Qui est ce mélomane qui vend des vinyles depuis son chariot aux puces des Salins de Clermont-Ferrand ? -Clermont Ferrand (63000)

On trouve de tout le dimanche matin aux Puces de Clermont-Ferrand. Une collection d’assiettes dépareillées, quelques affiches Michelin. Au centre de la scène, à l’ombre d’un parapluie, Yvon Lechapelain attend. Les consommateurs ne se précipitent pas ce matin devant sa voiture en vinyle, la faute au nombre limité de disques.

Il a construit sa propre carriole

Sa bande-annonce est la star. Si c’était lui qui s’était présenté, Yvon en aurait été satisfait. « Ma philosophie est une philosophie de l’ironie. Donc la bande-annonce me convient bien pour ça. »

Quelques pièces de vélo, des planches en bois, un peu de travail et la « voiture centripète » était née. Il l’a nommé d’après le mouvement inévitable du diamant vers le centre du vinyle en rotation.

Un passant se tient debout, examinant 200 sacs ou plus avec ses doigts. Avant de partir, Yvon marmonna : « Merde, j’ai oublié de lui dire que je nettoie les disques vinyles aux ultrasons ». Pour un vendeur professionnel, Yvon n’a pas le fil conducteur de la vente.

Il a créé une nettoyeuse de vinyles en matériaux de récup’

Chez lui, l’amateur brouille les données. Avec deux chaînes de vélo, quelques planches et un bain à ultrasons acheté en magasin, Yvon a construit une machine qui lui permet de nettoyer la saleté dans les couloirs. Les données sont tournées dans un réservoir de liquide lorsque des ondes sont générées par les transducteurs pour nettoyer les canaux.

A côté de lui, un petit radiateur chiné et un vieux ventilateur d’ordinateur assurent le séchage des galettes, dans une caisse recouverte de peau de mouton. « Je garde les choses jusqu’à ce qu’elles trouvent leur but », a-t-il déclaré.

Yvon Lechapelain efface dix records à la fois. Le service est en vente, 3€ le vinyle.

Il veut transmettre le goût du disque ancien

Comment décrire la méthode d’Yvon ? Anti-shopping, bien sûr qu’il l’est : « Je ne veux pas acheter ce que je sais faire ». Éco ? Certes, pour la planète c’est aussi nécessaire – « La pauvreté rend créatif ». Mercantile? Les revenus du nettoyage des disques et de la voiture sont négligeables.

Yvon Lechapelain est avant tout un marin, envoyé d’une époque où l’analogique était roi, où le vinyle était aussi important que les sons qu’il contenait. . S’il le peut, il préfère sortir des disques plutôt que de les vendre comme il le fait depuis 12 ans.

Avec le retour du vinyle, Yvon a rencontré de jeunes consommateurs qui « n’y connaissent pas grand-chose ». Il aime les conseiller, faire vivre cette idée de « recherche, prise de tête » notamment dans la recherche du bon album.

La voiture a toujours le vent en poupe chez les DJ du Puy-de-Dôme

Il aurait pu être bibliothécaire

L’anti-modèle des listes de lecture Spotify créées par des algorithmes. « Les machines qui choisissent les métiers dont on entend parler, je sais que c’est mauvais. C’est vraiment mauvais. Rétrograde, Yvon Lechapelain ? Juste être compétitif, suivre ses pairs. Du bout des lèvres, il réalise son côté « puriste » ou « parfaitement raffiné ».

Pour cette raison, il a posé la guitare après en avoir joué tous les jours pendant de nombreuses années. Et l’arthrose aussi. Yvon ne pouvait plus supporter la douleur ou la sensation de jouer des fausses notes.

Dans le salon de son petit appartement clermontois, chaque mur représente un pilier dans la vie de cet homme de 52 ans. En face du coin musique, une bibliothèque remplie de livres rappelle que le destin d’Yvon est peut-être la littérature. Des études littéraires à Rennes, un échange de livres DEUST à Clermont-Ferrand et une expérience de bibliothécaire désintéressé. Cela restera un plaisir à lire.

Il doit parfois vendre ses disques préférés

D’autre part, la collection de chaussures accumulée au fil des années prouve son attachement au message, au « penser en action ». Il n’a pas de voiture. Alors, tous les jours, il prend le bateau pour aller vers les volcans et enchaîne les kilomètres.

Au milieu du salon, à même le sol, se trouve une malle ouverte qui expose des disques vinyles. « Ligne de la mort », comme il l’appelait. « J’ai très peu de nouveaux produits, donc je les vends généralement. A l’intérieur : Gil Scott Heron, Colette Magny, Armstrong, ses disques préférés. Il leur a dit au revoir samedi soir. La dernière écoute se convainc qu’ils en ont marre de lui – lui-même n’y croit pas – avant de prendre la marche du dimanche matin, avec son chariot. Désormais, ils attendent, « dans un état de communication entre la vie et l’oubli ». Avec un sourire, il citait Milan Kundera, l’écrivain tchèque aux contes polyphoniques.

L’album Mélocoton (1963) de Colette Magny est l’un des préférés d’Yvon Lechapelain.

Si vous souhaitez dédouaner vos vinyles ou les revendre, vous pouvez joindre Yvon Lechapelain au 06.82.79.22.31.

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