 mai 1937, le Hindenburg, gonflé au dihydrogène (200 000 m3 de gaz inflammable), prend feu lors de son atterrissage à l’aéroport de Lakehurst, non loin de New York. Cet accident a tué 35 personnes (sur les 97 personnes à bord) et a mis fin à l’aviation commerciale.

Existe-t-il encore des dirigeables ? Aujourd’hui, les dirigeables sont entièrement gonflés pour reprendre du service. Le crash très médiatisé du Zeppelin Hindenburg à New York en 1937 a marqué la mort des dirigeables. Mais cette fin des années 2010 semble annoncer un retour en leur faveur pour plusieurs raisons.

Quel gaz est utilisé pour gonfler les dirigeables ?

Ces catastrophes sont essentiellement dues au fait que le dirigeable est très sensible aux intempéries (vent, pluie, neige, gel et foudre) et au fait que le gaz utilisé, le dihydrogène (communément appelé hydrogène), est très inflammable.

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