Sénateurs du groupe CRC-SPG
Loupe
Recherche avancée
  • Mediatheque
Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.
Version imprimable de cet article
envoyer l'article par mail
DossiersRéformes des retraites : trois semaines de bras de fer au Sénat
Un mouvement social qui s’essouffle, un Parlement qui procède à une adoption rapide et discrète de la loi, et l’attention des Français davantage tournée vers les campements de Roms qu’en direction des questions sociales : le beau scénario imaginé par l’Elysée pour imposer sans coup férir sa réforme des retraites est en train de prendre l’eau. Nul ne sait évidemment, à l’heure actuelle, si le pouvoir finira pas obtenir gain de cause où s’il sera contraint de faire machine arrière. Mais dans l’épreuve de force qui se joue, les Français ont compris dans leur majorité que la réforme n’est ni « juste » ni « indispensable » ainsi que le claironne le très peu crédible Eric Woerth. A vrai dire, l’objectif du recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans et de celui permettant de percevoir une pension à taux plein à 67 ans est surtout de réduire la dette publique pour satisfaire les agences de notation, et répondre de la sorte aux exigences du MEDEF, plutôt que d’assurer un retour à l’équilibre des comptes sociaux ou de pérenniser le système de retraite par répartition.

EMPLOI, SALAIRES ET RETRAITES

Affaires sociales

Vous avez abandonné le « bien commun » et épousé le « bien servir » des compères du Fouquet’s

Réforme des retraites : explication de vote sur la question préalable

Par Jack Ralite / 6 octobre 2010

Je vous ai écouté, Messieurs les Ministres, sur ce que vous appelez par effraction à la langue, la réforme de la retraite que nous rejetons telle quelle, comme la majorité des français.

Depuis des mois, après un virage à 180° de Monsieur Sarkozy, vous « managez » la vie des femmes et des hommes pour les priver de leur retraite dans les conditions et à l’âge conquis voici 30 ans.

Vous avez tout décidé en cercle fermé et limité votre démocratie, votre démocrature, à la seule question posée aux syndicats, c’est à prendre ou à laisser.

Vous avez aussi blessé le travail législatif et renforcé l’omnipotence présidentielle pour mettre au point entre vous une politique canine des retraites ne respectant pas l’humain.

Vous avez -ce n’était pas prévu au début- ajouté une destruction programmée de la médecine du travail en lui imposant de faire le tri sélectif des retraités handicapés physiquement et en la contrôlant.

Au cœur de tout cela votre imagination contrainte n’a trouvé qu’un mot, la pénibilité. Au cours du débat nous déverrouillerons ce mot « vent debout ». Le chercheur Robert Castel pense qu’il y a des métiers justifiant de partir à 50 ans. Mais il a pour la pénibilité une autre grille de travail que la vôtre, une grille humaine.

Votre grande affaire est de mettre la main sur l’âme des salariés comme si elle était à acheter.

Vous utilisez la crise pour mettre en route autoritairement un vaste plan de son paiement à 85 % par les travailleurs. Vous utilisez les technologies comme un « fatum » naturalisant votre solution au rabais.

Vous mettez notre pays à l’envers. Ce n’est pas au maire de Chantilly que je demanderais l’effet que lui ferait la tenue d’une course hippique où les jockeys porteraient les chevaux.

Enfin, et surtout, vous oubliez le fondamental de toute démarche concernant le travail, sa considération.

Soyons précis, certains parmi le cercle présidentiel, Jean-François Copé et les deux Xavier, Bertrand et Darcos, aujourd’hui vos soutiens actifs avaient, quand éclata l’affaire inhumaine des suicides de France Télécom, diligenté des études sur ce qu’on appelle en croyant faire le tour du problème, la « souffrance au travail ». Jean-François Copé s’était même scandalisé parlant d’un problème majeur.

Actuellement, ils jouent à colin-maillard sur cette ébauche à courte vue de solution exigée par les suicides de France Télécom que le directeur d’alors osa assimiler à une mode.

En fait vous vous êtes repliés sur des solutions préparées à l’avance qui « trichent avec le réel », tout en parlant de cicatriser la douleur du personnel. Vous préférez le concept de « souffrance au travail » à celui de « maladie du travail » consécutive aux politiques du Medef qui semble désormais siéger au gouvernement. Vous avez abandonné le « bien commun » et épousé le « bien servir » des compères du Fouquet’s.

La « maladie du travail » exige de soigner le travail.

Un forestier de l’Office National des Forêts, où il y a eu 22 suicides en 7 ans, a parfaitement énoncé l’ordonnance : « On a appris un métier et ce que l’on nous demande de faire aujourd’hui est contraire à la qualité de ce métier ».

Beaucoup de travailleurs ne peuvent plus assurer la qualité de leur travail d’où leur souffrance. Le travail, sa raison d’être, sa finalité, son sens dans la vie humaine, son utilité, sa dignité, sa fierté sont mises en cause, la retraite aussi.

Vous laissez empoisonner la vie même des travailleurs, et dans un même mouvement le dossier des retraites. Le travail n’est pas un produit toxique, c’est de ne pas pouvoir le faire correctement qu’il l’est. Avant la retraite quand on respire mal au travail, on respire mal pendant le temps libre qui vire au temps mort qu’on cherche à remplir à tout prix. Les circuits financiers y compris sous la formule de « travail immatériel » s’emparent du travail humain et rêvent de s’emparer de la retraite avec entre autre… un objectif de privatisation. Monsieur Longuet a été clair sur ce point.

La retraite, c’est aujourd’hui une dimension importante de la vie. La première partie de la vie c’est la formation, la deuxième c’est la vie active, la troisième c’est la retraite qui n’est aucunement un retrait de la vie.

Yves Clot, chercheur au CNAM, titulaire de la chaire de psychologie du travail vient d’écrire « Le travail au cœur » à La Découverte. Il y dit : « La question est que les travailleurs se reconnaissent de moins en moins dans ce qu’ils font ce qui produit une inflation de la demande de reconnaissance ».

C’est une déchirure de leur vie d’autant que le lien social s’évapore à proportion du rôle des experts qui ne pensent que gestion, droits individualisés et compassion.

C’est inscrit dans la stratégie de Madame Parisot dont on ne peut oublier qu’à la place où elle est, elle n’a pas hésité à dire : « L’amour est précaire, la santé est précaire, la vie est précaire, pourquoi pas le travail ». Elle n’a pas encore osé dire « pourquoi pas la retraite ! ». Ce sont des propos péniblement pénibles, c’est une pensée de décivilisation.

C’est une pensée qui combat le « pouvoir d’agir », nourrit une logique d’évitement et de résignation. Je préfère la colère qui va avec « pouvoir d’agir » et homme debout.

Il y a un homme debout que personne ne peut contester, c’est Primo Lévy qui dans son livre « La clef à molette » évoque le lien qu’il y a entre le « bien être » et les exigences du « bien faire » au travail.

Le monde du travail s’est transformé quand les travailleurs s’en sont occupés autrement que par la déploration.

Rencontrant ce week-end une sage-femme, profession de vie s’il en est, elle m’a dit parlant de la maladie de son travail : « Parfois, tellement c’est difficile, je me prends à changer de personnalité ».

Relisant un beau livre, écrit par trois conducteurs de train et un médecin de la SNCF (Edition La Dispute), où ils réfléchissent sur leur métier, j’ai retenu leur raisonnement : « Notre travail est le gisement de l’efficacité ferroviaire. A lui opposer trop exclusivement les impératifs d’une gestion qui tourne le dos au travail, on menace de tarir ce gisement. A négliger les impératifs du travail humain, la gestion financière joue contre elle-même ».

Le médecin philosophe Georges Canguilhem a dit : « L’homme est plein à chaque minute de possibilités non réalisées ». « Ayant leur ‘ pouvoir d’agir ‘, les femmes et les hommes peuvent se trouver « une tête au-dessus d’eux-mêmes ».

Messieurs les Ministres, n’oubliez pas que dans leur diversité, « ceux qui se lèvent tôt », et que vous voulez faire partir plus tard en retraite, ceux qui travaillent en « connaisseurs », peuvent « retourner » la situation dégradée dans laquelle ils agissent malgré tout. C’est vous qui connaîtrez alors de la pénibilité politique.

Dans le groupe auquel j’appartiens nous avons tous le travail parlementaire à cœur et nous ne vous laisserons pas contaminer « le temps libre » qu’est la retraite.

Comme le dit le poète Bernard Noël : « Nous vivons une faillite à l’époque où nous devrions vivre une renaissance ».

Au travail ici au Parlement et sur les lieux de travail ! et laissez-nous travailler !

Le groupe CRC-SPG votera la motion tendant à opposer la question préalable que notre collègue Annie David, sénatrice de l’Isère, a si bien, si minutieusement et si humainement exposée.


Tous les articles

Le groupe CRC-SPG contre la réforme des retraites : le film !

Video

Réforme des retraites

Par le groupe CRC / 1er décembre 2010

La décision du Conseil Constitutionnel ne retire rien à l’injustice de ce projet de loi

Réforme des retraites

Par le groupe CRC / 9 novembre 2010

Une parodie de démocratie

Video

Réforme des retraites

Par Michelle Demessine / 27 octobre 2010

Cette réforme est marquée par le même sceau de l’injustice qui à présidé à l’instauration du bouclier fiscal

Réforme des retraites : explication de vote (conclusions de la CMP)

Par Guy Fischer / 26 octobre 2010

Vous créez l’insécurité sociale, vous provoquez la peur du lendemain après avoir précarisé le travail, organisé la faillite de l’État et des services publics

Réforme des retraites : explication de vote (conclusions de la CMP)

Par Marie-Agnès Labarre / 26 octobre 2010

Demeurant attachés à la retraite à 60 ans et restant au côté de notre peuple, nous voterons contre ce projet de loi injuste, brutal et inefficace

Réforme des retraites : explication de vote (conclusions de la CMP)

Par Guy Fischer / 26 octobre 2010

Vous avez martelé que vous aviez sauvé les retraites par répartition : c’est un mensonge !

Réforme des retraites : explication de vote (conclusions de la CMP)

Par Nicole Borvo Cohen-Seat / 26 octobre 2010

Cette fois encore, je le déplore, les victimes de ce texte seront les femmes !

Réforme des retraites : explication de vote (conclusions de la CMP)

Par Odette Terrade / 26 octobre 2010

Vous avez opté pour la soumission de la protection sociale aux exigences des marchés financiers

Réforme des retraites : explication de vote (conclusions de la CMP)

Par Bernard Vera / 26 octobre 2010

Nous refusons de cautionner ce processus législatif expéditif et anti-démocratique

Réforme des retraites : commission mixte paritaire

Par Guy Fischer / 25 octobre 2010

Ce débat a été mené dans des conditions inadmissibles

Réforme des retraites : explication de vote

Par Eliane Assassi / 22 octobre 2010

Chronique d’une bataille parlementaire (14)

Réforme des retraites : le bras de fer continue !

Par le groupe CRC / 22 octobre 2010

L’inacceptable dérive autoritaire du pouvoir

Video

Réforme des retraites

Par Guy Fischer / 22 octobre 2010

Vous êtes des démolisseurs pressés d’en finir avec le progrès social

Réforme des retraites : explication de vote

Par Marie-Agnès Labarre / 22 octobre 2010

Avec cette réforme, les femmes payent le prix fort !

Réforme des retraites : explication de vote

Par Odette Terrade / 22 octobre 2010

Les travailleurs ont droit à une vie personnelle épanouie et en bonne santé à la retraite

Réforme des retraites : explication de vote

Par Isabelle Pasquet / 22 octobre 2010

Le véritable coup de force, c’est ce projet de loi dont le pays ne veut pas

Réforme des retraites : explication de vote

Par Nicole Borvo Cohen-Seat / 22 octobre 2010

Travailler plus et plus longtemps pour toucher moins et moins longtemps, voilà le nouveau slogan de Nicolas Sarkozy !

Réforme des retraites : explication de vote

Par Bernard Vera / 22 octobre 2010

La webTV qui montre ce que ne montre pas TF1

Video

Réforme des retraites : notre vidéothèque

Par le groupe CRC / 22 octobre 2010

Chronique d’une bataille parlementaire (13)

Réforme des retraites

Par le groupe CRC / 21 octobre 2010

Étudiants à 20 ans, chômeur à 25 ans et toujours précaire à 67 ans ?

Video

Réforme des retraites

Par le groupe CRC / 21 octobre 2010

  • Tous les dossiers
Intranet
Haut de page