Quelle est l’évolution du rôle des femmes dans les religions monothéistes ? Parole au sexe féminin !

Écrit par Lionel Lemonier | vendredi 15 juillet 2022 à 09:00

« Face à ce monde masculin, il faut montrer qu’on existe pour être entendue »

« Face à ce monde masculin, il faut montrer qu’on existe pour être entendue »

Ces femmes ont-elles rencontré des obstacles ou non lorsqu’elles ont pris des responsabilités dans leurs confessions respectives ? Étonnamment, les quatre femmes répondent plutôt non. « Rien n’était difficile pour devenir pasteur, raconte Emmanuelle Seyboldt. Ce n’est qu’après avoir été élue présidente de l’Église protestante unie de France, l’EPUdF, que j’ai remarqué que certains collègues masculins mettaient haut et fort ma légitimité en question. « 

& # xD;

Aussi pour la catholique Véronique Margron. « Mon parcours a été simple. Je viens d’une famille laïque mais personne n’a contesté mon choix de vie monastique. Ce n’est qu’en devenant présidente de la CORREF qu’elle a réalisé le fossé entre ses collègues, pour la plupart d’anciens séminaristes, et elle-même. « Face à ce monde masculin, il faut montrer que l’on existe pour se faire entendre. « 

& # xD;

« Comme si la promotion des femmes constituait un danger pour les hommes »

« Comme si la promotion des femmes constituait un danger pour les hommes »

De son côté, le rabbin Pauline Bebe a grandi dans une culture de l’égalité entre les filles et les garçons. Sa vocation n’a pas soulevé de doutes, mais la recherche d’une communauté qui l’accepterait comme guide spirituel a été longue et difficile. & # xD;

& # xD;

Directrice des ressources humaines dans la vie « civile », Najat Benali est recteur et secrétaire général d’une mosquée où son père était directeur de l’association religieuse. « Lorsqu’il est tombé malade, j’ai voulu poursuivre son action en faveur d’une vision libérale de l’islam. Certains fidèles se sont opposés à ma nomination mais pas plus que dans mon milieu professionnel où être jeune n’est pas facile. J’ai tenu », explique-t-il en souriant. Cependant, elle s’attendait à être plus interpellée en prenant la tête de la Coordination des Mosquées de Paris. « En fait, c’était plus facile. Je discute avec tout le monde. Les hommes ont souvent des problèmes d’ego entre eux. « 

Comme dans la société, la place des femmes est-elle susceptible d’évoluer dans le champ religieux ? « Il y a trois histoires de création, raconte Pauline Bebe. Un seul est misogyne : « Le désir vous entraînera dans la douleur et vous dominera. Dans toutes les religions, il y avait des enseignants avec des opinions opposées sur les femmes, alors que l’environnement social était encore patriarcal. Mais les paroles sont encore majoritairement misogynes car écrites par des hommes. « 

« C’est le monothéisme qui a imposé l’exclusion des femmes » de fonctions religieuses

« C’est le monothéisme qui a imposé l’exclusion des femmes » de fonctions religieuses

& # xD;

« Les textes bibliques offrent tous les arguments pour montrer que chacun a droit à sa propre dignité. Mais ensuite il y a les lectures faites selon les époques. Par exemple, un apôtre est une femme nommée Junia, mais elle est toujours appelée Junius dans les textes qui retracent ses actes. Ce n’est que récemment que son genre a été officiellement reconnu. Par contre, les témoins de la résurrection de Jésus sont tous des femmes. Ils parlaient. Dès que les femmes ont appris à lire, elles ont eu accès au texte biblique et le monde a changé », raconte Emmanuelle Seyboldt. & # XD ;

Halte aux discours binaires dont les femmes font les frais

Halte aux discours binaires dont les femmes font les frais

& # xD;

« Dans la tradition catholique, il y a une essentialisation de la ‘femme’, pour mieux la mettre à distance, voire la glorifier. Il y a une tentation de garder « la femme » dans un espace privé au service des autres, juste pour garder la gestion des choses sérieuses entre hommes. Comme si la promotion des femmes représentait un danger pour les hommes. Ce n’est qu’en se responsabilisant que les femmes pourront bénéficier d’une situation irrévocable », affirme Véronique Margron. & # XD ;

& # xD;

De son côté, Najat Benali se bat contre une vision très humiliante de l’islam pour les femmes. « La plus grande tâche est d’éduquer les croyants dans la religion. Nous devons offrir une diffusion théologique aux fidèles. Les imams doivent se mettre à la portée des fidèles et ces derniers doivent être formés. Je suis lié à l’islam malikite, c’est une école ouverte sur la société et souple dans son adaptation aux réalités locales et à l’évolution du monde. Nous n’avons rien à voir avec la rigueur de l’islam wahhabite et sa vision des femmes. « 

Le mouvement Me Too peut-il accélérer les choses ?

Le mouvement Me Too peut-il accélérer les choses ?

« Depuis 2000 ans, l’Église catholique a clos cette question en expliquant que Jésus était un homme et que la tradition voulait que les prêtres soient des hommes. La crise actuelle de l’Église permettra peut-être de différencier la figure du prêtre de celle de l’autorité ecclésiale et les modalités de gouvernance interne », estime Véronique Margron. Contrairement au pastorat pour protestants, la porte du sacerdoce est actuellement fermée aux femmes catholiques (comme orthodoxes) mais le pape François, après avoir autorisé par décret les femmes à lire pendant les liturgies et à communier en 2021, a récemment nommé trois femmes à la commission chargé de choisir les évêques. Une révolution dans le leadership des femmes est en cours dans l’Église. & # XD;

& # xD;

Pauline Bebe estime qu’il existe peu d’arguments théologiques pour justifier le rejet des femmes rabbins. « Dans les religions précédant celles du Livre, il y avait des prêtres et des prêtresses. Les femmes avaient un accès direct au divin. C’est le monothéisme qui a imposé l’exclusion des femmes. Le fait religieux doit pouvoir être enseigné à l’école de manière anthropologique pour discerner le divin de l’influence des sociétés humaines. « 

« Les jeunes occupés choisissent souvent un discours binaire. Il y a des raisons à cela, ils ont besoin de conseils, mais ils ne cherchent pas de réponses toutes faites dans la Bible. Le lecteur doit trouver ses propres réponses », assure Emmanuelle Seyboldt. Un avis partagé par Najat Benali : « Le Coran n’est pas un manuel pour le lave-vaisselle ! Certains jeunes recherchent des rituels pour tout. C’est davantage la recherche d’une identité globale, tant spirituelle que sociale et économique, qui est privilégiée par certains « militants ». « Les femmes font toujours les frais de cette recherche d’identité », reconnaît Véronique Margron. On les cache, on réduit leurs droits ainsi que ceux des enfants et des filles. « 

Et si une petite fille se prenait à rêver à devenir prêtre plus grande ?

& # xD;

« Il faut ajouter à ce constat le rapport à la sexualité, estime Pauline Bebe. La femme est un objet de désir. Traditionnellement, les hommes la recouvrent pour ne pas être détournés de la vie spirituelle. Il faut sortir de cette situation en transformant tout le monde en sujets de désir. » Emmanuelle Seybolt abonde : « Dans la Bible, le Cantique des Cantiques est d’un érotisme torride. Et le sexe n’est pas présenté comme un péché, par exemple dans le texte de saint Paul sur la « soumission mutuelle ». L’âge d’une erreur n’en fait pas une vérité. « 

& # xD;

Pour Véronique Margron, « la sexualité fait peur. S’apprivoiser à la sexualité est toujours difficile et caractériser la femme comme lieu de tentation et de mal permet de dépasser cette peur. La solution réside dans l’éducation des enfants qui doivent apprendre à respecter le corps des autres. Aussi, s’il y a encore besoin d’un argument pour réfuter le péché de la chair, je note que lorsque Jésus est tenté dans le désert, c’est une question de pouvoir, pas de sexe. « 

Quel est le nom du Dieu des juifs ?

& # xD;

Voir aussi la vidéo de La Casa del Hikma : L’éducation sexuelle, une porte ouverte à la perversion des jeunes ?

Quel est le nom du Dieu des chrétiens ?

« Il reste beaucoup à faire pour la liberté d’expression », estime Pauline Bebe. Un grand nombre de victimes continuent de garder le silence. De plus, la famille et l’école sont aussi des lieux de violence contre les enfants par des personnes autoritaires. Pour retrouver des interactions pacifiques, se libérer du statut de victime, parler est essentiel, mais il faut aussi des réparations. « 

Pourquoi Dit-on Yahvé ?

& # xD;

Quelle est le nom du Dieu ?

Pour sa part, Najat Benali estime qu’il est important de libérer la voix des femmes. « Avant le mouvement ‘Me Too’, nous organisions déjà des séminaires de parole à la mosquée. Le sexisme est une réalité et une culture peut accentuer ce préjugé. Mais cela n’a rien à voir avec la religion. « 

Comment s’appelle celui qui ne croit pas en Dieu ?

& # xD;

« Attention car notre monde est encore très patriarcal, poursuit Pauline Bebe. Le courage est toujours présenté comme une qualité masculine quand la gentillesse est féminine. Je ne sais pas si j’ajoute quelque chose de plus en tant que femme rabbin, mais je vois que les femmes se comportent différemment. Le plus souvent, ils acceptent de travailler dans une organisation plus horizontale que verticale. « 

Qui n’aime pas la religion ?

& # xD;

Qui n’a pas de religion ?

« Mais on peut être catholique et féministe », assure Véronique Margron. La grande majorité de l’Église catholique est composée de femmes : pour la diffusion, les célébrations, l’enseignement, l’action sociale. Sans la présence des femmes, il ne resterait plus grand-chose de l’Église ou du peuple de Dieu… »

Quels sont les commandements envers Dieu ?

Pauline Bebe, en plaisantant, conseille plutôt à cet enfant d’aller au rabbinat, plus facile d’accès. Quant à Najat Benali, il dit avec certitude que dans 20 ans il y aura un plus grand nombre d’imams féminins. Même si un imam comme Kahina Bahloul ne trouve pas de mosquée pour prêcher, les préjugés sont si forts chez les fidèles. « Ils ne sont pas prêts aujourd’hui. « 

& # xD;

Où se trouve la table des dix commandements ?

Véronique Margron lui conseillerait d’entreprendre des études sans complexes pour connaître la tradition et s’armer de courage pour faire évoluer les choses. Emmanuelle Seyboldt rappelle qu’en France il y a déjà 40% de bergers. Des femmes donc, dans les rangs de l’Église réformée de France. Une situation qui n’est pas gagnée même lorsqu’un synode décide d’ouvrir cette responsabilité aux femmes au milieu des années 1960. « On nous a dit que l’entreprise n’était pas mature. Mais c’est l’ouverture qui fait mûrir la société. « 

Quel est le dixième commandement de Dieu ?

& # xD;

Quelle est la religion la plus pratiquée en France en 2021 ?

Lisez aussi : & # xD ;

« Les Gardiens du Secret », sur les traces des grandes figures féminines de l’imaginaire musulman & # xD ;

Quelles sont les 3 grandes religions majoritaires en France ?

Femmes et dieux, de Kahina Bahloul, Floriane Chinsky et Emmanuelle Seyboldt & # xD ;Mon islam, ma liberté, l’appel de Kahina Bahloul pour un islam spirituel et universel & # xD;Sublime Sultane – Le Destin Extraordinaire de Chajara Dorr, par Abderrahim Bouzelmate & # xD;
Plaidoyer pour l’égalité des sexes dans la religion musulmane & # xD ;Le soufisme quand la spiritualité libère les femmesL’histoire de l’Église catholique commence, selon sa propre perspective, à partir de la Révélation christique, et selon la perspective de l’Église orthodoxe, avec la séparation entre elle et les quatre autres patriarcats de la Pentarchie, en 1054.
Le nom le plus courant pour Dieu dans la Bible hébraïque est Yahweh (qui signifie « est » en hébreu). Il s’écrit encore YHWH, forme consonantique imprononçable, car les Juifs croyaient à l’interdiction de prononcer le nom sacré de Dieu, ils évitaient aussi ce sacrilège en l’appelant Seigneur (Adonaï).Comment s’appelle le Dieu du judaïsme ? Le judaïsme professe le monothéisme, la foi en un Dieu unique et transcendant, exprimée dans la prière récitée plusieurs fois par jour comme profession de foi, Shema Israël (les premiers mots hébreux de la prière). Le nom le plus courant pour Dieu dans la Bible hébraïque est Yahweh (qui signifie « il est » en hébreu).Le nom « Dieu le Père » est donc considéré par les chrétiens non comme l’existence d’un Dieu différent des autres, mais comme l’une des personnes de Dieu.De plus, l’Évangile ne nomme Dieu le Père qu’avec « Père » ; c’est la théologie qui, pour simplifier, affirme « Dieu le Père ».
De l’hébreu ancien × ™ × ”× • ×”, YHWH, tétragramme hébreu qu’il était interdit de prononcer et qui se prononce “Yahwéh”. La Bible des soixante-dix (LXX) (ou « Septante ») l’a traduit en grec par Kyrios, qui signifie « Maître » ou « Seigneur ».La translittération de l’hébreu × ™ × « × • × » est le nom divin et est le tétragramme de Dieu dans la Bible hébraïque en lettres donc traduit YHWH composé des quatre lettres yŠḠ(× ™), hÄ « (× ») , wÄw (× •), hÄ « (× ») qui se traduit par les voyelles suivantes YAHWEH – YAHUAH – YAH.athée adj. et n. Se dit de quelqu’un qui nie l’existence de Dieu; incroyant. athée adj.
Qu’est-ce qu’une personne agnostique ? Doctrine selon laquelle nous ne pouvons pas connaître la vérité sur l’existence de Dieu Un agnostique refuse de se prononcer et exprime des doutes sur une existence divine. Un athée ne croit à rien et rejette tout.Les agnostiques ont tendance à n’accorder aucune transcendance ou valeur sacrée aux religions (prophète, messie, textes sacrés…) et à leurs institutions (clergé, rites, prescriptions diverses…).ne pas croire adj. Personne qui n’adhère à aucune religion.

Quelle est la pratique la plus répandue en France ?

Honore ton père et ta mère, comme l’Éternel, ton Dieu, te l’a commandé, afin que tes jours se prolongent et que tu sois heureux dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne. Vous ne tuerez pas. Ne commettez pas d’adultère. Vous ne volerez pas.

Accueil Parents Quelle est l'évolution du rôle des femmes dans les religions monothéistes ?...