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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.
Retrouvez ici l’ensemble des communiqués de presse publiés par les élus du groupe CRC-SPG.

SOCIETE

Mission sénatoriale d’information sur les politiques en faveur des jeunes : contribution des élus du groupe CRC-SPG

Par Jean-François Voguet, Eliane Assassi / 27 mai 2009

En nous inscrivant dans la démarche de cette mission d’information, notre ambition était de participer à la transformation des politiques publiques pour répondre aux problèmes auxquels sont confrontés les jeunes de notre pays, dont la situation sociale ne cesse de se dégrader depuis trente ans et qui subissent une stigmatisation permanente.

Pour y parvenir, nous considérons que la Nation doit mobiliser d’importants moyens sur des engagements ambitieux, faisant de la création de nouveaux droits pour tous les jeunes, une grande cause nationale, pour l’avenir de notre société.

Dans ce cadre nous sommes favorables à la mise en chantier d’une loi d’orientation pour un engagement national en faveur de l’autonomie des jeunes, pour répondre aux besoins de progrès et de développement de toute notre société. Aussi nous regrettons que notre mission se soit finalement bornée à n’examiner que certains aspects des problèmes, à partir des seules pistes préalablement ouvertes par le Haut Commissaire à la Jeunesse.

En ne proposant finalement que des adaptations aux politiques actuelles, elle prend le risque de poursuivre dans des voies qui, compte tenue de la situation dégradée vécue par notre jeunesse, n’ont pourtant pas apporté la preuve de leur efficacité.

Aussi, malgré une approche d’étude pertinente, par les auditions conduites et les débats menés, nous considérons qu’il manque de très nombreux aspects à l’analyse de la situation, que de très nombreuses pistes ouvertes n’ont été qu’insuffisamment explorées et des propositions nous semblent dangereuses, parfois même contraires aux intérêts et à l’avenir de notre pays.

Il en résulte des propositions que nous partageons, certaines que nous jugeons trop limitées et enfin d’autres avec lesquelles nous avons les plus extrêmes réserves, voir un total désaccord.

Nous regrettons, tout particulièrement, que l’ensemble des questions liées à l’éducation ne soit pas traité dans leur globalité, alors qu’elles sont au cœur des problèmes rencontrés.

Nous ne saurions, tout particulièrement, nous satisfaire d’un ensemble de propositions qui ne vise qu’à rapprocher le monde de l’entreprise et de l’enseignement. Sans nier cette nécessaire relation, ni l’indispensable revalorisation des filières professionnelles, cette seule piste de réflexion ouvre la voie d’un assujettissant renforcé de notre système éducatif au monde de l’entreprise. Ce serait alors préjudiciable à notre système d’éducation qui ne saurait se satisfaire d’une vision de court terme.

Qui plus est, cette perspective nous éloigne de l’objectif fondamental de notre service public d’enseignement : la transmission des connaissances, des savoirs et l’épanouissement de toutes les capacités et sensibilités des enfants et des jeunes. C’est pourtant dans cette voie qu’il faut dégager des moyens, à l’inverse des politiques actuelles de restrictions et de suppression de postes d’enseignants, pour repenser et rénover les contenus et la pédagogie de notre système éducatif, pour lutter contre l’échec scolaire et pour la réussite de tous, dans le cadre d’un projet éducatif global, par l’accompagnement, le soutien et la valorisation de chacun.

En ce qui concerne l’insertion et l’emploi, les jeunes sont les premières victimes d’un système économique qui privilégie les dividendes et la rente, au détriment de l’emploi et de l’innovation. C’est donc par des mesures de réelles de revalorisation du travail, de l’investissement productif et par la reconnaissance de tous leurs diplômes, que notre jeunesse trouvera la voie de l’emploi, aux côtés de ses aînés.

Cependant force est aussi de constater que notre jeunesse se trouve face à une série de problèmes spécifiques et à un dénigrement de ses compétences, qu’il nous faut affronter. Depuis trente ans, de façon insidieuse et par des mesures spécifiques, s’est insinuée l’idée d’une moindre valeur du travail des jeunes. Voir même de leur incapacité à exercer convenablement une activité professionnelle. Alors que le niveau de leur formation s’est élevé, ont exige d’eux maintenant une expérience qu’ils ne peuvent avoir.

C’est honteux et dangereux.

Ainsi, notre société leur impose une véritable course d’obstacle, leur fait subir un insupportable bizutage social en les contraignant, pendant des années, aux petits boulots, à de multiples compléments de formation ou d’adaptation, à des stages et autres contrats spécifiques à durée limités et peu rémunérés et leur réserve la plupart du temps des emplois à temps partiel et précaires.

Aussi, toute mesure allant à l’encontre des règles favorisant la flexibilité et la baisse du coût du travail, renforceraient l’insertion professionnelle des jeunes. Quant aux aides et primes diverses qui se sont développées depuis des décennies, elles n’ont pas permis d’endiguer le chômage massif et la précarisation des jeunes. Elles doivent donc être réorientées vers le soutien à la formation réellement qualifiante, à l’insertion, et aux véritables emplois en CDI, à temps plein. Par ces temps de crise et dans cette perspective, l’ensemble des pouvoirs publics doivent être mobilisés.

Pour les jeunes éloignés de la formation et de l’emploi, il faut renforcer les politiques publiques de soutien et d’accompagnement, en faveur de leur insertion sociale et professionnelle, pour développer un suivi plus personnalisé, inscrit dans la durée, et prendre des décisions pour que l’ensemble des pouvoirs publics et des entreprises y concourent.

Plus généralement, pour améliorer les conditions de vie des jeunes, si nous soutenons un certain nombre des propositions faites par notre mission, comme l’attribution d’un dixième mois de bourses, nous regrettons qu’en terme de revenu elle ne se borne qu’à envisager de refondre l’ensemble des dispositifs d’aides, sans proposer d’aller résolument vers la création d’un « Revenu pour l’Autonomie des Jeunes », que nous soutenons, qui viendrait accompagner leurs efforts de formation, d’insertion et de recherche d’emploi.

Nous le regrettons d’autant plus qu’à l’inverse de cette solidarité active, notre mission propose d’endetter les jeunes, avant même qu’ils ne disposent d’un revenu. Ces prêts, feraient se conjuguer petits boulots et petits salaires avec endettement de long terme. Ce n’est pas acceptable.

Cette question du revenu d’accompagnement et du pouvoir d’achat des jeunes est essentielle pour les aider à construire leur autonomie. Elle est devenue centrale. C’est pourquoi la Nation doit décider de mobiliser d’importants moyens pour y répondre. Elle est à la base de bon nombre des difficultés que les jeunes rencontrent dans le domaine du logement, de leur santé et de leur accès à la culture, au sport et conditionne aussi leur possibilité de déplacement, de détente, de loisirs et de découverte.

Aussi, dans ces domaines, si nous soutenons toutes les mesures allant dans le sens d’en faciliter l’accès, nous considérons qu’elles doivent se positionner en termes de droits nouveaux pour tous et s’accompagner de mesures spécifiques, fortes, portées par la mobilisation de tous les pouvoirs publics, en faveur de nouvelles politiques, en particulier dans le domaine du logement. C’est pourquoi nous regrettons l’absence de mesures préconisées par notre mission, dans le domaine du logement étudiant, mais aussi en faveur du droit des jeunes aux vacances, au sport, aux loisirs et à la mobilité. Nous regrettons aussi la faiblesse de celles proposées dans le domaine de leur droit à la santé, à la culture..

Enfin, dans le domaine de la citoyenneté, nous ne pouvons nous satisfaire des propositions faites. Nous considérons que de nouveaux pas doivent être franchis pour permettre l’expression des jeunes, favoriser leur prise de responsabilité et la reconnaissance de leur place dans notre société, pour que leurs droits soient mieux respectés. Enfin, à propos d’un éventuel Service civique, nous sommes favorables à un Service National de Solidarité, largement ouvert à tous les jeunes, suffisamment attractif pour que des dizaines de milliers de jeunes fassent le choix d’y participer et tendre ainsi vers sa généralisation. Aussi nous regrettons que notre mission se soit limitée à ne prévoir qu’une augmentation de postes disponibles et ne se soit pas suffisamment penché sur les conditions de sa mise en place et de son développement.

Voici, à grands traits exposées, les raisons qui fondent notre refus d’adopter ce rapport.


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Membre de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication

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Éliane ASSASSI
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